Le 12 janvier 2010, en quelques secondes, Port-au-Prince s’est effondrée comme si la terre avait décidé de retirer son appui. Des milliers de morts, des quartiers rasés, des familles disloquées, et un pays (ou l’idée même d’un pays) réduit à la poussière et au bruit des cris. Nous sommes le 12 janvier 2026 : seize ans plus tard, la date reste une cicatrice ouverte, et la mémoire refuse de se taire. Cette chronique revient sur ce jour qui a tout brisé, sur l’après où l’on ne “voyait plus de pays”, et sur le Québec, cette terre d’accueil qui, par ses gestes concrets, m’a rendu une part du possible.
Tu es l’un des nôtres
La Banquise, cathédrale de la poutine au Québec : une cause UNESCO
Il est 23h47. J’ai les doigts graisseux, les papilles en délire et le cœur un peu trop heureux pour mon cholestérol. Pourquoi ? Parce que je suis en pèlerinage gustatif au temple de la poutine : La Banquise. Ceux qui savent, savent. Ceux qui ne savent pas… eh bien, je les plains tendrement, comme on plaint un enfant qui n’a jamais vu la mer.
La mort modeste de l’écrivain
Il y a quelque chose de profondément paradoxal à mourir écrivain au Québec. C’est un peu comme arriver à la cabane à sucre avec, dans les mains, tout ce qui nourrit une mémoire, et découvrir que la table d’honneur est réservée à d’autres. On vous serre avec chaleur, on vous offre une poignée d’éloges sincères, on évoque des souvenirs bien tenus… puis, au moment du grand geste collectif, celui qui dit tu fais partie de nous, la porte reste entrouverte, jamais tout à fait franchie.
Le feu de la Saint-Jean ou la tendresse des braises québécoises
Je me souviens de ma première fête nationale au Québec comme d’un rendez-vous avec l’essentiel. C’était en 2012, dans un quartier populaire de Montréal. J’étais encore un jeune immigrant, les yeux pleins de méfiance et le cœur partagé entre la joie d’avoir quitté l’absurde et la peur de ne jamais appartenir vraiment. J’étais allé par curiosité. J’en suis ressorti changé.
Victor-Lévy Beaulieu, ou l’insolence d’un pays qui s’écrit
Il y a des morts qui réveillent. Des départs qui, loin de plonger dans le silence, appellent à l’écho. Ce 9 juin 2025, le Québec a perdu un géant. Un homme-orage. Un homme-forêt. Un homme-livre. Victor-Lévy Beaulieu est mort. Et pourtant, quelque chose en nous — et autour de nous — s’est levé.
Hommage à Anthony Phelps : le poète de la terre et de l’exil
« Merci, tabarnak ! » : chronique d’un Québécois d’adoption
On ne choisit pas où l’on naît, mais parfois, on a la chance de choisir où l’on s’épanouit. Dans un monde où tant de gens vivent dans l’incertitude et la peur, il existe encore des endroits où l’on peut avancer sans entraves, bâtir sans crainte et espérer sans restriction. Voici un hommage sincère – teinté d’humour et de gratitude – à une terre qui m’a adopté et offert bien plus qu’un simple refuge : une véritable maison.
