Ce que les lieux brûlés révèlent des lieux empêchés : compassion, deuil ou simple défaite élégiaque ?
Il arrive que certains lieux, en tombant, dévoilent ce que nous refusions de voir debout. La disparition de l’Hôtel Oloffson n’est pas qu’un fait divers architectural ou un simple incendie de plus dans un pays qui chancelle. C’est un symptôme.
Intention poétique et écriture : le pari réussi dans « Kokorat »
Georges Castera est un écrivain public, auteur de vingt-trois livres de poésie en créole et de neuf recueils en français, de deux anthologies : « L’encre est ma demeure » (Éd. Actes Sud, 2006) textes réunis par L’écrivain Lyonel Trouillot ;
Des idoles, le privilège blanc et le rire infâme
Pourquoi la Statue de la Liberté partirait-elle? Juste pour dire combien nous sommes infâmes, peut-être. Mais le côté sublime que suppose l’idée de son errance, c’est qu’elle est blanche, car elle, la statue, vient d’Europe. En fait, le rire qu’elle
Antihaïtianisme en Rép. Dom: Une lettre ouverte à Leonel Fernandez
Le mercredi 11 février 2015, le cadavre d’un jeune Haïtien, Henry Claude Jean, a été retrouvé, pendu à un arbre sur la place publique Ercilia Pepin de Santiago, dans ce que beaucoup croient être un incident raciste. Ce meurtre a été commis quelques heures après une manifestation anti-haïtienne dans le quartier de Los Ciruelitos, au nord de Santiago. Le visage masqué, les manifestants ont brûlé un drapeau haïtien. Ce 19 février, plus de 150 signataires (y compris l'écrivaine Edwidge Danticat, la journaliste Michèle Montas et le philosophe américain Noam Chomsky) ont fait parvenir à l’ancien chef d’État dominicain Leonel Fernández une correspondance lui demandant de faire son intervention face à la montée de l’antihaïtianisme en République dominicaine. Le destinataire Leonel Fernández, a été choisi en sa qualité de président du Parti de la libération dominicaine (PLD), principale organisation politique en République Dominicaine ayant profité des avantages de la campagne antihaïtienne.
Lettre à Leonel Fernández :
Port au Prince, Haïti, le 19 février 2015 Honorable Dr. Leonel Fernandez Président du parti de la Libération Dominicaine (PLD)
Monsieur le président,
Permettez-nous de reprendre ici le fait indéniable que lors des élections présidentielles de 1996 en République Dominicaine, vous avez bénéficié de la campagne anti-haïtienne la plus haineuse depuis la dictature de Trujillo.
Malgré ce renforcement momentané de l’inhospitalité face aux ressortissants d'un pays limitrophe et ami, votre arrivée au pouvoir avait été favorablement accueillie des deux côtés de l’île parce qu’elle semblait représenter un renouveau dans la vie politique dominicaine, susceptible de permettre aux rapports binationaux de prendre une nouvelle direction.
Certainement vos trois mandats (1996-2000, 2004-2008, 2008-2012) ont été marqués par quelques initiatives louables dont le don de l’Université Henri-Christophe à Limonade, dans le cadre de la reconstruction qui a suivi le séisme en Haïti. Cependant, ils ont été à la fois lourdement entachés par des évènements atroces tels le massacre de Guayubin en juin 2000; les violences xénophobes de Hatillo Palma en 2005 et le crime odieux de Carlos Nerilus en 2009, pour ne citer que
