
La vérité sur le premier roman en créole haïtien
Temps de lecture : 5 minutesEn 1965 est apparu chez Boukan «Ti Jak» de Carrié Paultre, un roman en créole qui dramatise les deux pôles d’attraction de la vie haïtienne : la ville contre la campagne. Réédité en 1970, il raconte l’histoire d’un jeune garçon, fils de paysans, intelligent et laborieux, envoyé en ville par ses parents pour poursuivre ses études. «Ti Jak» pourrait être classifié dans le genre littéraire de roman court. Ce type d’œuvre est souvent considéré comme une novella plutôt qu’un roman traditionnel, en raison de sa longueur plus courte.La vie de la ville captive Ti Jak, tout comme une fille du nom de Mago. Avec Mago, il se confronte au dilemme de choisir entre une carrière confortable en ville ou revenir pour aider sa famille en difficulté à la campagne. À la fin, Ti-Jak retourne à la campagne, choisissant de soutenir sa famille, tandis que Mago reste en ville.
Ti Jak (1965)

Lerison (1966)
Le roman «Ti Jak» de Carrié Paultre nous prouve que, contrairement à ce que disent officiellement des critiques de la littérature créole, «Dezafi» (1975) de Frankétienne [publié la même année que «Lanmou pa gin bariè», roman en trois tomes d’Émile Célestin-Mégie, 1975, 1977, 1981] n’est pas le premier roman en date de la littérature haïtienne d’expression créole. Car, avant «Dezafi», existait déjà «Ti Jak» (1965), « Lerison » (1966) et « Amarant » (1967) de Carrié Paultre. Même si la facture de «Dezafi» dépasse de loin celle de «Ti Jak», on ne peut ignorer le fait que «Ti Jak» a été publié 10 années avant.

Amarant (1967)
Carrié Paultre (1924-1999)

Lanmou pa gin baryè (1975)
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Bryant C. Freeman
En 2001, Bryant C. Freeman, professeur émérite des études Afro-américaines à l’Université du Kansas, a édité un recueil des œuvres de Carrié Paultre et l’a qualifié de romancier haïtien de premier plan. Parmi les nombreuses publications de Freeman, on compte l’un des dictionnaires les plus complets du créole haïtien vers l’anglais (et plus tard de l’anglais vers le créole haïtien) jamais réalisé, ainsi que des dictionnaires spécialisés dans la terminologie médicale.
Dezafi (1975)
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Pour accéder à quelques textes gratuits par Carrié Paultre, veuillez visiter cette bibliothèque électronique de l’Institut des Études Haïtiennes de l’Université de Kansas : https://kuscholarworks.ku.edu/handle/1808/10884
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serge
Intéressant à savoir… Haïti est vraiment un grand pays littéraire 🙂
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