Je ne voyais plus de pays

Le 12 janvier 2010, en quelques secondes, Port-au-Prince s’est effondrée comme si la terre avait décidé de retirer son appui. Des milliers de morts, des quartiers rasés, des familles disloquées, et un pays (ou l’idée même d’un pays) réduit à la poussière et au bruit des cris. Nous sommes le 12 janvier 2026 : seize ans plus tard, la date reste une cicatrice ouverte, et la mémoire refuse de se taire. Cette chronique revient sur ce jour qui a tout brisé, sur l’après où l’on ne “voyait plus de pays”, et sur le Québec, cette terre d’accueil qui, par ses gestes concrets, m’a rendu une part du possible.

Le Québec, cette avalanche de cœur

Dans La Presse, j’ai publié un témoignage sincère sur le Québec, un hommage sans fard, un remerciement comme on en fait aux gens qu’on aime. Je croyais déposer une lettre dans une bouteille. Finalement, c’est toute une mer de lettres, de messages et de témoignages qui m’est revenue, comme une vague d’amour qui m’a un peu submergé. Pour ne pas dire : noyé d’émotion.

Lyonel Trouillot, le pyromane des émotions tristes

En lisant la chronique de Lyonel Trouillot intitulée « L’incendie de l’Oloffson : lorsque l’on tue les morts… » dans AyiboPost, on est d’abord saisi par la maîtrise stylistique du texte. Mais on en ressort avec une gêne persistante, presque douloureuse. Car derrière les effets de plume, l’auteur propose une lecture intellectuellement séduisante, mais moralement bancale, d’un drame pourtant lourd de sens.