Le 12 janvier 2010, en quelques secondes, Port-au-Prince s’est effondrée comme si la terre avait décidé de retirer son appui. Des milliers de morts, des quartiers rasés, des familles disloquées, et un pays (ou l’idée même d’un pays) réduit à la poussière et au bruit des cris. Nous sommes le 12 janvier 2026 : seize ans plus tard, la date reste une cicatrice ouverte, et la mémoire refuse de se taire. Cette chronique revient sur ce jour qui a tout brisé, sur l’après où l’on ne “voyait plus de pays”, et sur le Québec, cette terre d’accueil qui, par ses gestes concrets, m’a rendu une part du possible.
Hôtel Oloffson : « Il avait quelque chose de Tennessee… »
Dans une chronique intitulée « L’incendie de l’Oloffson : lorsque l’on tue les morts », l’écrivain Lyonel Trouillot commente avec distance – et une certaine ironie – la destruction de l’hôtel Oloffson à Port-au-Prince. Il y écrit : « Il avait quelque chose de Tennessee qui y avait séjourné ». Une phrase énigmatique qui sert de point de départ à cette réflexion sur la mémoire, l’élitisme, les silences choisis… et les corps qu’on oublie toujours.
Ce drapeau que je ne peux plus saluer sans colère
Le 18 mai marque la fête du drapeau haïtien, symbole fondateur né à l’Arcahaie en 1803 au cœur de la lutte pour l’indépendance. Depuis, cette date est célébrée comme un...
Haïti, le seul pays où fuir devient patriotique
En Haïti, on ne quitte plus le pays. On s’exfiltre. Et ce n’est plus une fuite, c’est un acte civique. Une déclaration d’indépendance personnelle. Une manière de dire : Je refuse de devenir complice.
