Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 13 ans et 4 mois
Le moment opportun pour interdire les fusils d’assaut aux États-Unis
Newtown, petite ville pittoresque de la Nouvelle-Angleterre dans l’État du Connecticut est devenue le site d’une école de tir des pires meurtres collectifs commis aux États-Unis. Les citoyens sont consternés depuis ce week-end, et se demandent : comment est-ce possible? Aucune phrase valable pour exprimer vraiment ce coeur brisé. Ce vendredi 14 décembre 2012, vers 9h30 du matin, selon le New York Times, un antisocial âgé de 20 ans muni d’un chargeur standard semi-automatique a abattu vingt enfants et six adultes en moins de vingt minutes, à l’enceinte de son ancien établissement scolaire, parmi eux des victimes, dont la quasi-totalité n’avait que 6 ans. Le temps que la police soit arrivée, le délinquant serait vite suicidé. Selon ce qu’a rapporté l’enquête de la police du Connecticut, le jeune homme avait probablement tué sa propre mère, une femme âgée de 57 ans, durant son sommeil avant de passer à l’assaut. Le silence absolu mélangé de pleurs et douleurs s’est installé aux quatre coins de Newtown, en dépit des centaines de personnes, en dépit des pompiers et des policiers, en dépit des caméras de télévision, des photographes et de journalistes. Des ballons colorés, des ours en peluche, des animaux rennes, des bouquets, des bougies et des affiches empilées devant les panneaux à l’entrée du banc de faible hauteur du bâtiment de l’école primaire Sandy Hook. Des larmes coulent à flot derrière des lunettes de soleil, des lèvres tremblent devant des bougies : rouge, bleu ou jaune, allumés avec des images décorées devant l’établissement scolaire, devenu depuis lors, le lieu de tous les maux. De nombreux actes de bravoure ont fait surface dans les rapports de police, pendant le déroulement de l’enquête. Une enseignante suppléante aurait tenté de protéger ses élèves du tueur dans une salle de classe en les aidants à s’évader par la fenêtre. On a retrouvé des enfants cachés dans des placards, un peu partout. Une autre enseignante a décidé de rester avec ses élèves jusqu’à ce que passe le danger. Une autre a même essayé de distraire ses élèves en leur demandant d’identifier des couleurs, peut-être des dernières couleurs qu’ils ont pu identifier. C’est l’une des pires scènes de fusillades des États-Unis, pays de tant de fusillades dans les écoles et les universités. Dimanche, les habitants de Newtown, par centaines, ont assisté à des services religieux et des veillées pour ceux qui cherchent du réconfort, tout en essayant de retrouver un moyen pour donner sens à la tragédie. Le président Barack Obama, se rendant sur les lieux deux jours après le drame afin de réconforter sa population, il a promis de faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher que des tragédies de la sorte se reproduisent. Mais qu’est-ce qui explique que des citoyens, de même que l’auteur du drame de Newtown, se retrouvent en possession d’armes militaires ? La réponse est simple, c’est que les politiciens américains n’osent pas resserrer les lois sur la prolifération des armes. Le drame de Newtown, comme bien d’autres avant lui, montre combien l’Amérique a besoin de nouvelles lois sur le contrôle des armes, il nous montre aussi la négligence de l’ancienne administration républicaine du président George W. Bush. L’arme que le tueur a utilisée pour son acte est l’un des fusils d’assaut semi-automatiques du Bushmaster, version civile du fusil d’assaut M16 des forces armées américaines. Elle s’ennuie de cartouches qui sont similaires aux munitions standards des forces armées de l’OTAN, c’est une arme qui tue ses proies de manière instantanée, son acquisition avait été interdite de 1994 à 2004 sous l’administration de l’ex-président démocrate Bill Clinton, durant son premier mandat en 1994. La concession fatale était de limiter l’interdiction pour seulement dix ans et non pas de manière permanente. Le président Bush a saisi les occasions en 2004 de ne rien faire à propos de la prolifération des armes. Les groupes démocrates dans les deux chambres du Congrès américain ont jusqu’à présent fait peu à ce sujet. Le président a même hésité de prendre certaines mesures au cours de son premier mandat. Seule la période d’attente pour l’achat d’armes a été étendue dans certains États américains. Mais cela n’a pas empêché un carnage sanglant à Newtown. La même chose pour le massacre de théâtre d’Aurora. Au cours de la dernière campagne électorale, le président Barack Obama a annoncé des mesures pour resserrer les lois sur les armes, les républicains avaient pourtant annoncé l’opposition à tout resserrement. Aujourd’hui, on se demande si le moment ne semble pas de plus en plus opportun pour interdire les fusils d’assaut et les semi-automatiques à partir des rayons des magas Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 13 ans et 4 mois
USA : Vers la taxation des plus riches
Les congressistes américains se trouvent à un carrefour décisif, tandis que les négociations sur l’avenir du budget fédéral semblent enfin aboutir à des avancées concrètes. Le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a accepté ce samedi une augmentation des impôts pour les citoyens les plus aisés, une mesure que le président Barack Obama avait longuement défendue. Obama cherche à imposer une hausse des impôts aux ménages les plus fortunés des États-Unis. Bien que les républicains semblent désormais disposés à accepter cette augmentation, ils exigent en contrepartie une réduction significative des dépenses sociales, une proposition que le camp du président rejette fermement. Malgré une longue réunion à la Maison-Blanche et des communications téléphoniques fréquentes entre Obama et Boehner, les deux principaux protagonistes restent loin d’un accord définitif. Les progrès sont notables, mais de nombreux obstacles subsistent dans leurs discussions. Pour la première fois, le Président de la Chambre a accepté le principe d’une augmentation des impôts, un développement crucial dans cette impasse budgétaire. Boehner propose d’augmenter, à partir du 1er janvier 2013, les impôts pour les Américains dont le revenu annuel dépasse un million de dollars. Cependant, Obama souhaite étendre cette hausse à tous ceux qui gagnent plus de 250 000 dollars par an. De plus, Obama veut introduire de nouvelles méthodes de comptabilisation des coûts, ce qui ralentirait le développement de la sécurité sociale et d’autres programmes fédéraux liés au système de santé, permettant ainsi d’économiser des centaines de milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. La proposition de Boehner ne prévoit pas l’extension des allocations chômage arrivant à expiration. Par ailleurs, il demeure incertain comment sera résolu le problème de la séquestration budgétaire, prévue pour débuter le 2 janvier, et qui pourrait affecter de nombreux organismes fédéraux, y compris le Pentagone. Les discussions se poursuivent, mais aucun accord n’a encore été conclu. Alors que les crises continuent de secouer l’Amérique — régulation des armes à feu, déficit budgétaire, entre autres —, la Maison-Blanche reste silencieuse sur ces questions brûlantes. En ce mois de décembre, John Boehner se trouve confronté à un dilemme : écouter la voix du président Oba Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 13 ans et 5 mois
Quand l'obscurantisme musèle les droits : la tragédie des femmes maliennes
Une étudiante d’origine malienne m’a parlé de son pays, des malheurs qui frappent le Mali et de la situation alarmante dans le Nord. Une bande de terroristes, habillés de haillons, a mis en déroute l’armée gouvernementale, enlevé des femmes qu’ils violent et torturent, sous le prétexte fallacieux qu’elles ne sont pas intégralement voilées. Ces exactions sont justifiées par une lecture littérale de textes prétendument sacrés, qui, malgré l’évolution de nos sociétés, continuent de reléguer la femme au rang d’objet domestique, confinée à la maison pour satisfaire les besoins primaires de son mari. Ces hommes armés s’arrogent également le droit de vie et de mort sur leurs victimes. En cette journée consacrée à la lutte contre la violence faite aux femmes, il est crucial que les principes du droit soient réaffirmés haut et fort, et que ces livres sacrés, qui exhalent l’odeur rance de l’ignorance, soient poliment refermés. Cessons de glorifier un intégrisme rétrograde qui refuse toute évolution sociale au nom de traditions archaïques, traditions qui voudraient aussi exclure les femmes des institutions académiques, comme cette brillante et intelligente Malienne que j’ai rencontrée durant le printemps d’Érables. Alors que certains pays avancent vers une parité effective, propice à un développement multisectoriel harmonieux, d’autres s’enfoncent dans le refus de l’autre, préférant un système rétrograde, anachronique et sans fondement. Dans ces pays, les femmes, frappées d’ostracisme, sont perçues comme des pestiférées. Elles sont des objets de droit, non des sujets de droit. Dans ces contrées, la femme n’a même pas le droit d’accéder à l’éducation, de se rendre à l’hôpital, ou même de marcher dans la rue sans être accompagnée de son mari ou de son frère ; ses droits fondamentaux sont piétinés sans vergogne. Les droits humains – qu’ils concernent les hommes, les femmes ou les enfants – définissent les facultés et les privilèges inhérents à l’être humain. Ces droits remontent à l’antiquité égyptienne, grecque ou romaine. Malgré le culte de la personnalité à cette époque, le pharaon n’avait pas droit de vie et de mort sur ses sujets. En Grèce antique, notamment à Athènes, les philosophes se penchaient sur la notion de droits de l’homme. Dans la république de Platon, l’accent était mis sur les divers régimes politiques et sur les avantages de la démocratie d’essence humaniste. À Rome, bien que la société fût patriarcale, le paterfamilias n’avait pas l’exclusivité du droit. Les citoyens étrangers, les pérégrins, jouissaient eux aussi de certains droits. Les jurisconsultes romains n’avaient pas une vision clanique du droit. La Déclaration des droits de 1689, issue de la Glorieuse Révolution de 1688, affirmait explicitement que le roi ne pouvait suspendre l’application des lois. Le régime anglais s’inscrivait dans la philosophie de Locke, son théoricien, qui prônait le droit naturel, dont la sauvegarde ne pouvait être assurée que par des gouvernements émanant de la souveraineté nationale. La constitution américaine de 1787, quant à elle, consacrait l’inviolabilité de la propriété, le droit à la vie et à la poursuite du bonheur. Ce document inspira les philosophes français du XVIIIe siècle, et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 proclama que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droit ; que le principe de toute souveraineté réside dans la nation ; que tous les citoyens, égaux devant la loi, sont également admissibles à tous les emplois publics, sans autres distinctions que celles de leurs talents ; et que nul ne doit être accusé, arrêté ou détenu que dans les cas déterminés par la loi. À la faveur de la Révolution de 1789, des femmes revendiquèrent également leurs droits en tant qu’êtres humains. Olympe de Gouges, par exemple, laissa de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes, ainsi que pour l’abolition de l’esclavage des Noirs. Ces femmes voulaient soumettre à l’Assemblée législative française de 1791 une déclaration affirmant que la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droit. Les distinctions sociales ne pouvaient être fondées que sur l’utilité commune. Les mères, filles, sœurs, représentantes de la nation, demandaient elles aussi d’être constituées en assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme étaient les causes des malheurs publics, elles proposèrent d’explorer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels et inaliénables de la femme. Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Par “êtres humains”, il faut entendre les hommes, les femmes et les enfants, sans distinction. Aujourd’hui, l’expression “Droits des êtres humains” désigne un tout, une globalité : le droit de vivre, pour tous et toutes ; le droit de se nourrir, de se vêtir, de se loger ; le droit à l’éducation, au travail, à un mode de vie propre, aux soins médicaux, à l’information et à la liberté d’expression. En définitive, les droits de l’homme, de la femme et des enfants sont inclus dans les droits de la personne humaine, sans distinction de culture, de race ou de religion. Dans quelque recoin de la planète que ce soit, comme au Mali, si ces droits sont systématiquement violés ou ignorés, il incombe aux nations plus avancées de s’ingérer pour rétablir l’ordre, d’où le devoir Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 13 ans et 6 mois
Le Nobel de Littérature décerné à Mo Yan, ''Celui qui ne parle pas''
Mo Yan, pseudonyme signifiant “Celui qui ne parle pas”, est le nom de l’écrivain chinois qui a remporté le Prix Nobel de Littérature cette année. Derrière ce nom se cache une voix puissante, capable de fusionner le fantastique avec une réalité brute, et d’entrelacer histoire et contemporain dans un style unique. Lors de l’annonce des résultats, l’Académie suédoise a déclaré que Mo Yan, âgé de 57 ans, excelle dans l’art de fusionner le réalisme hallucinatoire avec les contes populaires, l’histoire et la vie moderne. Cette distinction fait de lui le premier écrivain chinois à recevoir un Prix Nobel de Littérature en tant que citoyen chinois, bien que Gao Xingjian, lauréat en 2000, ait été d’origine chinoise, il avait acquis la nationalité française après avoir émigré en France. De même, Pearl Buck, lauréate en 1938 pour ses riches descriptions de la vie paysanne en Chine, était une auteure américaine. Mo Yan, lui, est enraciné dans sa terre natale, ce qui ajoute une dimension singulière à sa victoire. Le Prix Nobel de Littérature est décerné à l’écrivain qui, selon l’Académie, a produit une œuvre remarquable dans une direction idéale. Parmi les précédents lauréats, on compte des figures emblématiques telles que Samuel Beckett, Doris Lessing, et plus récemment, le poète suédois Tomas Tranströmer. L’écriture de Mo Yan, dont le véritable nom est Guan Moye, puise sa force dans ses origines paysannes. Ayant quitté l’école à l’âge de 12 ans, il a travaillé dans les champs avant de rejoindre l’armée, où il a reçu une éducation. Son premier livre a été publié en 1981, mais c’est avec Le Clan du sorgho, un roman qui a ensuite été adapté au cinéma sous le titre Le Sorgho rouge par le célèbre réalisateur Zhang Yimou, qu’il a véritablement accédé à la notoriété internationale. Mo Yan écrit sur la paysannerie, la vie rurale, et les luttes des gens pour leur survie et leur dignité, souvent dans un contexte où ces batailles sont perdues. Peter Englund, historien et membre de l’Académie suédoise, a déclaré que la base de ses livres réside dans les contes qu’il écoutait enfant. Bien que son œuvre soit souvent associée au réalisme magique, Englund précise que cette approche n’est pas empruntée à Gabriel García Márquez, mais qu’elle est intrinsèquement liée à l’univers de Mo Yan, un narrateur profondément original pour qui le surnaturel se fond dans l’ordinaire. Howard Goldblatt, éminent professeur de littérature chinoise et traducteur de nombreuses œuvres de Mo Yan en anglais, a décrit son écriture comme étant “audacieuse et imagée, avec une puissante force morale”. Il a également établi un parallèle avec l’œuvre de William Vollmann, notamment dans Le Clan du sorgho, pour sa portée historique et sa critique incisive des comportements monstrueux des détenteurs du pouvoir, comme dans La Mélopée de l’ail. À la Bibliothèque des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Montréal, une consultation des œuvres de Mo Yan, notamment Le Clan du sorgho, révèle un roman composé de cinq récits entrelacés, se déroulant sur plusieurs décennies du 20e siècle, abordant des thèmes tels que l’occupation japonaise et les dures conditions de vie des travailleurs agricoles. Mo Yan est l’auteur d’une œuvre prolifique, comptant environ 80 romans, essais, et nouvelles, parmi lesquels on trouve Grenouilles, Beaux seins, belles fesses, et Le Supplice du santal. Son œuvre dépeint l’histoire de la Chine en alliant humour paillard, violence, et imagerie gore, brossant un portrait unique de la Chine des années 1900 et dramatise habilement les défis auxquels est confrontée une société en mutation. Mo Yan, dont le pseudonyme signifie littéralement “celui qui ne devrait pas parler”, a finalement prouvé le contraire, en étant reconnu par l’Académie suédoise comme une voix littéraire majeure. Bien que ses œuvres aient été publiées en France par des éditeurs tels que Caractères, Seuil, et Actes Sud, il est désormais mondialement connu, non seulement comme écrivain, mais aussi comme un artiste capable de capturer l’essence de la condition humaine. Sa victoire est une source d’inspiration pour tous ces écrivains qui, malgré leur silence apparent, peuvent à tout moment émerger et surprendre le monde. Car le monde aime les voix qui surgissent de l’ombre pour apport Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 13 ans et 7 mois
Le Nouveau Cycle
Chronique du Journal La Presse Je viens de regarder par-dessus mon épaule pour considérer presque un quart de siècle – à venir – que je dois laisser derrière moi. Du moins est-ce ainsi que l’on aurait dit autrefois. Aujourd’hui l’habitude est déjà prise suivant le progrès des moeurs – on regarde dans le rétroviseur. Et dans cet accessoire je vois s’éloigner ce qu’il est impossible de retenir, ma vie. Une vie au cours de laquelle je n’ai cependant jamais regardé qu’autour de moi, et devant moi ce qui venait, ce qui allait être aussitôt autour de moi. Comme tout être humain, j’espère ce qui viendra sera plus ouvert, plus libre, plus heureux ! Il n’en est plus de même maintenant, il m’a fallu consulter le rétroviseur. Je le crois… ce qui m’attend sera plus ouvert, plus libre, plus heureux. Mais une muraille rapproche, à travers laquelle, fantôme. J’aurais pu disparaître. Je dis, bonjour avenir ! Adieu passé ! Adieu veau, vache, cochon et s’oeufs couvés ! Mais ces propos ne sont pas désabusés. Ils coïncident simplement avec l’aboutissement d’une trajectoire déterminée par les coordonnées habituelles, et celles-ci sont conforment à la loi de l’existence. Existence cosmique ou existence humaine. La loi est la même. Je n’en considère pas moins le fait de vivre comme plus étonnant et réjouissant prodige, mais plus étonnant et plus réjouissant est celui ou celle qui consiste à m’étonner et à me réjouir. Car enfin, si je n’existais pas… Je m’étonne et me réjouis malgré l’extrême, l’inouïe absurdité suivant laquelle tout est continuité. Mais cette absurdité, qui l’a inventée, si ce n’est nous-même, en fabriquant de toute pièce une intelligence du Monde, une raison supérieure, une perfection dont la réalisation ne se présente nulle part ? Si nous n’avions pas inventé ces slogans absolus, nous n’aurions pas à constater l’absurdité absolue du Monde – notre propre absurdité, puisque nous faisons partie du Monde, même lorsque par notre volonté nous nous dressons contre lui et prétendons le réformer en suivant les pseudo-règles de l’intelligence, de la raison et de la perfection. Nous faisons partie de ce Monde-là, et nous sommes aussi les seuls à vouloir le modifier, le refaire en bien. Mais qu’espérons-nous ? Comment pouvons-nous réparer la fameuse absurdité si nous sommes les premiers à nous dégrader; à mourir, sur tous les plans et dans tous les domaines ? Il y a quelque chose qui ne cloche pas dans notre prétention à la raison, à la perfection absolues, c’est moins qu’on en puisse dire. Le vice est dedans et nous ne le connaissons pas. Il est dans notre condition même, laquelle est condamnée à vouloir se dépasser. Étranges chutes, étrange fin. Nous ne pouvons pas ne pas vouloir nous dépasser, et nous dépassant, c’est-à-dire nous condamnant à la disparition, nous obéissons à la loi que nous avons voulu abolir. Nous mourons tous ! J’élargis le champ du miroir, alors que je n’avais pour but que d’examiner avec du recul le bouillonnement progressif de l’Art affirmant son continuel renouvellement. Eh bien ! L’Art, ce phénomène, rentre dans la foule des autres phénomènes. Je n’ai fait que le constater. Je suis heureux, parce que je sais conserver mes souvenirs, sais encore les manipuler à ma façon et retrouver l’illusion de m’en servir. Je me reconnais moi-même. Je suis ce que je dis que je suis. Je n’ai pas à me justifier à personne. Oui Monsieur, je suis un être très jeune, je suis haïtien. Et alors ? Je suis haïtien, et cent pour cent des gens qui m’ont élevé le sont. Je le suis depuis mon enfance jusqu’à aujourd’hui. Dans mon sang je le suis plus qu’autre chose, parce que mes souvenirs le sont, mes valeurs le sont, mes repères aussi le sont. À ma connaissance Michaelle Jean n’a jamais cessé d’être haïtienne, et je définis moi-même mon identité. Je n’ai pas à voir l’accord de personne sur qui je suis. J’ai besoin que l’on cesse de rire de la couleur de mon nom, notre identité, notre langage et notre culture. C’est la moindre des choses que je puisse demander. Partout dans le monde, dans les pays que l’intelligence, la perfection ou la raison ont soi-disant envahi progressivement, nous Hommes qu’on croyait inférieurs avons encore de vraies clés et savons nous en servir, point extrême d’un cycle de vie universelle, à présent dégradé. Un nouveau cycle a commencé et s’est emparé du monde, faisant table rase de toutes les merveilles. Loin de l’enfance, on sent la différence. Malgré musées et parcs nationaux, celle-ci disparaîtra. Tous les éléments sont domptés, et l’homme refera l’homme. Mais la loi restera la même. Et quand l’homme sera mort d’être homme, le rétroviseur aura une drôle d’histoire à raconter. En attendant, les petits problèmes intergénérationnels de l’Art avec ses anciennes clés perdues… Mais n’exagérons pas. La question de l’Art n’est qu’une petite question qui a toujours trouvé son maître dans n’importe quel climat métaphysique ou sociologique. Ne cherchons pas à savoir ce qui adviendra un jour. Le jeu est vain. Ces maîtres de scènes sont des tout-puissants qui ne souhaitent pas qu’un jour que les pontes fassent sauter. Ainsi en est-il de l’Art comme de l’amour. Mais il faut en finir. Dis donc pour ma part, moi qui n’ai plus à ma disposition qu’un présent en location meublée, je puis prendre ce qui m’est offert en partage avec un certain désintéressement, que d’aucuns qualifieront de pessimisme optimiste, à moins que l’ordre des termes soit interverti. Ce Monde actuel n’est plus comme avant pour l’éternité. On le fait à terme, au jour le jour, gratte-ciel par gratte-ciel, tableau par tableau, morceau de musique par morceau de musique. Changement d’appartement à chaque saison. Changement d’amour, changement de coeur et de cervelle, avec arsenal pharmaceutique de tranquillisants par-dessus le marché. La terre est nouée de frisson, rétrécie comme une vieille orange sans jus. Temps à… Mais ici, prudence, on ne touche pas au temps qui passe comme au reste. Je me souviens il y a pas longtemps, je dirais même autrefois, il y avait de belles ruines à se mettre sous la dent. Belles, belles, belles… les ruines étaient belles. Les choses rajeunissaient en vous donnant de l’appétit pour les manger. Le temps était Jacques-Stéphen Alexis. Aujourd’hui en est-il de même ? Le ciment armé, les horribles blocs de ciment et de ferraille, la matière plastique, les insanités à l’eau de javel, les fausses choses ont mauvaise vieillesse, et quand on pense qu’elles tiennent cela d’un homme, on n’est pas fier. Il faut s’y faire, il faut là aussi découvrir les sources d’une nouvelle poésie, d’un nouvel art. Le champ est vaste ! J’ai l’impression que dans le monde de l’art, tel qu’il est sous nos yeux et tel que j’espère contribué à le faire connaître, tout n’est plus qu’une dislocation avant la lettre, un grand marché aux puces où rien ne distingue le vrai du faux, le vieux du neuf, où tout est pourtant à notre disposition pour des plaisirs nouveaux. Et je veux bien confier au passeur de mémoires qu’après tout j’ai trop longtemps espéré avec des rêves en poche et je veux me sentir enfin chez moi, malgré ruines authentiques, poussières véritables et vieilles nippes devenues froufrou de luxe, je peux bien m’assumer au Monde et faire preuve d’Homme, parce qu’au marché aux puces de la sagesse, j’ai trouvé un trousseau de clés rouillés et ayant servi à ouvrir je ne sais quel coffre-fort. Et à presque un quart de siècle, je me sens déjà assez vieux pour savoir qu’est-ce que ça fait, une clé ouvrant un coffre rouillé, c’est l’univers entie Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 13 ans et 8 mois
Frankétienne et les quiproquos de la gloire
EN RELISANT FRANKÉTIENNE J’écris ces lignes au lendemain d’une journée pas comme les autres, une journée d’un grand poisson d’avril, une journée tête chargée dirait-on, en relisant Frankétienne (occasion du 76e anniversaire de sa naissance). Honnêtement, j’avoue que le côté superficiel, tapageur et la mégalomanie de l’homme me laisse froid. « Moi, je suis un génial mégalomane, le plus grand écrivain de tous les temps ! » Qu’on l’exalte tout haut comme un prophète ou qu’on l’accable tout bas comme un fou – Toute cette mise en scène, qui prolonge de jour en jour et dilate par delà du temps l’aspect le plus vain de son génie, n’arrive pas à m’arracher autre chose qu’un sourire très voisin du bâillement. Il y a là l’immensité et la polyvalence de son génie, bien sûr, indépendamment du mensonge publicitaire et des propagandes qui se servent effrontément de lui. Dans l’une des entrevues que j’ai lues, le chef de fil du spiralisme a eu toutes les misères du monde à concrétiser et à définir pour les uns et pour les autres, son mouvement. Il n’est pas facile d’explorer un pays qui s’étend sous tant de climats ou d’alternance. Des montagnes, des déserts et des forêts vierges découragent sans cesse le voyageur : on se contente d’établir quelques comptoirs aux points les plus abordables de la côte. Tout cela se croise et s’entrecroise, se mêle ou s’entremêle dans un étrange tissu dont l’absence d’unité défie tout essai de définition. Tour à tour – si ce n’est simultanément ! – superficiel et profond, grotesque et sublime, attardé dans le passé et happé par l’avenir, irréaliste jusqu’au gros bon sens et rêveur jusqu’au délire, romantique jusqu’à l’épanchement fluvial et classique jusqu’à la sécheresse lapidaire, il épouse toutes les formes de l’expression de la pensée, et le critique ne trouve aucun lien qui puisse embrasser cette Gerbe-Frankétienne. « L’œuvre n’appartient à personne dit-il ; elle appartient à tout le monde. En somme, elle se présente comme un projet que tout un chacun exécutera, transformera, au cours des phases actives d’une lecture jamais la même. Le lecteur, investi autant que l’écrivain de la fonction créatrice, est désormais responsable du destin de l’écriture » peut-on lire dans Ultravocal pp. 11-12. Mais en réalité : « Ce grimoire que le génie de Frankétienne fructifie est souvent trop abstrait et trop obscur pour le commun des mortels, il nous repousse. […] Voici pourquoi notre cher Frankétienne traîne autant dans la fange. Par esprit de révolte franche face à toute utilisation de gant pour modeler la littérature, elle doit être dite avec des mains non lavées in contrario d’un James Noël (Je suis celui qui se lave les mains avant d’écrire) qu’il a lui-même introduit. » Ici Je reprends mot pour mot le paragraphe d’un texte critique du poète Fabian Charles, paru dans la revue Parole en Archipel, intitulé Entre Le sphinx en feu d’énigme et Le testament des solitudes. Narrations. Descriptions. Monologues. Rumeurs de voix. Personnages ballottés entre la vie et la mort avec textes éparpillés. Mais la formule c’est de les accueillir en vrac avec leurs épis plus ou moins bien venus, leurs fleurs et leurs ronces. C’est ce que veut la loi de la spirale. Et l’auteur n’a aucune considération pour ceux qui osent attaquer (par lucidité ou par méchanceté ?) à la gigantomachie des côtés illisibles de son esthétique du chaos : « Il y a des apprentis critiques, des machòkèt littéraires, des journalistes complaisants et des lecteurs débiles, irréductiblement hostiles à toute forme de modernité, ils ne savent pas que la création est une démarche fondamentale d’innovation perpétuelle et de renouvellement incessant, un défi exaltant contre les stéréotypes du déjà-là, du déjà-vu, du déjà-entendu, un pari fécond ouvrant les champs de réflexion à travers la mise en forme des questions humaines essentielles. Mouvance du savoir, des livres qui dérangent. Certains intellectuels prisonniers d’un classicisme étroit me reprochent de ne pas être transparent et accessible au premier degré, je sais comment ils ont toujours eu peur de lire mes œuvres qui les dérangent énormément, mouvance du savoir, des livres qui dérangent, énormément. » En ayant tout dit, la spirale n’a pas manqué de se contredire d’user et d’abuser du droit qu’ont tous les grands esprits d’accueillir les aspects les plus contrastés du réel. N’en tenons pas rigueur : l’ampleur de ses oscillations, voire de ses contradictions, nous donne la mesure de son génie. Il n’est pas de surabondance sans gaspillage. La spirale créatrice d’images et de rythmes, et c’est toute une cathédrale étrange dans la graisse des ténèbres. Dans la spirale tout est énorme y compris l’éclat et le mauvais goût. Mais ceux qui, dans cet univers, ne veulent connaître que le pays plats révèlent par là qu’ils manquent de souffle pour explorer les sommets et les abîmes. Pour moi qui ne revendique que l’humble privilège d’avoir médité une œuvre (ici le temps fait quelque chose à l’affaire… et la critique demeurera une césarienne de la littérature.) Mais comme il s’agit d’un homme dont la gloire éclate à tant d’autres titres, de rares personnes s’avisent de le commenter. La Pensée-Frankétienne ressemble au jaillissement d’un geyser. Les insanités et les utopies y surabondent, c’est la part de fumée dont s’accompagne le bouillonnement d’eau brûlante qui barbote dans l’horrible chaudière de la sorcellerie. On erre longtemps dans les vapeurs, mais, pour peu qu’on s’approche du centre, on se sent touché par un feu qui sort des entrailles de l’abîme. Telle ou telle Formule-Frankétienne rend un son d’éternité. Chez lui les mots s’inventent, se créer et ne se datent jamais parce qu’ils prennent leur source hors du temps. Ils touchent à cette limite suprême où le verbe humain se noue au silence des dieux. Allez comme moi, faites l’expérience de Lecture-Frankétienne. Lisez ! Une écriture en qui tout se fond, mais de qui tout se diffère. Comme l’a si bien mentionné l’écrivain djiboutien Abdourahman A. Waberi dans une note pour L’oiseauschizophone, Ed. Jean-Michel Place : Enfin, la meilleure façon de faire sentir aux lecteurs toutes les qualités de roman peu ordinaire et surtout de sa langue chaotique, tour à tour lyrique, poétique, politique et scatologique, c’est de citer de longs extraits. Car il y a des pépites à toutes les pages. Des aphorismes à tout bout de champ. Des inventions à tire-larigot : « Elle dégoulottait de scandaleuses onomatopées, débobinait les interminables déblosailles quotidiennes, défilaunait toute la poésie de l’univers et les treize grands mystères de la vie dans une absolue totalité synchronique, passé présent futur confondus… » On ne comprend pas toujours les mots comme dans cette phrase, et je pourrais en citer des milliers : «Parlumier nuride chidillant la vadilure du québard, l’ilburie d’un asiboutou lordiné de quirame et d’alguibar » (p.218-219). Mais on peut se laisser emporter par le souffle. Car plaisir il y a, pour qui sait patienter, et pour les yeux et pour l’oreille. On l’aura compris, l’oeuvre de Frankétienne est un ovni littéraire. « J’ai écrit une oeuvre épique pour cinq siècles et pic à venir / Et après ? / Il n’y aura plus de littérature. /Comment ? / Le livre n’aura été qu’une fleur éphémère de la pensée dans l’aventure humaine. » À propos de L’Oiseau schizophone. Il faut d’abord savoir gré aux courageuses éditions Jean-Michel Placed’avoir osé publier intégralement cet immense pavé de 812 pages en fac-similé (avec les dessins originaux de l’auteur) dans un Paris éditorial plutôt frileux et accoutumé aux romans-kleenex de 120 pages dépourvus de substantifique moelle épinière : nous dit Abdourahman A. Waberi. On se demande même si lesdites éditions n’ont pas voulu se compliquer encore la tâche en commençant la publication de l’oeuvre de Frankétienne […] fin de citation. Le prophète prophétise dans les deux sens. Fâcheux pour l’honneur de l’espèce humaine que sa vision noire de l’avenir se soit révélée plus exacte que sa vision rose. Il ne s’agit pas de verser dans une apologie intemporelle qui est l’immense part verbale contenue dans son œuvre, de coup de gong qui résonnent sur du vide et n’emplissent en nous les oreilles et nos têtes enroulées dans la spirale. Lui seul a condensé et condamné le côté vain et outrecuidant de son génie. Mais je me demande si l’écrivain a compris jusqu’à quel point que ses mots peuvent trahir son verbe ? Je répondrai en répétant ce qu’Unamuno disait de Cervantès : Depuis quand l’auteur d’une oeuvre est-il le mieux qualifié pour la comprendre ? Ne suffit-il pas qu’il l’ait faite ? On espère quelquefois quand l’enfant a été compris par un étranger beaucoup mieux que par ses parents. Et ce qu’on retient de Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent c’est précisément cette idée du verbe intérieur, ce verbe trop souvent lapidé mais vivant encore, sous l’entassement sonore des mots, qu’on en a jamais compris ni cerné le vrai sens et la profondeur. Mais on a toujours tendance comme bien d’autres à préférer le Chevalier des Arts et des Lettres, le Nobélisable, L’Artiste UNESCO pour la paix qui a su trouver sans chercher à tant d’esprits aussi distingués que stériles qui passe leur vie à chercher et ne trouvent rien.- Thélyson Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 13 ans et 9 mois
Vwayaj pam nan se degidon
Vwayaj pam nan se degidon Map leve tout rad met deyòTout liv chirekreyon kaseAk plim san min M-pral frape tèt lalin nan pannoM-pral kwaze mèt minwi sou gran chimenM-ap sote lawont nan pòt fenètM-ap volewo m-di-wEpi se jous byen lwen map patiLwen lwen lwenByen lwen menm Degidon, degidon, degidon !Degidon, degidon, degidon !Degidon, degidon, degidon ! Si flè te pouse pa bò isitA la pran m-ta pran santA la keyi m-ta keyiA la wouze m-ta wouzeA la koupe m-ta koupeA la taye m-ta tayeM-tap yis !M-tap yas !M-tap tchoup!Plonje nan de basen f Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 13 ans et 11 mois
Du romantisme révolutionnaire?
Par Thélyson Orélien | LaPresse.ca La prospective sociale doit aller bien au-delà de ce que l’on croyait. Les hommes à longues cravates ne souffrent pas seulement des fluctuations du temps et de ses instabilités, ou de la myopie. Ils subissent aussi une crise du culte de l’élite. Pour saisir le contrôle du changement, il nous faut révolutionner la formulation de nos objectifs sociaux. L’afflux de la nouveauté dépouille de leur valeur les institutions principales – qu’il s’agisse de l’État, de l’Université, de l’Entreprise, de l’Armée ou de l’Église. L’accélération entraîne un renouvellement rapide des objectifs, rendant les institutions éphémères. La diversité et la fragmentation contribuent à leur prolifération incessante. Pris au milieu de ces convulsions et de la multiplicité des choix, nous titubons de crise en crise, parfois fatigués de l’avenir, poursuivant des fins désordonnées, contradictoires ou incompatibles. Cette situation se manifeste clairement dans les tentatives pathétiques d’imposer le changement à nos cités. En quelques mois, nous avons été témoins, parfois victimes, d’une succession cauchemardesque d’événements ici et ailleurs. Nous sommes passés du rire aux larmes, de l’émotion à la colère, de la révolte à l’incompréhension, voire à la peur. Crises économiques, catastrophes naturelles, crises politiques, comédies démocratiques, crises des indignés, qu’il s’agisse du Printemps Arabe ou du Printemps Érable au Québec avec les manifestations et longues grèves d’étudiants et de professeurs contre la hausse des frais de scolarité, ponctuées de drames parfois insoutenables. La liste est loin d’être complète. Dans les institutions étatiques, à travers les nations technologiquement avancées, les politiciens courent, extincteur à la main, d’un foyer à l’autre, sans plan cohérent pour l’avenir des villes. Lors d’une discussion avec un jeune poète haïtien, futur sociologue de la Sorbonne, il m’a dit : « Mon cher… Nous faisons face à un monde où la politique ne peut plus rien faire ». Mais cela ne signifie pas que personne ne s’occupe de planification. Au contraire, dans ce bouillonnement social, les plans, sous-plans et contre-plans nous inondent. En quelques mois, un mouvement de résistance sans leader, regroupant des individus de sexes et de tendances politiques différents, a émergé dans les grandes villes du monde. Leur point commun est qu’ils se revendiquent du 99%, refusant la cupidité et la corruption du 1%. Pour beaucoup, il s’agit d’un nouveau mai 68, ou d’une révolution similaire à celles dans les pays arabes, avec de la musique et des campings. Du romantisme révolutionnaire ? Cependant, comment ces indignés comptent-ils faire sans le FMI, sans les organisations internationales qu’ils critiquent, sans les grands patrons, pour sortir de la crise ? Mon indignation n’est pas contre les riches pour leur richesse, mais contre l’indifférence meurtrière, les gaspillages du Nord face aux pénuries du Sud. Cela m’énerve ! Le vrai problème, c’est le gaspillage. On oublie les véritables pauvres de cette planète. J’ai honte de le vivre, de le dire. Notre Monde est un ballon qui ne tourne pas rond. Il existe des pays avec de vrais déshérités, où l’indignation est non médiatique. Contrairement à ces pays constamment appauvris, nous nous retrouvons dans des lieux où les prévisions abondent : nouvelles autoroutes, nouvelles routes, centrales, écoles, hôpitaux, logements, centres psychiatriques, programmes d’assistance sociale. Pourtant, malgré ces prévisions et programmes censés améliorer la condition humaine, pourquoi l’être humain se plaint-il autant et demeure-t-il aussi in Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 14 ans
Laviwonn dede
© Atis ki fè tablo asasinay sa a rele Edgard Jean-Baptiste Laviwonn dede Lanmò plane kou malfini lap fè laviwonn dede dèyè yon vyann dèyè yon chan pwa chan mayi Potoprens leve chak maten ak rèl nan je pou yon pitit gason yon vizitè ke minui manje Twa (3) revòlvè antre nan yon kay san frape yo pran lavi b Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 14 ans et 9 mois
Sou beton Pòtoprens
Sou beton Pòtoprens Sou beton Pòtoprens, tranbleman-d tè pase, alarive li pote ale tout sa-n te posede, ata yon ti bout papye vyèj ke plim nan tap eseye kreve ak de ti mo twa pawòl Sou beton Pòtoprens, tranbleman-d tè pase, alarive li pote ale tout sa-n te genyen. Sa-l kite? Yon ti gout lawouze douvanjou nan mitan de fant dwèt mwen ak yon ti moso lalin ki tap voye yon ti ponyen limyè nan mitan lanwit la, jous nan batan fenèt la, lè lanp tèt gridap la te fin tenyen Sou beton Pòtoprens, tout vye rèv yo jouke antre jous nan rèv nou, nou sispann reve, rèv nou anchennen, rèv nou marye, rèv nou ligote, mare nan fisèl, tankou vye bèf chenn yap mennen labatwa, rèv nou minote yon kote, yon kote, nou pa menm konnen pouki, nou pa janm konnen si se isit oubyen pa bò lòtbò, si se kounyè a oubyen si se depi byen lontan Adje ! Ayiti inosan mesye, Ayiti gen pou-l sispann benyen nan san, Ayisyen gen pou yo sispann peye pou sa yo pa fè, paske : pa gen sekrè-k kache k-pap devwale, yon jou sekrè gen pou tonbe tankou grenn lapli sou plas piblik, sekrè gen pou sove tankou prizonye-k evade Sou beton Pòtoprens nou wè, se tout yon kawo twa degout anmè kouwè fyèl, tankou yon match bòskè nou K.O, nou tonbe, kanmen-m nou leve kanpe pou nou ka retonbe pi rèd, match la di, li dire, li pi di atò lè nap bokse raj nou, lè kout pwen-n ap tonbe nan levid pou vide tout mwèl sèvo nou atè Sou beton PòtoprensTranbleman-d tè paseEpi…BetonBeton nan zokòkòlòs tèt mwenRetire tout memwa-mOu ta di de (2) tete fan Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 18 ans et 3 mois
Le bas Saint-Antoine
Nulle part ailleurs qu’à Poste Marchand, dans le bas de Saint-Antoine, Le matin se pare de miroirs, sous la douce tutelle d’une dalle usée, imprégnée de charme et de liberté. Les arts, jadis méprisés, s’érigent aujourd’hui en promesse de rédemption. Pourquoi se lamenter alors que demain, les barrières s’évanouiront, laissant place à des adieux légers, tournant le dos à la mémoire, cette amnésie, ce cerf lancé dans les nuages de l’extase. Le rideau vert s’avance, flotte, danse déjà. Hélas, le vent, si doux, n’est pas là pour l’accompagner. Tout n’est que ruine et lamentation dans cette triste cité. Une désolation profonde habite les âmes. Les enfants ont disparu, et hommes et femmes cherchent un abri sous quelques toits, après des journées d’angoisse et des nuits blanches. La population, malgré tout, conserve une fierté née du chaos. Presque une joie s’empare de cette ville à l’âme meurtrie. Tout est ruine, tout est deuil. Les blessés enlacent les morts, victimes du destin, émergeant des décombres. De la croisée des chemins jusqu’au détour du Prince, la rue n’est bordée que d’ombres. La cathédrale, les maisons, débordent d’orgueil face aux passants fatigués par ces longues journées. Les balcons jaillissent comme des flèches spontanées. Rien ne demeure. Tout est ruine, tout est deuil. La ville démolie, écartelée, folle, Saint-Antoine cède soudain la place à des miséreux installés sous des tentes. L’humanisme, le cœur contrit, s’anéantit dans l’abysse. Ainsi le temps passe déjà sous l’échelle. Des verbes chantés, plantés, pansés, pressés, palpés, écrits. Le charbon des jours creux monte en spirale avec des rumeurs fluctuantes. Épars, décidés, un destin, une volonté tenace. Le désir s’évanouit selon nos actes dévoyés, à contrecourant des vérités, des obstacles et des ambitions, vers un orgueil concentré. De la mort d’un rêve, d’un rêve de mort, de survivances éphémères. Une histoire sans récits, de simples passés, des soulagements qui ébranlent un temps qui vacille ou s’éteint. Le son d’un rêve endormi, une dernière sortie, au tout début du flux d’encre. Je m’agace de ne pas me perdre. On écrira la profondeur d’une muse confuse, éminente, précaire, tumultueuse et sonore. Le nord de la pensée plongé dans la boue, le bonheur sous forme de chloroforme. La profondeur en prose poétique, prophétique, qui bouleverse le sens. D’ici, de là, de là-bas, être poète, être écrivain. Écrire la folie des êtres sur les marges de la vie. Des dépressions et déceptions, écrites dans la boue comme dans l’eau froide, pleines de peines. Illusion à l’envers d’une histoire salée. J’irai vers l’irréversibilité du temps, au gré de l’ordure, vers les palmiers et les buissons relâchés. Saint-Antoine, voici l’or qui n’est plus, diamant en cette soirée de meurtrissures ovales. Alors, dans cet écho de tristesse et de grandeur, les mots s’élèvent. Saint-Antoine, témoignage vivant de l’effondrement et de l’espoir, voit ses ruelles se transformer en théâtre d’ombres et de lumières. Mais dans ce désastre, l’humanité persiste, irréductible. Les poètes, les écrivains, les rêveurs s’emparent de ce chaos, le transmutent en or, en rêves, en histoires. Ils écrivent, ils crient, ils chantent. Car même dans la ruine, même dans le deuil, la vie s’obstine et l’art triomphe. Sur les cendres de la désolation, l’esprit de résistance danse, indompté. Et nous, témoins de cette résilience, nous nous élevons aussi, portés par la puissance de ces mots, prêts à affronter l’aube nouvelle. Voilà la conclusion, un poing levé dans la nuit, un dernier vers pour rallumer les étoiles. Saint-Antoine, nous ne sommes pas vaincus : notre lumière perce l’obscurité, éternelle et audacieuse. Voilà le véritable or, notre diamant indomptable : l’esprit Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 21 ans et 2 mois
Devoir de mémoire: Le massacre de la scierie
Entre le 9 et le 11 février 2004, quarante-quatre âmes ont été arrachées à la vie, carbonisées et portées disparues. Deux personnes furent décapitées et leurs corps jetés dans le vide depuis un hélicoptère gouvernemental. Parmi les accusés, l’ancien Premier ministre Yvon Neptune et vingt-neuf autres individus furent traduits en justice, selon l’ordonnance du juge d’instruction chargé du dossier du massacre de La Scierie. Des ex-hauts gradés de la police et au moins deux ressortissants étrangers étaient également impliqués. Le sang des martyrs de La Scierie réclame justice. En effet, l’ordonnance de clôture du juge d’instruction de Saint-Marc, Clunie Pierre Jules, confirmait l’existence de preuves suffisantes pour poursuivre Yvon Neptune et vingt-neuf autres accusés, dont les anciens ministres de l’Intérieur et de la Justice, Jocelerme Privert et Calixte Delatour. Cependant, l’ordonnance reconnaissait aussi l’absence de charges suffisantes pour poursuivre trente-cinq autres personnes, y compris l’ancien président Jean-Bertrand Aristide et son secrétaire d’État à la communication, Mario Dupuy. Dans son rapport, le magistrat rejette les thèses de génocide et d’affrontement, souvent avancées pour qualifier les violences qui ont endeuillé Saint-Marc du 9 au 29 février 2004. Me Clunie Pierre Jules parle plutôt de massacre, documentant que, durant ces tristes journées de février, des membres de l’organisation « Bale Wouze » dirigée par l’ex-député Amanus Mayette, des civils armés venus de Port-au-Prince, et des policiers à bord d’un hélicoptère du Palais National, ont lâchement assassiné de nombreuses personnes sans défense, qui tentaient de fuir vers le Morne Calvaire, voisin du quartier de La Scierie. Les témoignages soutenant la thèse de l’affrontement n’ont pas pu prouver l’existence de victimes dans les deux camps, et les éléments techniques pour appuyer la thèse du génocide manquent, selon le juge d’instruction. Le rapport rejette catégoriquement la notion d’une insurrection armée à Saint-Marc; les policiers ayant délibérément abandonné leur commissariat. L’incendie d’une clinique le 11 février, appartenant au Dr. Yfto Mayette, cousin d’Amanus Mayette, faisait partie d’un scénario orchestré pour justifier les violences, a admis le médecin devant le Cabinet d’Instruction de Saint-Marc. Le bilan du massacre, bien que controversé, est également détaillé. Le missionnaire américain Terry Snow, directeur de « Jeunesse en Mission », évoque, avec des supports photographiques, une centaine de morts et quarante-cinq maisons incendiées. L’ordonnance cite divers témoignages établissant un bilan avoisinant la cinquantaine de morts. Le juge ne pouvant dresser une liste exhaustive des victimes, mentionne quarante-quatre personnes tuées, carbonisées et portées disparues. Vingt-deux d’entre elles furent identifiées par leur nom : Brice Kéner, Pierre Louis (tués et carbonisés à La Scierie) Francky Dimanche, Stanley Fortuné (tués à Morne La Scierie) Yveto Morency (tué à Terre Blanche) Anserme et Wilghens Petit-Frère (carbonisés à Portail Montrouis) Bosquet Faustin, Wislet Charles (tués à La Scierie) Kénol St-Vil et Jonas Nelson (tués et carbonisés à La Scierie) Makens Louis Marc Antoine Civil, Jean Louis et Guernel Joseph (tués à Frécyneau-McDonald) Florette Solide, une femme enceinte, et Fanès Dorjean (carbonisés à Grand-rue) Laurette Guillaume, Sandy Cadet, Gaston St-Fleur, Josias St-Fleur (portés disparus) Deux jeunes femmes, Anne (34 ans) et Kétia (22 ans), à la recherche de leurs concubins enlevés et tués pendant les événements, furent violées sur le sol du Commissariat de Police de Saint-Marc par des membres de « Bale Wouze ». Trois adolescents capturés par ces mêmes membres, solidement liés, furent jetés vivants à la mer depuis un hélicoptère ; leurs cadavres furent retrouvés. Deux personnes furent décapitées et leurs corps jetés depuis l’hélicoptère. L’octogénaire Luc Paultre subit de graves brûlures lors de l’incendie de sa résidence le 12 février. Les événements, tels que décrits dans l’ordonnance avec un luxe de détails, suivirent la visite à Saint-Marc du Premier ministre Yvon Neptune le 9 février, préparée par Amanus Mayette. Neptune a tenu conseil avec Mayette au commissariat de police, en présence des maires-adjoints de la ville. Paul Pollys, l’un des adjoints, a dû se retirer face à l’indifférence du Premier ministre à ses propositions pacifiques. La réunion se poursuivit secrètement entre Neptune et Mayette, qui prit la direction des opérations dès le lendemain. Neptune déclara plus tard à la presse avoir « pacifié » Saint-Marc. Les déclarations de Yvon Neptune au Cabinet d’Instruction révèlent des contradictions flagrantes, confirmant les suspicions du juge. L’instruction cite des témoignages sur le rôle-clé d’Amanus Mayette et ses liens étroits avec Neptune. Le dossier contient 146 pièces, incluant des lettres de plainte, des transcriptions d’auditions de témoins, des interrogatoires, des rapports d’enquête, des ordonnances, des arrêts de la Cour de Cassation, et des rapports sur des appels téléphoniques entre Neptune, de hauts responsables du gouvernement, du CSPN, et de la police, ainsi que des exécutants des opérations. Du 7 au 13 février 2004, le portable de Neptune fut utilisé pendant plus de 34 000 secondes, dont plus de 21 000 secondes pour des appels vers des responsables de police et des membres de « Bale Wouze » à Saint-Marc. Les personnes concernées incluent Jean Gérard Dubreuil, secrétaire d’État à la sécurité publique, Jean Robert Esther, responsable des finances de la PNH, Frantz Gabriel, commissaire de police et pilote d’hélicoptère, et Amanus Mayette. En conclusion, le juge instructeur recommande la poursuite des individus suivants devant le tribunal criminel : Amanus Mayette, Biron Odigé, Roland Dauphin, Figaro Désir, Ernest Pascal, Vikès Janvier, Jean Claude Jean-Baptiste, Hervé Méristil, Dieubonnet Mayette, Georges Michel Valbrun, Yvon Neptune, Jocelerme Privert, Jocelyne Pierre, Jean Gérard Dubreuil, Roody Berthomieux, Calixte Delatour, Jean Robert Esther, Olvy Emilcar, Pierre Destinoble, André Louissaint, Féquière, Wantalès Lormejuste, Jean Baptiste Hora, Harmony Ronald, Williams Baptiste, Mathieu Raphael, Frantz Gabriel, Baron Brandt Decker, Rony Wayne Lusk, et Daniel Timothy Hovermale. Les personnes non poursuivies en raison de l’absence de charges suffisantes sont : Jean-Bertrand Aristide, Mario Dupuy, Jonas Petit, Evens Sainturné, Frénot Cajuste, Dany Fabien, Paul Joubert, Zacharie Dalusmé, Kertus Lafleur, Marcellus Polinet, Paul Polinet, Ronald Génescar, Robert Valgresseau, Jeniel Marcellin, Johnny Marcellin, Pierre Jeanty, Ilès Joseph, Fafo Cajuste, Tison Destiné, Larousse Jean Gilles, Espérancia Pierre, Emmanuel Ulysse, Samuel Edwing St-Eloi, Smay Clotaire, Jean Elie Bastien, Antoine Daniel, Larousse Jean Jules, Jean Claude Honoré, Gardy Volcy, Dieulifète Freca, Milien Somoza, Dieulifète Fleury, Patr Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 21 ans et 3 mois
Dans l'œil du cyclone : chroniques de l'échec d'une révolution masquée
2 janvier 2005, Gonaïves, Haïti — Il est difficile de croire que nous entamons cette nouvelle année dans un tel tumulte, à la fois imprévisible et inévitable. Les événements de 2004 ont marqué notre histoire d’une empreinte indélébile, non pas comme une révolution salutaire, mais comme un simulacre cruel orchestré par ceux qui, sous le couvert d’un prétendu contrat social, ont poussé le peuple haïtien à se révolter contre un président légitimement élu, Jean-Bertrand Aristide. Le Groupe 184, ce collectif d’élites économiques, d’artistes, de membres de l’opposition et d’intellectuels, a habilement manipulé les étudiants et les médias pour servir ses propres intérêts. Leur appel à la révolte n’était pas une demande sincère de changement, mais une stratégie bien calculée pour déstabiliser un gouvernement qui avait, malgré ses défauts, gagné la confiance du peuple. Les événements qui ont suivi ont été un affront direct à notre souveraineté, un sabotage délibéré de notre bicentenaire d’indépendance, et une trahison de notre quête continue de dignité et d’autodétermination. Aux Gonaïves, la situation est encore plus sinistre. L’Armée cannibale, un groupe autrefois allié à Aristide, s’est retourné contre lui, l’accusant de l’assassinat de leur leader, Amiot Métayer. Cette faction, désormais armée et dangereuse, s’est alliée à Guy Philippe, un homme recherché par la DEA pour ses liens présumés avec des cartels de la drogue. Ensemble, ils ont semé le chaos, prenant d’assaut les commissariats et tuant lâchement des policiers. Cette violence insensée ne sert aucunement les intérêts du peuple, mais plutôt ceux de quelques individus avides de pouvoir et de contrôle. Dans ce contexte tumultueux, il est crucial de se poser la question : dans l’intérêt de qui ces événements ont-ils eu lieu ? Certainement pas celui du peuple haïtien. Les véritables victimes de cette crise sont les citoyens ordinaires, pris en otage par des forces qui les dépassent. Demain, lorsque les objectifs de ces factions seront atteints, les Haïtiens seront laissés à eux-mêmes, confrontés aux mêmes problèmes qu’aujourd’hui, voire pire. La misère, l’instabilité et la violence ne disparaîtront pas avec la chute d’un régime ; elles ne feront que se déplacer, changeant de visage mais non de nature. Pour ma part, je suis ici, témoin de ce drame national. Ma seule arme dans ce chaos est l’écriture, une plume qui tente de capturer l’essence de notre souffrance collective et de la transformer en un cri puissant et indomptable. J’ai toujours aimé la littérature, l’économie et la politique, des disciplines qui, à mes yeux, détiennent les clés pour comprendre et éventuellement résoudre les crises que nous traversons. C’est dans cet esprit que j’ai créé ce blog : pour offrir une plateforme où les voix de la raison et de la vérité peuvent s’exprimer librement, au milieu de ce vacarme assourdissant de mensonges et de manipulations. Il est essentiel de se rappeler que notre lutte ne doit pas seulement être contre un individu ou un groupe, mais contre les structures mêmes qui perpétuent l’oppression et l’injustice. Les événements de 2004 ne sont pas un accident isolé, mais le résultat d’une longue histoire de domination et d’exploitation. Pour briser ce cycle, nous devons nous attaquer aux racines du mal, en comprenant que notre véritable ennemi est le système qui permet à une poignée de personnes de contrôler les destins de millions d’autres. En ce début de 2005, nous devons nous engager à œuvrer pour un avenir où la voix du peuple ne sera pas seulement entendue, mais écoutée et respectée. Cela nécessite une prise de conscience collective et une volonté de se battre pour des réformes profondes et durables. Nous ne pouvons plus nous permettre de tomber dans le piège des divisions et des rivalités internes. La solidarité et la résilience doivent devenir nos mots d’ordre. Pour conclure, je tiens à rappeler à tous ceux qui liront ces lignes que notre lutte pour la liberté et la justice est loin d’être terminée. Il est de notre devoir de continuer à nous battre, non seulement pour nous-mêmes, mais pour les générations futures. Nous devons nous rappeler que chaque mot écrit, chaque action posée, compte. Ensemble, nous pouvons construire un Haïti où la dignité humaine est au cœur de toutes nos aspirations. Car la plume est plus forte que l’épée ! À mes frères et sœurs haïtiens, ne perdez jamais espoir. Nos ancêtres ont combattu contre des forces bien plus redoutables, et ils ont triomphé. Nous devons puiser dans leur courage et leur détermination pour surmonter les défis actuels. L’histoire nous a montré que le chemin vers la liberté est semé d’embûches, mais avec persévérance et unité, nous pouvons atteindre nos objectifs. À la communauté internationale, je lance un appel à la compréhension et à la solidarité. Haïti a besoin de soutien, mais surtout d’un respect véritable pour sa souveraineté et ses aspirations démocratiques. Les interventions étrangères ne doivent pas servir à manipuler ou exploiter, mais à soutenir un processus authentique de développement et de justice. En tant que chroniqueur, jeune auteur et citoyen, je m’engage à continuer à utiliser ma plume pour défendre la vérité et la justice. Ce blog est ma contribution à la lutte pour un Haïti meilleur, un espace où les voix marginalisées peuvent enfin être entendues. Que cette nouvelle année soit celle du réveil et de la renaissance pour notre chère patrie. Que la lumière de la vérité guide nos pas dans les jours sombres à venir. Thélyson Orélien5 janvier 2015, Gonaïves, Haïti PS: Publié pour la première fois sur Le blog de Thélyson Orélien, su Continue Reading













