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  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 2 ans et 8 mois

    Censure médiatique au Canada: Méta brouille-t-il les cartes de la démocratie ? Le Canada est-il devenu une zone morte de l’information? Si vous vous connectez à Facebook ou Instagram depuis le sol canadien, la réponse pourrait vous surprendre. Les principales sources d’actualités internationales telles que RFI, Le Monde, Radio-Canada et même The New York Times, ont été miraculeusement éradiquées des fils d’actualités. En une seconde, une tempête numérique a balayé le Canada, engloutissant nos sources d’information. Cette surprenante initiative remonte au 1er août, où sans crier gare, une grande partie du contenu médiatique a disparu des timelines des utilisateurs canadiens de Facebook et Instagram. Bien que des avertissements avaient été émis, l’onde de choc n’en fut pas moins violente, provoquant la consternation générale. Mais qui est derrière ce black-out médiatique sans précédent? Le coupable est Meta, la société parente de ces titans des médias sociaux. Son argumentation repose sur la Loi C-18, surnommée “Loi sur les nouvelles en ligne”. Cette loi, promulguée dans le but de garantir une compensation équitable pour les médias qui voient leur contenu partagé sur ces plateformes, a provoqué l’ire de Meta. La position de Meta est simple : pourquoi payer pour un contenu que les médias ont choisi de partager volontairement, sans avantage financier direct pour Meta? Cette perspective a mis le feu aux poudres, déclenchant une révolte publique et un mouvement de boycottage soutenu par les pouvoirs publics. Mais la véritable victime est le journalisme. Radio-Canada, pour ne citer qu’elle, a vu sa présence sur Instagram s’effondrer. D’autres médias, pris de court, ont dû improviser : se tournant vers des newsletters, renforçant leur présence sur TikTok, ou exhortant les utilisateurs à visiter directement leurs sites ou à télécharger leurs applications. Ce conflit ne concerne pas seulement les enjeux financiers, il interroge sur la démocratie. En supprimant ces nouvelles, on ouvre un boulevard à la désinformation. La démocratie prospère grâce à une presse libre et accessible. Le gouvernement canadien, malgré les pressions, s’est montré inébranlable. Mais cette impasse met en lumière le pouvoir disproportionné de ces géants du numérique, capables de défier des lois nationales. La Loi C-18 n’est pas qu’une simple régulation. Elle cherche à équilibrer le jeu entre les géants technologiques et les médias nationaux. Avec un calendrier strict pour les négociations, elle espère garantir une juste rémunération pour les médias canadiens. Il est crucial de reconnaître l’énorme déséquilibre financier existant. Selon le Canadian Media Concentration Project, en 2018, Google contrôlait la moitié du marché publicitaire numérique, suivi de Facebook. Comparativement, les médias locaux peinent à suivre. LIRE AUSSILe froid intense au Canada : un défi et une fierté nationale Le débat est loin d’être clos. Tandis que Facebook argumente sur la gratuité des liens web, les responsables politiques rétorquent en pointant les investissements dérisoires de la plateforme dans le journalisme canadien. Ce conflit met en avant la confrontation entre les intérêts économiques des géants technologiques et l’importance de la démocratie. Qui l’emportera : la volonté d’une nation ou l’avidité d’une multinationale ? Seul l’avenir nous le dira. Mais une chose est sûre : dans cette bataille numérique, c’est l’avenir de la démocratie qui est en jeu. Une Nouvelle Ère : Le Face-à-Face Entre Le Numérique Et La Souveraineté Nationale La question centrale qui se pose dans cette confrontation avec Meta est bien plus vaste qu’elle n’y paraît. Il s’agit d’un affrontement entre les droits souverains d’une nation et l’hégémonie d’une entreprise technologique mondiale. La question est simple : où se situe la limite de la puissance de ces mastodontes du numérique ? Cette bataille illustre un paradoxe du XXIe siècle. Dans un monde où l’information est accessible d’un simple clic, l’obstruction volontaire de l’accès à cette information équivaut à un brouillage des cartes de la démocratie. C’est un rappel brutal de l’importance de diversifier nos sources d’information et de ne pas devenir complaisants en s’appuyant sur une seule plateforme pour notre consommation d’actualités. Mais il y a une lueur d’espoir. Le Canada, par le biais de cette loi et de la résistance gouvernementale, montre qu’une démocratie peut tenir tête à ces entreprises titanesques. Le fait que la Loi C-18 ait été envisagée, débattue et finalement adoptée démontre une volonté de protéger l’intégrité du journalisme canadien et de garantir une juste rémunération pour le travail journalistique. Cependant, il ne faut pas sous-estimer la puissance de Meta et d’autres géants technologiques. Ces entreprises ont non seulement des ressources financières phénoménales, mais elles ont également une influence inégalée sur la perception publique. Leur capacité à façonner l’opinion publique, à dicter les tendances et à influencer les comportements est immense. Dans ce contexte, la décision de Meta de bloquer l’accès à des médias majeurs est un geste fort, démontrant sa volonté de défendre ses intérêts, même au détriment de l’information publique. En fin de compte, ce conflit souligne la nécessité d’un équilibre. Si les géants technologiques comme Meta ont le droit de protéger leurs intérêts commerciaux, ils ont aussi une responsabilité envers la société. Leur influence croissante sur notre vie quotidienne signifie qu’ils doivent être tenus pour responsables de leurs actions et qu’ils doivent agir de manière éthique et transparente. Il est également impératif que les gouvernements continuent de défendre les droits de leurs citoyens et de garantir l’accès à une information libre et indépendante. Cela pourrait signifier la création de nouvelles réglementations, l’encouragement de la concurrence dans le secteur technologique, ou même le soutien à des initiatives médiatiques indépendantes. LIRE AUSSILe Québec : un joyau culturel et naturel à célébrer La confrontation entre Meta et le gouvernement canadien est un rappel que, même à l’ère du numérique, la démocratie, les droits et les valeurs doivent toujours primer. C’est une leçon pour tous les acteurs du paysage médiatique mondial : le pouvoir sans responsabilité est une recette pour la décadence. Espérons que cette crise conduira à une réflexion profonde et à des actions concrètes pour garantir que l’information, pilier de toute démocratie, reste accessible à tous. Redéfinir l’Horizon Numérique : Vers Une Synergie Entre Technologie Et Démocratie Au cœur de cette crise se trouve une opportunité unique. Chaque âge a ses défis, et pour notre ère numérique, c’est le défi de marier l’ubiquité de l’accès à l’information avec les principes sacrés de la démocratie. La confrontation entre Meta et le gouvernement canadien n’est pas simplement une querelle sur les profits ou les droits de diffusion, c’est une bataille pour l’âme même de notre société moderne. Il est clair que les géants technologiques, avec leur portée mondiale, ont une influence qui dépasse largement les frontières nationales. Toutefois, cette influence ne doit pas se faire au détriment de l’intégrité des systèmes démocratiques ou de la qualité de l’information disponible pour le public. Au contraire, cette puissance doit être utilisée pour renforcer les fondations sur lesquelles nos sociétés sont bâties. Ainsi, nous nous trouvons à un carrefour. D’une part, il existe un potentiel inouï pour une diffusion sans précédent de la connaissance, de la culture et des idées. D’autre part, le risque de manipulation, de désinformation et d’influence indue est tout aussi grand. Le défi réside donc dans la création d’un équilibre où la technologie soutient et enrichit la démocratie plutôt que de la menacer. Le Canada, en prenant position avec la Loi C-18, a posé un jalon important dans cette quête d’équilibre. Il incombe désormais aux autres nations, aux entreprises technologiques et aux citoyens eux-mêmes de se joindre à cette réflexion et de travailler ensemble pour forger une vision unifiée de ce que devrait être l’avenir numérique. Un avenir où la technologie est un partenaire de la démocratie, où les informations sont libres et équitables, et où chaque voix compte. Finalement, ce n’est pas une question de David contre Goliath, mais plutôt de comment ces deux forces peuvent coexister, collaborer et, ultimement, co-créer un avenir qui bénéficie à tous. Capture d’écran de comment les Canadiens perçoivent ainsi la page Facebook de RF Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 2 ans et 8 mois

    La Renaissance haïtienne est possible ! L’évolution des civilisations, dans son essence, n’est pas un phénomène spontané, mais le fruit des visions et des ambitions d’individus déterminés qui comprennent les époques dans lesquelles ils vivent. Si l’on examine de près les tournants décisifs de l’histoire, nous observons des leaders visionnaires comme Jawaharlal Nehru et Deng Xiaoping, qui ont laissé des empreintes indélébiles sur le destin de leurs nations respectives. Jawaharlal Nehru, Premier ministre de l’Inde, a joué un rôle clé dans la mise en place de fondations démocratiques solides pour le pays après sa lutte pour l’indépendance. C’était un partisan ferme de la laïcité et de l’éducation scientifique. Sous sa direction, l’Inde a établi de nombreuses institutions de recherche et d’enseignement supérieur, jetant les bases du développement ultérieur du pays. D’autre part, Deng Xiaoping, en tant que leader de la Chine post-Mao, a orchestré les réformes économiques qui ont ouvert la Chine au commerce international. Sa philosophie, « peu importe si un chat est noir ou blanc, tant qu’il attrape la souris, c’est un bon chat », a été le catalyseur de la transformation radicale de la Chine d’un État communiste fermé en une superpuissance économique mondiale. Cependant, la question demeure pour Haïti : où est le Nehru ou le Xiaoping d’Haïti ? Qui pourra canaliser la riche tapestrie culturelle et historique d’Haïti vers une ère de renouveau et de prospérité ? Depuis son indépendance en 1804, Haïti a navigué à travers un océan tumultueux d’épreuves, des catastrophes naturelles dévastatrices aux troubles politiques incessants. Néanmoins, à travers ces épreuves, la nation a préservé une culture riche et diversifiée, illustrée par sa musique vibrante, sa gastronomie unique et ses œuvres d’art audacieuses. C’est un cri silencieux pour une transformation, pour une renaissance. Les leçons de leaders transformateurs Le monde offre d’autres exemples éloquents. Mustapha Kemal, plus connu sous le nom d’Atatürk (le « Père des Turcs », ou plus exactement le « Turc-père », Ataturk : tel est le patronyme que l’Assemblée d’Ankara décerna en 1934 à Mustafa Kemal), a reconstruit la Turquie des cendres de l’Empire ottoman. Il n’a pas seulement changé l’alphabet ; il a refondé une nation, en plaçant la laïcité, la modernisation et l’éducation au cœur de son projet national. Lee Kuan Yew, d’autre part, a métamorphosé Singapour, un petit État insulaire sans ressources naturelles, en une puissance économique mondiale. Sa vision a été caractérisée par une gouvernance stricte, une éducation de qualité et une politique d’ouverture économique. La véritable leçon à tirer de ces figures n’est pas seulement leurs réalisations individuelles, mais leur capacité à comprendre profondément les besoins de leur peuple, à visualiser un avenir meilleur et à travailler sans relâche pour le réaliser. Haïti est un joyau des Caraïbes, avec ses paysages pittoresques et sa culture dynamique. C’est une nation qui n’attend qu’une vision claire et une direction éclairée pour se transformer. Pour paraphraser Newton, si Haïti devait voir plus loin, ce serait en se tenant sur les épaules de géants comme Nehru, Deng, Atatürk et Lee. Ce dont Haïti a vraiment besoin, c’est d’un leader qui puisse intégrer ces leçons, tout en étant profondément ancré dans la réalité haïtienne, pour guider la nation vers un avenir radieux. Pour une Haïti transformée : une analyse approfondie des défis, des stratégies et de l’impératif d’un engagement collectif La notion de modernisation ne doit pas être considérée comme une simple mise à niveau superficielle d’un pays. Au contraire, cette transition doit être profondément enracinée dans les réalités, les valeurs et le patrimoine d’Haïti. En préservant ses traditions séculaires tout en y intégrant judicieusement les innovations modernes, Haïti se positionne non seulement pour honorer son passé, mais également pour se projeter avec optimisme dans l’avenir. Visualisons Haïti comme un pionnier, établissant une nouvelle norme pour le tourisme durable dans la région caribéenne, ou encore comme un innovateur dans les technologies vertes et l’agriculture biologique. Ces visions ne sont pas simplement idéalistes. Elles exploitent stratégiquement les ressources naturelles du pays tout en tenant compte du respect impératif de l’environnement. Cependant, la route vers cette transformation est loin d’être dénuée d’obstacles. Les fléaux tels que la corruption, la gouvernance inefficace, l’appauvrissement croissant et les violences endémiques entravent considérablement le progrès. Néanmoins, l’histoire mondiale est remplie d’exemples de nations qui ont transformé leurs crises en véritables opportunités. Pourquoi Haïti ne pourrait-elle pas suivre cette voie ? La solution réside dans une approche holistique. Elle nécessite un leadership visionnaire, certes, mais également une implication profonde de tous les segments de la société, et l’adoption de politiques qui embrassent chaque citoyen. Il est impératif d’avoir une vision unifiée, alimentée par l’espoir et portée par une volonté collective. Il est également primordial de ne pas tomber dans le piège de l’attentisme, en espérant qu’une figure salvatrice émerge. La transformation d’Haïti doit être l’affaire de tous : intellectuels, artistes, entrepreneurs et chaque citoyen doivent prendre part activement à ce mouvement de renaissance. Pour une Renaissance Haïtienne : Décortiquer la Vision, Confronter les Défis et Embrasser l’Espoir Dotée d’un leadership éclairé, de l’engagement indéfectible de son peuple et d’une vision clairement articulée, Haïti peut non seulement affirmer sa légitimité sur la scène mondiale, mais aussi devenir un modèle pour d’autres nations cherchant à se redéfinir. Le temps est venu de trouver ce leader visionnaire. Haïti mérite quelqu’un doté de la ténacité de Nehru, de l’acuité stratégique de Deng Xiaoping, et de l’habileté de Lee Kuan Yew à galvaniser une nation entière. Cependant, une vision, aussi claire soit-elle, ne peut opérer seule. Une introspection est nécessaire pour identifier les domaines nécessitant une refonte. Pour n’en citer que quelques-uns, l’économie haïtienne pourrait prospérer en capitalisant sur des secteurs tels que l’écotourisme et l’agriculture durable. L’éducation, fondement de toute société prospère, doit être repensée pour répondre aux exigences du XXIe siècle. De plus, l’adoption et l’adaptation des technologies peuvent potentiellement positionner Haïti comme un acteur clé sur l’échiquier mondial. Il est toutefois crucial de ne pas sous-estimer les défis. La corruption endémique, la précarité économique et les clivages politiques ont freiné Haïti pendant des décennies. Cependant, inspirés par les succès d’autres nations, des réformes audacieuses, une gouvernance transparente et un investissement significatif dans le développement humain peuvent effectivement inverser cette tendance. Vers le Rêve du « Nouveau Singapour des Caraïbes » : Comprendre la Success Story singapourienne pour envisager l’avenir d’Haïti La trajectoire remarquable de Singapour, passant d’un petit port colonial à une puissance économique mondiale en quelques décennies, est source d’inspiration. Derrière cette ascension fulgurante se cachent une stratégie mûrement réfléchie, une gouvernance efficace, une éducation de premier ordre et une intégration réussie dans l’économie mondiale. Lee Kuan Yew, leader visionnaire de Singapour, a mis en œuvre des politiques anticorruption sévères, instauré un système d’éducation compétitif et promu la méritocratie. Il a également attiré des investissements étrangers massifs en créant un environnement propice aux affaires, tout en construisant une infrastructure solide. Son approche était holistique, combinant réformes économiques, sociales et culturelles, démontrant qu’avec la volonté politique et une vision claire, un pays peut métamorphoser sa réalité socio-économique. Dans le contexte haïtien actuel, avec ses défis multiples et son paysage sociopolitique en constante mutation, la quête d’un avenir plus brillant n’est pas qu’une question de vision, mais également d’adaptation. Il ne s’agit pas de copier aveuglément le modèle singapourien, mais de s’inspirer des principes fondamentaux qui ont sous-tendu son succès : bonne gouvernance, intégrité, éducation de qualité, ouverture à l’investissement, et collaboration citoyenne. Haïti se trouve actuellement à un carrefour, marqué par des épreuves politiques, économiques et sociales. Cependant, les périodes tumultueuses, aussi sombres soient-elles, peuvent également offrir des opportunités pour une refondation profonde. Le potentiel haïtien est là, il est incontestable. Avec ses ressources naturelles, sa culture riche et sa jeunesse énergique, Haïti possède tous les ingrédients pour une transformation phénoménale. Mais pour réussir cette transformation, la nation requiert un leadership éclairé, une vision stratégique adaptée à sa réalité unique, et un engagement fort de tous ses citoyens. La Renaissance haïtienne est possible, mais elle nécessite une compréhension approfondie des réussites antérieures, comme celle de Singapour, et une capacité d’adaptation pour tracer une voie conforme à sa propre identité et ses Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 2 ans et 8 mois

    Cinq prédictions pour l’avenir de la blockchain et de la crypto-monnaie L’avènement de la technologie blockchain et des crypto-monnaies a révolutionné notre compréhension de la finance, de la décentralisation et de la sécurité des transactions en ligne. Depuis la création du Bitcoin en 2009, le paysage a considérablement évolué, laissant entrevoir des possibilités infinies. Mais quelles sont les trajectoires possibles pour ces technologies disruptives à l’avenir ? Voici cinq prédictions qui pourraient bien dessiner la prochaine décennie. L’essor des banques décentralisées et la transformation du système financier Avec l’évolution des DeFi (finance décentralisée), de plus en plus de personnes se tournent vers des systèmes financiers décentralisés pour emprunter, prêter ou investir sans passer par une institution traditionnelle. Ces plateformes, basées sur des smart contracts, promettent de démocratiser l’accès à la finance. Prédiction: D’ici 2030, une majorité des transactions financières mondiales pourraient être effectuées via des plateformes DeFi, entraînant une métamorphose radicale des institutions financières traditionnelles. Ces dernières pourraient alors se concentrer davantage sur des services d’accompagnement, de conseil ou de médiation. La démocratisation des monnaies numériques des banques centrales (MNBC) De nombreuses banques centrales, telles que la Banque populaire de Chine ou la Banque d’Angleterre, ont déjà commencé à explorer l’idée de lancer leur propre monnaie numérique. Contrairement au Bitcoin ou à l’Ethereum, ces monnaies seraient centralisées et régulées, offrant une alternative numérique aux devises traditionnelles. Prédiction: Les MNBC pourraient devenir courantes dans la prochaine décennie, servant de pont entre le monde des crypto-monnaies et celui de la finance traditionnelle. Ceci pourrait également renforcer la confiance du public dans les monnaies numériques tout en assurant une certaine forme de régulation. La blockchain au service de la traçabilité La blockchain ne concerne pas uniquement l’argent. Cette technologie a le potentiel de transformer la chaîne d’approvisionnement, offrant une traçabilité complète des produits, de leur origine à leur consommateur final. Prédiction: Dans les dix prochaines années, la majorité des industries, qu’il s’agisse de l’agroalimentaire, de la mode ou de l’électronique, pourraient adopter la blockchain pour assurer une traçabilité transparente. Cela renforcerait la confiance des consommateurs et pourrait même devenir un argument de vente majeur. L’intégration de la technologie blockchain dans le secteur public La sécurité et la transparence de la blockchain en font une candidate idéale pour la gestion et l’authentification des données publiques, qu’il s’agisse d’élections, de registres fonciers ou de documents officiels. Prédiction: Les gouvernements qui cherchent à éliminer la fraude, la corruption et les erreurs administratives pourraient massivement adopter la blockchain. D’ici 2030, nous pourrions voir les premières élections nationales entièrement gérées par la blockchain, garantissant ainsi une transparence et une sécurité inégalées. L’émergence de nouvelles formes d’organisations décentralisées L’idée des DAO (Organisations Autonomes Décentralisées) a déjà été explorée. Ces entités, entièrement gérées par des smart contracts, pourraient redéfinir la façon dont nous concevons les entreprises et les organisations. Prédiction: Au fur et à mesure de la démocratisation de la blockchain, nous pourrions voir l’émergence de DAO dans divers secteurs, des arts à la philanthropie, en passant par l’immobilier. Ces entités, dépourvues de hiérarchie traditionnelle, pourraient remettre en question notre conception actuelle de la gouvernance et de la prise de décision. Alors que la technologie blockchain et les crypto-monnaies continuent d’évoluer, leur impact sur la société sera profond et multiforme. Des transformations majeures nous attendent, qu’il s’agisse de la façon dont nous gérons notre argent, traçons nos produits ou même organisons nos sociétés. Une chose est sûre : nous ne sommes qu’au début d’une révolution qui promet de redéfinir de nombreux as Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 2 ans et 9 mois

    Les nouvelles menaces sur l’Amazonie : quand les gouvernements favorisent l’exploitation minière Poumon de la planète, l’Amazonie joue un rôle crucial dans la régulation du climat mondial et abrite une biodiversité unique. Pourtant, malgré les alertes des scientifiques et des défenseurs de l’environnement, les gouvernements sud-américains intensifient leurs politiques d’exploitation minière, mettant en péril non seulement l’écosystème mais aussi les peuples autochtones qui vivent dans ces forêts depuis des millénaires. Depuis quelques années, plusieurs États de la région ont assoupli leur réglementation environnementale pour attirer les investissements dans le secteur minier. Au Brésil, en Colombie et au Pérou, des permis d’exploitation sont délivrés en masse, y compris dans des zones officiellement protégées. Cette situation aggrave la déforestation et entraîne des conflits violents avec les populations locales, victimes directes de cette expansion incontrôlée. L’essor du secteur minier : un choix politique assumé Dans plusieurs pays amazoniens, l’exploitation minière est présentée comme un moteur de développement économique. Le Brésil, sous le gouvernement Bolsonaro (2019-2022), avait largement ouvert les terres autochtones aux industries extractives. Bien que son successeur Lula da Silva ait promis un virage écologique, la pression des lobbies miniers reste forte et les politiques mises en place continuent d’encourager l’extraction des ressources naturelles. En Colombie, le gouvernement a récemment octroyé plus de 1 200 nouveaux permis d’exploitation dans la région amazonienne, incluant des concessions dans des zones protégées. Officiellement, ces mines doivent respecter des normes environnementales strictes, mais les mécanismes de contrôle sont insuffisants, laissant la voie libre aux abus. Le Pérou suit une trajectoire similaire, où l’exploitation illégale du cuivre et de l’or a explosé ces dernières années. Encouragée par la hausse des prix sur le marché international, cette activité a conduit à la destruction massive de forêts primaires et à la pollution des rivières. Les peuples autochtones d’Amazonie subissent de plein fouet les conséquences de ces politiques extractivistes. Contamination des cours d’eau, destruction des terres agricoles, déplacements forcés : les impacts sont multiples et dévastateurs. L’un des exemples les plus frappants est celui du peuple Yanomami au Brésil. Depuis des années, l’exploitation minière illégale empiète sur leurs territoires, entraînant une crise humanitaire majeure. En 2022, le gouvernement brésilien a découvert que plus de 570 enfants yanomamis étaient morts de malnutrition et de maladies liées à la contamination des eaux par le mercure utilisé dans l’extraction de l’or. Dans d’autres régions, les conflits entre les peuples autochtones et les exploitants miniers s’intensifient. Les leaders indigènes qui s’opposent aux projets destructeurs sont victimes d’intimidations, de menaces et parfois d’assassinats. Depuis 2015, plus de 200 défenseurs de l’environnement ont été tués en Amazonie, faisant de la région l’une des plus dangereuses au monde pour les militants écologistes. Une législation environnementale affaiblie Au-delà des permis miniers, les gouvernements facilitent également l’exploitation des ressources naturelles en réduisant les contraintes légales sur les industries extractives. Brésil : Plusieurs lois adoptées ces dernières années ont réduit les protections environnementales, notamment en limitant la capacité des agences de régulation à bloquer les projets miniers.Colombie : Une réforme récente permet aux entreprises d’exploiter des terres en attente de classification environnementale, ouvrant ainsi des portes à l’exploitation dans des zones jusqu’ici considérées comme protégées.Pérou : Le gouvernement a augmenté la surface de terres disponibles pour l’extraction minière, tout en assouplissant les contrôles sur l’utilisation des produits chimiques, notamment le mercure. Ces décisions politiques, justifiées par la nécessité de relancer l’économie après la pandémie de COVID-19, ont eu des conséquences désastreuses pour les écosystèmes amazoniens. En plus des concessions officielles accordées par les gouvernements, l’exploitation illégale des ressources naturelles prolifère, aggravant encore plus la situation. Les mafias minières profitent de la faiblesse des États et de la corruption pour envahir les territoires protégés, souvent avec la complicité d’acteurs locaux. Le mercure utilisé dans l’extraction de l’or est une catastrophe écologique majeure. Chaque année, plus de 100 tonnes de mercure sont déversées dans les rivières amazoniennes, empoisonnant les populations locales et perturbant la chaîne alimentaire. Certaines études montrent que plus de 60 % des poissons consommés en Amazonie présentent des niveaux de mercure dangereux pour la santé humaine. Les populations indigènes, qui dépendent directement de ces ressources, souffrent d’empoisonnements chroniques, entraînant des maladies neurologiques graves. La COP 30 : une chance pour inverser la tendance ? La COP 30, qui se tiendra au Brésil en 2025, représente un moment clé pour redéfinir les politiques environnementales en Amazonie. La pression internationale sur les gouvernements sud-américains est forte, mais les résultats des précédentes COP laissent sceptiques quant à la volonté réelle des États à agir contre les industries minières. Les défenseurs des droits autochtones espèrent que ce sommet mettra enfin la question de la reconnaissance des terres autochtones au centre des discussions, afin de protéger légalement ces territoires contre l’exploitation abusive. Par ailleurs, des initiatives comme le financement du carbone bleu ou les fonds internationaux pour la protection des forêts tropicales pourraient constituer des alternatives économiques viables, permettant aux pays amazoniens de préserver leur patrimoine naturel tout en bénéficiant de revenus. L’Amazonie est à un tournant. Si les gouvernements continuent à privilégier les intérêts des industries extractives au détriment de l’environnement, nous risquons une catastrophe écologique irréversible. La destruction des forêts tropicales ne concerne pas seulement l’Amérique du Sud, mais l’ensemble de la planète, tant leur rôle dans la régulation du climat est crucial. Les peuples autochtones, premiers gardiens de cette biodiversité, sont aujourd’hui en danger. Leur lutte est aussi la nôtre, car sans leur résistance, l’Amazonie pourrait bientôt cesser d’être un rempart naturel contre le changement climatique. À l’approche de la COP 30, il est impératif que la communauté internationale exige des engagements concrets des gouvernements sud-américains pour stopper l’octroi anarchique de permis miniers et renforcer la protection des territoires autochtones. L’avenir de l’Amazoni Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 2 ans et 10 mois

    Un mot pour ceux qui critiquent Frankétienne Frankétienne. Un nom qui résonne dans l’esprit de tout Haïtien épris de littérature et d’éducation. Depuis presque six décennies, cet homme s’est dédié à la cause éducative, s’investissant sans relâche dans la transmission du savoir. Au cœur de Bélair, quartier populaire de Port-au-Prince, son école a été un refuge pour des générations d’étudiants. Des bourses d’études ont été décernées, des portes ont été ouvertes, des vies ont été transformées. Cependant, suite à son apparition dans l’émission « Le Point de Métropole », une tempête d’incompréhension et d’indignité s’est abattue sur lui. Il est grand temps de remettre les pendules à l’heure. Frankétienne, véritable prodige de la littérature haïtienne, est avant tout un éducateur. Ses voyages aux États-Unis, au Canada et en Europe, bien que rémunérés, étaient l’occasion de faire connaître la culture haïtienne, de partager ses œuvres d’art et de susciter l’admiration pour notre patrimoine national. L’arrêt de ces voyages en raison de la crise politique du « pays lock » a privé Frankétienne de revenus, mais également privé le monde de la sagesse et du talent de cet éminent penseur. Malgré cette situation difficile, Frankétienne a su tirer sa force de l’énergie universelle invisible, comme il l’a dévoilé pendant l’émission. Son refus de céder à l’amertume et son courage face à l’adversité sont un exemple pour nous tous. Et même dans l’épreuve, il n’a pas hésité à critiquer la stérilité de la pensée politique haïtienne, une critique aussi pertinente qu’audacieuse. Cependant, une controverse s’est déclenchée autour du soutien financier que Frankétienne a reçu de Daniel Gérard Rouzier entrepreneur et PDG d’E-Power S.A. Premier ministre designé de l’ex-président Michel Martelly et Jean-Henry Céant homme politique et ancien premier ministre de l’ex-président tragiquement assassiné Jovenel Moïse. Certains le critiquent pour avoir accepté l’aide de deux figures politiques controversées, invoquant leur supposée mauvaise gouvernance. Ceux qui adoptent une telle perspective négligent une chose essentielle : la complexité de la réalité. Dans un contexte de privation, Frankétienne a accepté de l’aide, peu importe l’appartenance politique de ses donateurs. Son acceptation ne doit pas être interprétée comme un endossement de leurs politiques ou de leurs pratiques, mais plutôt comme une reconnaissance de l’humanité et de la générosité, deux valeurs que Frankétienne a toujours défendues. Nous devons dépasser les clichés faciles et les jugements hâtifs pour comprendre que l’humanité se nourrit de la diversité des expériences et des rencontres. L’acceptation de cette aide par Frankétienne nous rappelle cette leçon précieuse. Ceux qui adoptent une telle perspective négligent une chose essentielle : la complexité de la réalité. Il est grand temps que l’État haïtien agisse pour une icône comme Frankétienne. La ministre de la Culture et de la Communication, Emmelie Prophète, écrivaine elle-même, devrait prendre l’initiative. Quelle plus belle preuve de sa volonté d’améliorer la situation culturelle et sécuritaire d’Haïti que de soutenir un éducateur aussi dévoué et un écrivain aussi talentueux ? C’est une occasion unique de laisser un héritage positif, de faire preuve de leadership en soutenant Frankétienne. Ce poète, dramaturge, peintre, musicien, chanteur et enseignant haïtien, Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent dit Frankétienne, né le 12 avril 1936 à Ravine Sèche dans le département de l’Artibonite, mérite mieux que les critiques et l’indifférence. Il mérite notre respect, notre admiration et notre soutien. Dans un monde où seuls les sportifs et les politiciens semblent occuper le devant de la scène, rappelons-nous de l’importance des artistes, des éducateurs et des penseurs. Ils sont le poumon de notre société, ceux qui nous inspirent et nous poussent à devenir de meilleures personnes. Soutenons Frankétienne et, ce faisant, rendons hommage à l’éducation, à la culture et à l’humanité. Nous devons dépasser les clichés faciles et les jugements hâtifs pour comprendre que l’humanité se nourrit de la diversité des expériences et des rencontres. Il serait naïf de penser que le soutien à Frankétienne ne devrait se limiter qu’à des mots. Alors que nous nous élevons contre le dénigrement de ce héros national, nous devons également exiger des actions concrètes. Les attaques injustes dont Frankétienne fait l’objet sur les réseaux sociaux soulignent la nécessité d’une politique nationale de protection et de valorisation de nos figures culturelles. Commençons par une reconnaissance officielle. Une récompense de l’État, peut-être. Un prix d’honneur pour l’ensemble de son œuvre, à la fois en tant qu’éducateur dévoué et en tant qu’artiste prolifique. Une telle démarche servirait non seulement à honorer Frankétienne, mais aussi à affirmer l’importance de la culture et de l’éducation dans notre société. Mais ce ne serait que le début. Frankétienne s’est toujours battu pour l’éducation, offrant des bourses et ouvrant des portes à ceux qui autrement n’auraient peut-être pas eu d’opportunités. Alors, pourquoi ne pas instituer une bourse d’études à son nom ? Un programme qui aiderait les étudiants haïtiens à poursuivre leurs études, à approfondir leur connaissance et à développer leur potentiel. Ce serait un hommage digne de Frankétienne et un moyen concret d’investir dans l’avenir de notre pays. Les attaques injustes dont Frankétienne fait l’objet sur les réseaux sociaux soulignent la nécessité d’une politique nationale de protection et de valorisation de nos figures culturelles. En complément de l’idée de créer un programme de bourses d’études en l’honneur de Frankétienne, une autre initiative significative serait d’instituer un prix littéraire portant son nom. Ce prix serait décerné annuellement à un écrivain haïtien émergent ou confirmé, récompensant l’excellence et l’innovation littéraire. En créant un tel prix, nous perpétuerions l’héritage de Frankétienne en tant que figure majeure de la littérature haïtienne et nous encouragerions le développement continu du talent littéraire dans notre pays. Cela servirait également de catalyseur pour la promotion de la lecture et de l’écriture, renforçant ainsi le paysage culturel d’Haïti et honorerait le précieux travail de Frankétienne en tant qu’écrivain engagé et inspirant. Enfin, il faut aborder la question de la sécurité de nos figures culturelles. Il est inacceptable que des personnalités comme Frankétienne vivent dans la peur en raison de la situation politique actuelle. Des mesures doivent être prises pour garantir leur sécurité et leur liberté de mouvement. Ce n’est pas seulement une question de respect pour leur travail, mais aussi une question de respect pour leur dignité humaine. Alors que nous nous élevons contre le dénigrement de ce héros national, nous devons également exiger des actions concrètes. Dans l’émission « Le Point de Métropole », Frankétienne a démontré sa résilience et sa force face à l’adversité. Mais il a aussi montré sa vulnérabilité. Il est temps pour nous tous, et en particulier pour nos leaders, de répondre à cet appel. Nous devons défendre Frankétienne, mais surtout, nous devons défendre les valeurs qu’il incarne : l’éducation, la culture et l’humanité. Alors que la ministre de la Culture et de la Communication, Emmelie Prophète, cherche à laisser un héritage positif malgré les défis auxquels elle est confrontée (en tant que ministre cumulant deux responsabilités inexistantes en Haïti, celles de la Justice et de la Sécurité publique…), soutenir Frankétienne pourrait être un pas décisif. Que ce soit par la reconnaissance officielle, il est temps d’agir pour honorer notre héros national. Soyons nombreux à nous lever en défense de Frankétienne et à réclamer une action de l’État. Par notre soutien, nous affirmons non seulement notre admiration pour Frankétienne, mais aussi notre engagement envers la culture, l’éducation et l’humanité. Dans un monde où l’écho des polémiques politiques et sportives est assourdissant, prenons le temps de saluer l’écrivain, l’artiste, l’éducateur. Rendons hommage à Frankétienne ! Image de couverture : L’écrivain Frankétienne répond aux journalistes lors de l’exposition-vente de ses œuvres à Delmas 31, le 9 juin 2023. | © David Lorens Mentor/AyiboPost L’écrivain Frankétienne répond aux journalistes lors de l’exposition-vente de ses œuvres à Delmas 31, le 9 juin 2023. | © David Lorens Mentor/AyiboPost L’ancien Premier ministre Jacques-Édouard Alexis a participé à l’exposition-vente des œuvres de Frankétienne à Delmas 31, le 9 juin 2023. | © David Lorens Mentor/AyiboPost Des participants à l’exposition-vente des œuvres de Frankétienne, à Delmas 31, le 9 juin Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 3 ans

    Comment remporter la guerre des discours et construire un avenir meilleur pour Haïti Dans son article «Il faut gagner cette guerre des discours et condamner les défenseurs du pire», l’écrivain Lyonel Trouillot soulève des problématiques essentielles liées à la détérioration du langage, à la perte de la dignité et du sens de l’analyse en Haïti. À travers ces lignes, nous proposons un regard complémentaire pour aborder ces enjeux et souligner l’importance d’un discours intellectuellement soutenu et détaillé pour transformer notre société. L’urgence d’un discours éclairé en Haïti La dégradation du langage dans notre société haïtienne n’est pas seulement le symptôme d’une stagnation, mais également un facteur contribuant à notre incapacité à sortir de l’impasse actuelle. Une communication claire, précise et fondée sur une analyse rigoureuse est essentielle pour comprendre les causes profondes de nos maux et élaborer des solutions appropriées. La perte du sens de la dignité et de l’analyse, que Trouillot dénonce, témoigne d’une société en proie à des discours simplistes et des arguments fallacieux. Il est crucial de rétablir un esprit critique et une pensée analytique pour déconstruire ces discours et mettre en lumière les véritables enjeux qui se cachent derrière. L’un des aspects les plus préoccupants de cette dégradation du langage est la prolifération de discours obscurantistes, souvent teintés de préjugés et d’aliénation culturelle. Ces discours biaisés ne font que renforcer les divisions et les stéréotypes au sein de notre société, entravant ainsi notre capacité à nous unir pour lutter contre les problèmes qui nous accablent. L’un des aspects les plus préoccupants de cette dégradation du langage est la prolifération de discours obscurantistes… Il est urgent de promouvoir un discours éclairé, basé sur des connaissances solides et une compréhension approfondie des réalités haïtiennes. Cela implique de valoriser le savoir haïtien et d’encourager l’expression de la diversité des voix et des opinions dans notre pays. Pour ce faire, il est nécessaire de multiplier les espaces de réflexion et de débat, en utilisant tous les supports disponibles. Les médias, les institutions académiques et culturelles, et les organisations de la société civile ont un rôle crucial à jouer dans la promotion d’un discours rigoureux et responsable. De plus, il est important de soutenir ceux qui, comme Lyonel Trouillot, cherchent à faire entendre la voix d’une Haïti engagée et consciente de ses enjeux. En encourageant ces voix et en amplifiant leur portée, nous pouvons progressivement construire un contre-discours capable de s’opposer aux idées reçues et aux préjugés qui minent notre société. Proposer une vision humaniste et progressiste Pour gagner cette guerre des discours, il ne suffit pas de dénoncer les discours fallacieux et les propos simplistes. Il est également essentiel de proposer un discours alternatif, porteur d’une vision humaniste et progressiste, qui mette en avant les intérêts de la majorité et les valeurs qui fondent notre identité nationale. En cultivant un langage soutenu et détaillé, en encourageant la réflexion et l’analyse, et en valorisant la diversité des voix et des perspectives, nous pourrons contribuer à l’émergence d’une Haïti plus juste, plus solidaire et plus inclusive. Il est temps de redonner au discours public la profondeur et la nuance qu’il mérite pour nous permettre de dépasser les divisions, les préjugés et les stéréotypes qui entravent notre développement. Il est essentiel d’investir dans l’éducation et la formation, afin de favoriser l’émergence d’une génération de leaders et de citoyens capables de penser de manière critique et d’agir de manière responsable. En développant la capacité d’analyse et de réflexion de notre population, nous pourrons mieux comprendre et aborder les défis complexes auxquels notre pays est confronté. Par ailleurs, nous devons encourager la création et la diffusion de discours intellectuellement soutenus, qui mettent en lumière les différentes facettes de nos problèmes et qui proposent des solutions innovantes et adaptées à notre contexte. En faisant cela, nous pourrons progressivement sortir de la stagnation et du sur place dans lequel nous croupissons. Le rôle des artistes, des intellectuels et des penseurs est également primordial dans cette guerre des discours. En s’appuyant sur leur créativité et leur capacité à toucher un large public, ils peuvent contribuer à la construction d’un imaginaire collectif fondé sur des valeurs communes et un esprit d’ouverture. La coopération et la solidarité entre les différents acteurs de la société haïtienne sont indispensables pour promouvoir un discours cohérent et constructif. En travaillant ensemble, nous pourrons faire entendre notre voix et affirmer notre volonté de changer le cours de l’histoire pour un avenir meilleur. La guerre des discours ne se gagnera pas simplement en dénonçant les discours fallacieux et simplistes qui nous entourent, mais en proposant et en soutenant activement un langage et une pensée intellectuellement soutenus et détaillés. C’est en cultivant cette exigence de qualité et en valorisant la diversité des voix et des perspectives que nous pourrons progressivement construire une Haïti plus éclairée, engagée et résiliente. Une bataille pour l’âme de notre nation Il est important de rappeler que la guerre des discours ne se limite pas à un simple enjeu linguistique ou rhétorique. Elle est le reflet d’une lutte plus profonde pour l’avenir de notre société, de notre identité et de nos valeurs. En défendant un langage soutenu, engagé et réfléchi, nous défendons également notre droit à une existence digne et à une société juste et équitable. Nous avons tous un rôle à jouer dans cette lutte. Que nous soyons écrivains, journalistes, enseignants, artistes, ou simples citoyens, nous pouvons tous contribuer à promouvoir un discours de qualité et à dénoncer les discours biaisés et simplistes qui nous entourent. La guerre des discours est le reflet d’une lutte profonde pour l’avenir de notre société, de notre identité et de nos valeurs. Il est temps de passer de la dénonciation à l’action, et de proposer des solutions concrètes pour améliorer notre société. En cultivant un langage rigoureux et éclairé, nous pouvons poser les bases d’un changement durable et d’une transformation positive de notre pays. Nous devons tous nous engager dans cette bataille pour une Haïti meilleure, en favorisant l’émergence d’un discours public fondé sur la réflexion, la nuance et la solidarité. Cela nécessitera des efforts de la part de chacun d’entre nous, ainsi qu’une volonté collective de briser les chaînes qui nous reti Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 3 ans et 1 mois

    La diaspora haïtienne a le droit et le devoir de parler d’Haïti La diaspora haïtienne est l’une des plus importantes au monde, avec des millions de membres vivant dans les pays étrangers, notamment aux États-Unis, au Canada, en France, au Chili, au Brésil et en République dominicaine. Ces membres de la diaspora sont souvent des citoyens haïtiens d’origine qui ont quitté leur pays en raison de la pauvreté, des troubles politiques, des catastrophes naturelles, de l’insécurité, ou tout simplement pour des raisons familiales. Malgré leur éloignement géographique, la diaspora haïtienne continue de jouer un rôle crucial dans l’économie et la politique de leur pays d’origine. En effet, les envois de fonds de la diaspora représentent une source importante de revenus pour les ménages haïtiens et une contribution significative à l’économie nationale. Selon les calculs de la Banque mondiale, la diaspora haïtienne a transféré près de vingt milliards de dollars américains vers Haïti entre 2010 et 2019, soit cinq fois plus que lors de la décennie précédente. Malheureusement, certains critiques bien-pensants pensent que la diaspora haïtienne n’a pas le droit de s’impliquer dans les affaires d’Haïti simplement parce qu’elle ne vit pas sur le territoire national. Cette attitude est injuste et irréaliste, car la diaspora haïtienne est composée de citoyens haïtiens qui ont des liens culturels, familiaux et économiques profonds avec leur pays d’origine. La diaspora haïtienne est composée de citoyens haïtiens qui ont des liens culturels, familiaux et économiques profonds avec leur pays d’origine. Il est important de reconnaître que la diaspora haïtienne rencontre souvent des obstacles bureaucratiques et administratifs lorsqu’elle essaie de s’impliquer dans les affaires d’Haïti. Ces obstacles comprennent des exigences de résidence et de citoyenneté, ainsi que des difficultés à obtenir des documents officiels, tels que des passeports, des certificats de Police, des procurations ou même des certificats de naissance. Au lieu de rejeter la diaspora haïtienne, nous devons reconnaître son importance et travailler à surmonter les obstacles qui l’empêchent de contribuer pleinement à l’avenir d’Haïti. Les membres de la diaspora haïtienne ont le droit et la responsabilité de s’impliquer dans les affaires de leur pays d’origine, de partager leurs idées et leurs connaissances, et de travailler ensemble pour construire un avenir meilleur pour tous les Haïtiens, où qu’ils se trouvent dans le monde. Un atout précieux pour Haïti et un pont vers le monde La diaspora haïtienne possède des compétences et des expériences uniques qui peuvent être bénéfiques pour Haïti. De nombreux membres de la diaspora ont travaillé et étudié dans des domaines tels que la médecine, le droit, les sciences, la technologie et l’entreprise, et ont acquis des compétences et des connaissances précieuses dans ces domaines. Ils peuvent donc apporter une contribution précieuse à l’amélioration de l’infrastructure, de l’éducation et des soins de santé en Haïti. La diaspora haïtienne peut également être un pont important entre Haïti et le reste du monde. De nombreux membres de la diaspora sont bien intégrés dans leurs communautés d’accueil et ont des contacts et des réseaux étendus à travers le monde. Ils peuvent aider à renforcer les relations commerciales et culturelles entre Haïti et d’autres pays et faciliter l’importation et l’exportation de produits haïtiens. La diaspora haïtienne possède des compétences et des expériences uniques qui peuvent être bénéfiques pour Haïti. Il est important de souligner que la participation active de la diaspora haïtienne ne doit pas être considérée comme une ingérence étrangère, mais plutôt comme une contribution vitale de la part de membres de la communauté haïtienne mondiale qui se soucient profondément de l’avenir de leur pays d’origine. Il est essentiel de reconnaître que les membres de la diaspora haïtienne ont des droits en tant que citoyens haïtiens, même s’ils vivent à l’étranger. Ils ont aussi le droit de voter et de participer à la vie politique de leur pays, et ils ont le droit d’exprimer leurs opinions sur les questions qui affectent Haïti. Les obstacles bureaucratiques et administratifs qui empêchent la participation active de la diaspora haïtienne doivent être surmontés pour garantir que tous les citoyens haïtiens, où qu’ils se trouvent dans le monde, puissent contribuer pleinement à l’avenir de leur pays. Un atout clé pour le développement d’Haïti Pour surmonter les obstacles et barrières qui empêchent la diaspora haïtienne de s’impliquer pleinement dans les affaires d’Haïti, il est essentiel que le Gouvernement haïtien travaille en étroite collaboration avec les membres de la diaspora et prenne des mesures pour faciliter leur participation. Il est essentiel de reconnaître que les membres de la diaspora haïtienne ont des droits en tant que citoyens haïtiens, même s’ils vivent à l’étranger. Le Gouvernement haïtien devrait travailler à créer un environnement favorable à l’investissement et à l’entrepreneuriat pour encourager les membres de la diaspora à investir dans leur pays d’origine. Il devrait également simplifier les procédures administratives pour permettre aux membres de la diaspora d’obtenir facilement des documents officiels tels que des passeports, des certificats de police et des certificats de naissance. En outre, le Gouvernement haïtien devrait créer des programmes pour faciliter la réintégration des membres de la diaspora qui souhaitent retourner vivre en Haïti et contribuer à son développement économique et social. Ces programmes pourraient inclure des programmes de formation et d’emploi, des incitations fiscales pour les investisseurs et des programmes de logement abordables. Enfin, le Gouvernement haïtien devrait travailler à renforcer les relations avec la diaspora haïtienne en organisant des forums et des conférences pour discuter des questions clés qui affectent le pays et pour encourager la participation active de la diaspora dans le processus de prise de décision. La diaspora haïtienne a un rôle crucial à jouer dans le développement économique et social d’Haïti. Il est temps de reconnaître l’importance de leur contribution et de travailler ensemble pour surmonter les obstacles qui les empêchent de participer pleinement à l’avenir de leur pays. Le Gouvernement haïtien doit travailler en étroite collaboration avec la diaspora haïtienne pour créer un environnement favorable à l’investissement, à l’entrepreneuriat et à la réintégration des membres de la diaspora. Ensemble, nous pouvons construire un avenir meilleur pour tous les Haïtiens. La diaspora haïtienne est un groupe important et influent qui a une relation forte avec Haïti, même s’ils vivent dans d’autres pays. Les membres de la diaspora haïtienne ont des liens familiaux, culturels et économiques profonds avec leur pays d’origine. En outre, ils ont une connaissance de première main de la situation politique, sociale et économique en Haïti, et ils sont souvent bien informés sur les questions qui touchent leur communauté. Il est donc tout à fait légitime pour la diaspora haïtienne de s’impliquer dans les affaires d’Haïti. En tant que citoyens haïtiens, ils ont le droit de s’exprimer sur les questions qui touchent leur pays, y compris les questions politiques, sociales, économiques et culturelles. Ils ont également le droit de voter lors des élections, ce qui leur permet de participer directement au processus politique. En outre, la diaspora haïtienne est souvent une source importante de soutien financier pour les familles et les communautés en Haïti. Les envois de fonds de la diaspora haïtienne représentent une part importante de l’économie haïtienne et jouent un rôle crucial dans le développement économique du pays. Enfin, la diaspora haïtienne est un groupe diversifié et riche en expériences et en compétences. Beaucoup de membres de la diaspora ont acquis une éducation et des compétences professionnelles dans leur pays d’accueil, qui peuvent être mises à profit pour aider à résoudre les problèmes en Haïti. En somme, la diaspora haïtienne a le droit de parler dans les affaires d’Haïti et de contribuer à son développement économique, social et politique. Leur expérience, leur engagement et leur soutien financier sont essentiels pour aider Haïti à construire un avenir meilleur pour tous les Haïtiens. Changer les préjugés envers la diaspora haïtienne : Reconnaître leur contribution essentielle et leur engagement envers Haïti Malheureusement, il existe des préjugés et des stéréotypes négatifs envers la diaspora haïtienne. Certains les considèrent comme des personnes qui ont abandonné leur pays et ne se soucient plus de son développement, ou même comme une menace pour la sécurité ou l’économie du pays. Ces préjugés sont injustes et nuisent à la capacité de la diaspora à contribuer positivement à Haïti. Il est important de changer cette attitude envers la diaspora haïtienne. Tout d’abord, il faut reconnaître que les membres de la diaspora haïtienne sont des Haïtiens à part entière, même s’ils ont choisi de vivre à l’étranger. Ils continuent à aimer leur pays et à se soucier de son avenir, et ont souvent des liens étroits avec leur famille et leur communauté d’origine. Il est important de reconnaître que la diaspora haïtienne apporte une contribution essentielle à Haïti. Les envois de fonds de la diaspora sont une source importante de revenus pour de nombreuses familles et communautés en Haïti, et contribuent à la stabilité économique du pays. De plus, la diaspora haïtienne peut apporter des connaissances, des compétences et des expériences précieuses pour aider à résoudre les défis auxquels le pays est confronté. Il est important de souligner que la diaspora haïtienne est une source de diversité culturelle et d’enrichissement pour Haïti. Les membres de la diaspora apportent avec eux des traditions, des coutumes et des perspectives différentes, qui peuvent contribuer à renforcer la culture haïtienne et à encourager une plus grande compréhension et tolérance entre les différentes communautés du pays. Il est crucial de changer les préjugés négatifs envers la diaspora haïtienne et de reconnaître leur contribution et leur engagement envers Haïti. Cela permettra à la diaspora haïtienne de jouer un rôle encore plus important dans la construction d’un avenir meilleur pour leur pays et leur peuple. En fin de compte, il est clair que la diaspora haïtienne a un rôle crucial à jouer dans le développement d’Haïti. Bien qu’ils vivent à l’étranger, ils ont un lien fort avec leur pays d’origine et ont une contribution économique significative à travers leurs envois de fonds. En outre, la diaspora haïtienne possède des compétences, des connaissances et des réseaux qui peuvent être bénéfiques pour Haïti. Malgré cela, il y a des obstacles bureaucratiques et administratifs qui empêchent la participation active de la diaspora haïtienne dans les affaires d’Haïti. Il est donc crucial que le Gouvernement haïtien travaille en étroite collaboration avec la diaspora haïtienne pour surmonter ces obstacles et créer un environnement favorable à leur participation. La participation de la diaspora haïtienne est essentielle pour construire un avenir meilleur pour tous les Haïtiens, où qu’ils se trouvent dans le monde. En travaillant ensemble, nous pouvons surmonter les défis et les obstacles pour construire un Haïti plus fort et plus prospère. NB: Lorsque je fais référence au gouvernement, veuillez noter que j’utilise une majuscule pour désigner le Gouvernement. Donc, je ne fais pas allusion aux individus irresponsables et incompétents qui occupent actuellem Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 3 ans et 1 mois

    "Mon pays que voici" d'Anthony Phelps, un poème de révolte et d'amour pour Haïti “Mon pays que voici” est un poème d’une grande puissance émotionnelle écrit par le poète haïtien Anthony Phelps, à la fin des années 1960. Ce poème, qui s’étend sur plusieurs pages, est un cri de douleur et de révolte pour la situation politique et sociale d’Haïti à l’époque, ainsi qu’un appel à l’amour et à la fierté pour le pays. Tout au long de ce texte, Phelps explore la complexité et la beauté de la culture haïtienne tout en soulignant les injustices et les souffrances subies par le peuple haïtien. Je continue ô mon pays ma lente marche de poèteun bruit de chaîne dans l’oreilleun bruit de houle et de ressacet sur les lèvres un goût de sel et de soleilJe continue ma lente marche dans les ténèbrescar c’est le règne des vaisseaux de mort Le poète décrit ici sa marche lente et pénible dans un pays en proie à la souffrance et à l’oppression. Le bruit des chaînes évoque l’esclavage et la soumission du peuple haïtien à des forces étrangères, tandis que le bruit de la mer rappelle les souffrances du peuple haïtien, confronté aux ravages de la nature ainsi qu’à la violence de l’homme. ”Mon pays que voici. Suivi de: les Dits du fou-aux-cailloux” P.J. Oswald, ”Mon pays que voici” (nouvelle édition : introduction de l’auteur, album photos et annexe). Mémoire d’encrier, 2007 La lutte des esclaves africains en Haïti Phelps dénonce également l’injustice et la violence du racisme, de l’esclavagisme et du colonialisme dans son poème. Il écrit : Ils sont venus à fond de caletes nouveaux fils à la peau noirepour la relève de l’Indien au fond des mines( Le dieu de l’Espagnol n’a point de préjugéspourvu que ses grands lieux de pierres et de prièressoient rehaussés de sa présence aux reflets jaunespeu lui importe la mainqui le remonte du ventre de la terre ) Et l’homme noir est arrivéavec sa force et sa chansonIl était prêt pour la relèveet prêt aussi pour le dépassement Sa peau tannée défia la trique et le suppliceSon corps de bronze n’était pas fait pour l’esclavagecar s’il était couleur d’ébènec’est qu’il avait connula grande plaine brûlée de liberté Dans ces vers, Phelps décrit l’arrivée des esclaves africains en Haïti et leur lutte pour la liberté. Il souligne la force et la détermination de ces hommes et femmes, qui ont résisté à la violence et à l’oppression de leurs maîtres, les colons Français de l’époque. Le poète évoque également la beauté de la culture haïtienne, qui s’exprime à travers la chanson et la danse. Extrait de « Mon pays que voici » d’Anthony Phelps, lu par l’auteur lui-même. Un pays qui souffre Tout au long du poème, Phelps évoque également la souffrance et la pauvreté qui règnent en Haïti, ainsi que la violence politique qui fait rage dans le pays. Il dénonce les dirigeants corrompus qui exploitent le peuple haïtien et laissent le pays dans la misère. LIRE AUSSI Haïti : L’emprise des groupes dominants sur une « économie de violence » Le poème est traversé par une douleur profonde, celle de voir son pays en proie à la violence, à la pauvreté et à l’oubli. Pour Phelps, Haïti est un pays qui souffre, un pays qui est en train de perdre son âme, un pays où la vie est en veilleuse. Cette douleur est palpable dans les vers du poème, où l’on ressent l’émotion intense de l’auteur face à la situation de son pays : Ô mon Pays si triste est la saisonqu’il est venu le temps de se parler par signesJe continue ma lente marche de Poèteà travers les forêts de ta nuitprovince d’ombre peuplée d’aphones Phelps ne cache pas sa colère face à la situation de son pays. Il dénonce les maux qui rongent la société haïtienne : la pauvreté, la corruption, la violence, la résignation, le manque d’éducation, le manque de respect des droits de l’homme. Il critique également le rôle joué par les puissances étrangères dans l’histoire d’Haïti, notamment les États-Unis, qu’il accuse de s’approprier les richesses du pays et de l’asservir. Il déplore l’oubli dans lequel sont tombées la Révolution haïtienne et les figures de Boisrond Tonnerre, de François Capois, d’Henri Christophe, de Toussaint Louverture et de Jean-Jacques Dessalines qui ont pourtant joué des rôles majeurs dans l’histoire de la libération des esclaves : À quoi bon ce passé de douleurs et de gloireet à quoi bon dix huit cent quatreÔ mon Pays je t’aime comme un être de chairet je sais ta souffrance et je vois ta misèreet me demande la rage au coeurquelle main a tracé sur le registre des nationsune petite étoile à côté de ton nom Combat et prise de la Crête-à-Pierrot, gravure de 1839 illustrant l’un des événements marquants de la révolution haïtienne. Crédit : Wikipedia Commons / Auguste Raffet “en vain donnèrent leur sang” Le poème est également empreint d’un profond désir de révolte et de changement. Phelps appelle à la résistance, à la rébellion contre l’oppression, à la réappropriation de l’histoire et de la culture haïtiennes. Il exprime le désir de voir son pays retrouver sa fierté, sa dignité et sa liberté, et de voir son peuple s’émanciper : Et ce fut Pierre SullyEt ce fut fort CapoisEt ce fut Marchaterre Le poème d’Antony Phelps évoque aussi les ravages de l’occupation américaine en Haïti, ainsi que la résistance et la persévérance du peuple haïtien face à cette intrusion étrangère. En vain sur une portefut crucifié Charlemagne Péralteet les cinq mille Cacosen vain donnèrent leur sangpar toutes leurs blessures Ces vers évoquent l’occupation américaine d’Haïti, qui a eu lieu entre 1915 et 1934. Antony Phelps fait référence à Charlemagne Péralte, un résistant haïtien qui s’est opposé à l’occupation et a été crucifié sur une porte par les forces américaines en 1919. Les “Cacos” font référence aux rebelles haïtiens qui ont lutté contre l’occupation. Le dieu vert des yankees était plus for que lesloas Peralte, au centre, la jambe fléchie, et son état-major photographiés, 1919, dans le nord d’Haïti. Crédit : Wikipedia Commons Le poème critique l’occupation américaine et souligne la résistance haïtienne face à cette intrusion étrangère. Le vers “Le dieu vert des yankees était plus fort que les loas” fait allusion à la suprématie américaine sur la culture haïtienne, représentée ici par les “loas », qui sont des esprits vénérés dans la religion vaudoue. Et tout fut à recommencerselon le rythme de leur vieselon leur lois leurs préjugés Et tout fut à recommencercar un matin ils sont venusces protecteurs vêtus de jaunenous enseigner avec la hontela délation et la servilité Le poème dénonce également les conséquences néfastes de l’occupation, telles que la destruction de la culture haïtienne et l’introduction de valeurs étrangères telles que “la délation et la servilité”. Les “protecteurs vêtus de jaune” font référence aux soldats américains, qui étaient souvent vêtus d’uniformes de cette couleur. LIRE AUSSI Lettre d’un migrant du « chemin Roxham » au Premier ministre du Québec Un symbole de la résistance “Mon pays que voici” est un poème qui exprime l’amour et la douleur de l’auteur face à la situation de son pays. À travers des images poétiques riches et des mots chargés d’émotion, Phelps dénonce les maux qui rongent la société haïtienne et appelle à la résistance et à la rébellion. Ce poème a inspiré de nombreux Haïtiens à travers les décennies, en particulier pendant les périodes sombres de l’histoire de leur pays. “Mon pays que voici” est devenu un symbole de la résistance et de la lutte contre l’injustice et la tyrannie. Les Haïtiens se reconnaissent dans les mots de Phelps et ont souvent utilisé ce poème pour exprimer leur propre amour pour leur pays et leur détermination à lutter pour un avenir meilleur. Phelps a également influencé d’autres écrivains haïtiens, qui ont continué à écrire sur les mêmes thèmes et à exprimer leur amour pour leur pays à travers leur travail. Aujourd’hui encore, “Mon pays que voici” est considéré comme l’un des poèmes les plus importants de l’histoire de la littérature haïtienne, un texte puissant qui incarne l’esprit de résistance et de rébellion qui a toujours animé le peuple haïtien. Flickr “Mon pays que voici” est un poème intemporel qui reflète malheureusement une situation toujours d’actualité en Haïti. La douleur exprimée par l’auteur face aux difficultés économiques, politiques et sociales qui minent le pays est toujours aussi pertinente aujourd’hui. Malgré les nombreux défis qui persistent, il est important de garder espoir et de continuer à lutter pour un avenir meilleur. Ce poème nous rappelle l’importance de la résistance et de la persévérance dans des temps aussi chaotiques et incertains. Enfin, “Mon pays que voici” est un poème qui reste d’actualité en raison de la situation chaotique actuelle d’Haïti. Les thèmes abordés, tels que la corruption, la pauvreté et la violence, sont toujours d’actualité dans le pays, et l’appel à la résistance reste pertinent aujourd’hui. Ce poème de Phelps est un témoignage poignant de l’amour et de la souffrance que peuvent éprouver les citoyens pour leur patrie, même dans les moments les plus difficiles. Il nous rappelle que la poésie peut être une force de résistance et de révolte contre l’injustice et l’oppression, et qu’elle peut inspirer les gens à se battre Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 3 ans et 1 mois

    Haïti : l'emprise des groupes dominants sur une « économie de violence » Dans son ouvrage intitulé “Haïti, une économie de violence” (Les Éditions Pédagogie nouvelle, S.A., 2019), l’économiste Fritz Alphonse Jean dévoile les rouages d’une économie gangrenée par la violence et le contrôle exercé par trois groupes dominants : la bourgeoisie traditionnelle, les entrepreneurs politiciens et les hauts fonctionnaires de l’État. Ce livre, qui a servi de base à nos recherches, met en lumière les mécanismes par lesquels ces groupes tirent profit des gangs armés pour protéger leurs intérêts, écraser la concurrence et influencer les élections. Le soutien des gangs armés devenu un bien économique précieux Le secteur traditionnel des affaires, les entrepreneurs politiciens et les grands commis de l’État, tels que les ministres et les directeurs généraux, sont les principaux acteurs de cette économie de violence. Les institutions de l’État captif, comme les administrations des douanes, des ports et les banques d’État, sont utilisées comme instruments pour servir les intérêts de ces groupes. Dans ce contexte, le soutien des gangs armés devient un bien économique précieux qui se répartit entre ces acteurs. Ces groupes dominants investissent dans les gangs armés pour assurer leur protection, contrôler des territoires, éliminer des concurrents, organiser des enlèvements, terroriser la population et détourner des marchandises appartenant à de petits commerçants. De plus, ils utilisent les gangs pour influencer les résultats électoraux, assurant ainsi leur emprise sur le pouvoir politique. Des sanctions ont été imposées par les États-Unis, la France et le Canada à certains politiciens et hommes d’affaires de la bourgeoisie haïtienne pour leur implication dans la création, l’armement et le soutien des activités criminelles des gangs. Ces sanctions révèlent l’ampleur de la collusion entre les élites et les gangs en Haïti. LIRE AUSSIComment lutter contre l’insécurité en Haïti ? Dans son livre, Fritz Alphonse Jean expose la situation “toxique” de l’État haïtien, prisonnier de cette violence armée. Toutefois, il évoque également l’espoir d’une transition vers un leadership économique partagé à l’ère numérique. Il appelle à déconstruire cette économie de violence pour entamer une transition vers une économie de prospérité partagée. Pour parvenir à cette transition, il est crucial de mettre fin à l’impunité dont jouissent les groupes dominants et de rétablir un État de droit. Cela nécessite des réformes profondes du système politique et économique haïtien, ainsi que la mobilisation de la société civile et de la communauté internationale pour soutenir la construction d’un avenir meilleur pour Haïti. Hotel Communal de Jacmel : wikimedia Les priorités à mettre en place pour une stabilité durable La route vers un avenir plus stable et prospère pour Haïti implique plusieurs étapes essentielles. Voici quelques-unes des mesures qui pourraient être mises en œuvre pour combattre l’économie de violence et favoriser une transition vers une économie de prospérité partagée. Renforcement de l’état de droit : L’établissement d’un système judiciaire indépendant et efficace est primordial pour lutter contre la corruption et l’impunité. La justice doit être en mesure de poursuivre et de sanctionner les individus impliqués dans des activités criminelles, y compris les élites et les membres des gangs. Réformes politiques : Il est nécessaire de mettre en place des réformes politiques pour assurer une gouvernance transparente et responsable. Cela inclut la promotion d’élections libres et équitables, la lutte contre le clientélisme et la corruption, ainsi que la décentralisation du pouvoir pour favoriser la participation citoyenne et l’autonomie des régions. Réformes économiques : La diversification de l’économie haïtienne et la promotion de l’investissement dans les secteurs productifs sont essentielles pour créer des emplois et générer de la croissance. Les politiques économiques doivent viser à réduire les inégalités, encourager l’entrepreneuriat et faciliter l’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises. Investissement dans l’éducation et la formation : L’amélioration du système éducatif est cruciale pour former une main-d’œuvre qualifiée et compétitive. Un investissement accru dans l’éducation, notamment dans les domaines des sciences, de la technologie et de l’innovation, est essentiel pour préparer Haïti à l’ère numérique et favoriser une économie de prospérité partagée. Renforcement de la sécurité publique : La réforme et la professionnalisation des forces de sécurité sont indispensables pour assurer la protection des citoyens et combattre les gangs armés. La coopération internationale peut jouer un rôle clé dans la formation et l’équipement des forces de sécurité haïtiennes. Soutien à la société civile : Le renforcement et la promotion de la société civile permettent de construire des institutions démocratiques solides et de promouvoir la participation citoyenne. Les organisations non gouvernementales et les acteurs locaux doivent être encouragés et soutenus pour qu’ils puissent jouer un rôle actif dans la transformation de la société haïtienne. Coopération internationale : La collaboration avec les partenaires internationaux est essentielle pour soutenir les réformes et assurer la mise en œuvre des mesures nécessaires pour démanteler l’économie de violence. Les partenaires internationaux doivent adopter une approche coordonnée et axée sur le développement durable pour aider Haïti à surmonter ses défis. Programmes de désarmement et de réinsertion : Un effort concerté pour désarmer et démanteler les gangs armés est essentiel pour rétablir la paix et la sécurité. Les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) peuvent aider à offrir des alternatives aux membres des gangs, en les formant et en les réinsérant dans la société, réduisant ainsi leur influence et leur présence. Promotion des droits de l’homme : Le respect des droits de l’homme doit être au cœur de toutes les initiatives visant à rétablir la stabilité et la prospérité en Haïti. Des mesures doivent être prises pour protéger les droits de l’homme, y compris la lutte contre les violences sexuelles et les abus envers les enfants, les femmes et les personnes vulnérables. Amélioration des infrastructures : Investir dans les infrastructures de base telles que l’eau potable, l’électricité, les routes, les écoles et les hôpitaux est crucial pour améliorer la qualité de vie des Haïtiens et favoriser le développement économique. Des infrastructures solides sont essentielles pour attirer des investissements étrangers et stimuler la croissance économique. Protection de l’environnement : Haïti doit également s’engager à protéger et à préserver son environnement. La déforestation, l’érosion des sols et les catastrophes naturelles ont un impact considérable sur la vie des Haïtiens. Il est essentiel de mettre en place des politiques environnementales durables et de promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Promotion de la culture et du tourisme : Haïti possède un riche patrimoine culturel et historique qui pourrait être mis en valeur pour stimuler le tourisme et favoriser le développement économique. La promotion de la culture haïtienne et la préservation des sites historiques contribueraient à renforcer l’identité nationale et à attirer des visiteurs du monde entier. Bogotá, Colombie : Pexels Des exemples inspirants pour Haïti En prenant ces mesures et en s’engageant résolument dans la voie du changement, Haïti peut transformer son économie de violence. Il est crucial que la société haïtienne et la communauté internationale travaillent main dans la main pour soutenir et encourager ces efforts, afin de permettre à Haïti de se relever et de bâtir un avenir meilleur pour ses citoyens. La situation en Haïti nécessite une action concertée pour mettre fin à l’économie de violence et favoriser une transition vers une économie de prospérité partagée. Des pays tels que la Colombie et le Rwanda, qui ont connu des problèmes similaires de violence et d’instabilité, peuvent servir d’exemples inspirants pour Haïti. LIRE AUSSILettre d’un migrant du « chemin Roxham » au Premier ministre du Québec La Colombie a réussi à réduire considérablement la violence liée aux cartels de la drogue et aux groupes armés grâce à des initiatives de paix, de réforme de la justice et de programmes de DDR (Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration). Le Rwanda, quant à lui, s’est reconstruit après un génocide dévastateur en investissant dans l’éducation, l’infrastructure et la réconciliation nationale. Ces exemples montrent qu’il est possible de surmonter de graves problèmes sociaux, politiques et économiques avec une volonté politique forte, un engagement de la société civile et un soutien international. Haïti a le potentiel de suivre le chemin de ces pays et de se réinventer en tant que nation résiliente, stable et prospère. Pour ce faire, il est essentiel de mettre en œuvre des réformes structurelles profondes, d’investir dans le développement humain et de s’engager dans une collaboration étroite avec la communauté internationale. En travaillant ensemble et en s’inspirant des réussites d’autres nations, Haïti peut surmonter ses défis et bâtir un avenir meilleur pour tous ses citoyens. Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 3 ans et 2 mois

    Le Québec : un joyau culturel et naturel à célébrer Aujourd’hui, je viens vous parler du Québec, un endroit merveilleux situé au nord de l’Amérique du Nord. En tant qu’Haitien d’origine, je suis fier de vivre au Canada et de pouvoir célébrer la diversité culturelle de notre pays. Cependant, je dois dire que le Québec a vraiment su capter mon attention et mon admiration. Tout d’abord, le Québec est une destination touristique de premier ordre, offrant une variété de paysages époustouflants, allant des montagnes enneigées aux lacs paisibles en passant par les villes animées. La vieille ville de Québec est un exemple parfait de l’architecture européenne dans un cadre nord-américain, tandis que Montréal est reconnue pour son dynamisme culturel et sa scène culinaire vibrante. De plus, le Québec est fier de ses racines françaises et célèbre fièrement sa culture avec des festivals tels que le Festival d’été de Québec et les FrancoFolies de Montréal. Cette fierté culturelle se reflète également dans les choix politiques du Québec, qui soutient activement la langue française et les communautés francophones à travers le pays. Le Québec a également un engagement fort en faveur de l’environnement, avec des politiques visant à protéger les forêts, les rivières et les lacs de la province. Les citoyens du Québec sont également très conscients de l’importance de la protection de l’environnement, et ils participent activement à des initiatives pour réduire leur empreinte écologique. Le Québec est un endroit incroyable, rempli de belles personnes, de paysages à couper le souffle et de cultures riches. Je suis fier de pouvoir célébrer la diversité de notre pays et d’avoir vécu dans une province aussi remarquable que le Québec. En outre, le Québec est également un endroit très accueillant pour les immigrants et les minorités. Les Québécois sont connus pour leur hospitalité et leur ouverture d’esprit, ce qui en fait un endroit idéal pour les personnes cherchant à s’installer dans une nouvelle ville ou un nouveau pays. Les communautés multiethniques prospèrent ici, et les programmes d’intégration sont conçus pour aider les nouveaux arrivants à s’installer et à s’intégrer à la société québécoise. Le Québec est également un leader en matière de protection des droits des travailleurs et de l’égalité des genres. La province a adopté des lois pour garantir l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, ainsi que des congés payés pour les travailleurs malades et pour les parents. De plus, le Québec a un système de santé publique solide qui assure une couverture médicale abordable à tous les citoyens. Enfin, le Québec a une scène artistique florissante, avec des artistes talentueux dans de nombreux domaines, tels que la musique, la danse, la peinture et le cinéma. Le Festival International de Jazz de Montréal est un exemple de la passion du Québec pour les arts, attirant des artistes du monde entier pour célébrer le jazz et les autres formes de musique. En résumé, le Québec est un endroit incroyablement riche en histoire, culture et traditions. C’est un lieu où les gens sont fiers de leur patrimoine et travaillent sans relâche pour le protéger et le perpétuer. Si vous n’avez jamais visité le Québec, je vous encourage vivement à le faire. Vous serez impressionné par la beauté de la province et la chaleur de ses habitants. En fin de compte, je suis extrêmement fier de pouvoir affirmer que je suis doublement chanceux : d’abord en tant qu’Haïtien, avec des racines profondes dans une culture riche et vibrante, et deuxièmement en tant que Canadien, bénéficiant de la qualité de vie exceptionnelle et des opportunités offertes par ce pays accueillant. Être en mesure de combiner ces deux identités m’a donné une perspective unique et m’a permis de vivre une vie riche et épanouissante. Je suis reconnaissant de ces chances et je suis fier de pouvoir les partager avec vous aujourd’hui. Vivre au Québec pendant quelques années a été une expérience extrêmement enrichissante pour moi. Cette province est un endroit où la culture est célébrée et valorisée, où les travailleurs sont protégés par des lois et des politiques justes, et où l’environnement est préservé pour les générations futures. De plus, les habitants du Québec sont connus pour leur accueil chaleureux et leur ouverture d’esprit, ce qui en fait un lieu idéal pour construire des relations durables et significatives avec les autres. Je suis profondément heureux de pouvoir partager mon admiration et mon amour pour la province du Québec avec vous. Bien que je réside actuellement en Ontario, une autre province aussi magnifique, je suis toujours fier de faire partie de la communauté dynamique et diversifiée du Québec. Mon expérience de vie là-bas a laissé une impression indélébile sur moi et a renforcé ma fierté d’être associé à cette région. Je continue à chérir les souvenirs et les liens que j’ai formés au Québec et je suis reconnaissant d’avoir eu la chance de faire partie de cette communauté Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 3 ans et 2 mois

    Comment lutter contre l'insécurité en Haïti ? L’insécurité en Haïti est un problème majeur qui affecte la vie quotidienne des citoyens et la croissance économique du pays. Les kidnappings et la violence des gangs armés sont des aspects importants de ce problème complexe. Comment y remédier ? Les kidnappings en Haïti sont devenus une industrie lucrative pour les criminels, qui enlèvent souvent des personnes en demandant une rançon élevée (avec environ 200 cas rapportés en 2020 selon le Département d’État américain). Les victimes sont souvent des citoyens ordinaires, mais des personnalités publiques et des membres de la communauté d’affaires sont également ciblés. La police haïtienne peine à fournir une protection adéquate et à faire face à ces crimes, ce qui laisse les citoyens vulnérables. La violence des gangs armés est un autre problème sérieux en Haïti. Les gangs sont souvent impliqués dans des activités criminelles telles que le trafic de drogue, la vente d’armes et le racket. La violence et la terreur exercées par les gangs ont un impact négatif sur la vie des citoyens, en particulier dans les quartiers défavorisés. Les autorités haïtiennes ont peu de moyens pour faire face à ce problème et les gangs continuent de prospérer, renforçant ainsi leur pouvoir et leur influence sur la société. Un problème politique, mais aussi économique La pauvreté et l’instabilité politique sont deux facteurs importants qui contribuent à l’insécurité en Haïti. La pauvreté économique et la faible qualité de vie laissent les citoyens vulnérables aux activités criminelles et à la violence des gangs. De plus, la corruption et l’absence de systèmes de justice fiables et efficaces affaiblissent la capacité des autorités à faire face à ces problèmes. Il est important de noter que l’insécurité en Haïti a également des répercussions négatives sur l’économie du pays. Les investissements étrangers sont freinés par l’incertitude quant à la sécurité et à la stabilité, ce qui entraîne un manque de croissance économique et un sous-développement. L’insécurité en Haïti est un problème complexe qui doit être abordé de manière efficace. Cela nécessite une coopération internationale pour renforcer les capacités de la police haïtienne, ainsi que la mise en œuvre de politiques économiques et sociales visant à améliorer les conditions de vie des citoyens. La lutte contre la pauvreté, la corruption et l’instabilité politique est également cruciale pour éradiquer la menace posée par les kidnappings et la violence des gangs armés en Haïti. Impliquer la communauté En plus de la coopération internationale et des politiques économiques et sociales, il est également important d’impliquer la communauté dans la lutte contre l’insécurité en Haïti. Les citoyens peuvent jouer un rôle clé en informant les autorités de tout comportement suspect ou criminel dans leur quartier. De plus, les initiatives communautaires peuvent aider à améliorer la qualité de vie des citoyens et à les rendre moins vulnérables aux activités criminelles. La formation et l’éducation sont également des moyens importants de lutter contre l’insécurité en Haïti. La formation de la police haïtienne pour améliorer leur capacité à faire face aux gangs armés et à prévenir les kidnappings peut être très utile. De plus, l’éducation des citoyens sur les dangers et les risques peut les sensibiliser à la nécessité de prendre des mesures pour assurer leur sécurité. Il est également important de noter que les médias peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre l’insécurité en Haïti. Les médias peuvent sensibiliser l’opinion publique aux problèmes liés à la sécurité, ce qui peut inciter les autorités à agir pour les résoudre. Les médias peuvent également diffuser des informations sur les moyens de prévention des kidnappings et de la violence des gangs, ce qui peut aider à protéger les citoyens. De l’importance de la coopération Enfin, il est important de souligner que la lutte contre l’insécurité en Haïti ne peut être menée efficacement sans une coopération et une coordination efficaces entre les différents acteurs concernés, notamment les autorités, les citoyens, les médias et les acteurs internationaux. Seulement en travaillant ensemble, nous pourrons faire progresser la sécurité en Haïti et améliorer les conditions de vie des citoyens. En résumé, l’insécurité en Haïti est un problème complexe qui nécessite une abordage global et efficace. La coopération internationale, la mise en œuvre de politiques économiques et sociales, l’implication de la communauté, la formation et l’éducation, ainsi que le rôle des médias sont tous des éléments importants de cette lutte. Nous devons travailler ensemble pour améliorer la sécurité en Haïti et créer un avenir meilleur pour les citoyens. Des habitants fuient certains quartiers de Port-au-Prince en raison de la violence causée par des gangs armés.Crédit : Pixabay S’attaquer aux racines profondes de la criminalité En outre, les activités économiques telles que l’agriculture, le tourisme et les investissements peuvent aider à renforcer la sécurité en Haïti. En créant des emplois et en stimulant l’économie, ces activités peuvent réduire la pauvreté et la criminalité, ce qui peut à son tour améliorer la sécurité. Il est également important de s’attaquer aux racines profondes de la violence et de la criminalité en Haïti. Les problèmes sociaux tels que la pauvreté, la discrimination et la marginalisation peuvent contribuer à la criminalité et à l’insécurité. En abordant ces problèmes à la source, nous pouvons aider à prévenir la criminalité et à renforcer la sécurité à long terme. Enfin, il est nécessaire de souligner que la justice et les systèmes de sécurité en Haïti doivent être renforcés pour lutter efficacement contre l’insécurité. Les autorités judiciaires et de sécurité doivent être équipées pour faire face aux défis complexes liés à la criminalité, y compris la lutte contre les gangs armés et les kidnappings. De plus, il est important de s’assurer que les lois et les politiques sont efficaces et que les criminels sont tenus responsables de leurs actions. En conclusion, la sécurité en Haïti est un défi complexe qui nécessite une abordage global et coordonné. La coopération internationale, l’implication de la communauté, la formation et l’éducation, ainsi que la stimulation de l’économie sont tous des éléments clés de la lutte contre l’insécurité en Haïti. En renforçant la justice et les systèmes de sécurité et en abordant les racines profondes de la violence et de la criminalité, nous pouvons renforcer la sécurité et améliorer les conditions de vie des citoyens haïtiens. Royal Decameron le Club Med d’Haïti, situé sur la plage de Côte des Arcadins, rencontre des problèmes de sécurité dus à la situation générale en Haïti.Crédit : Pixabay Sanctionner les criminels politiques Les politiciens, hommes d’affaires de la bourgeoisie et les leaders impliqués dans des activités criminelles peuvent être un obstacle important à la sécurité en Haïti. Les États-Unis et le Canada ont pris des mesures pour sanctionner certains politiques haïtiens soupçonnés d’avoir des liens avec les gangs armés et de participer à des activités criminelles. Les sanctions peuvent inclure la suspension de visas, le gel de comptes bancaires et d’autres mesures visant à limiter les activités financières et politiques des personnes concernées. Cependant, il est important de souligner que ces mesures ne sont efficaces que si elles sont appliquées de manière cohérente et impartiale. Les gouvernements doivent s’assurer que les sanctions sont fondées sur des preuves solides et que les politiques sont tenus responsables de leurs actions criminelles. De plus, les sanctions ne sont qu’un aspect de la lutte contre la criminalité en Haïti. Il est important de travailler sur des solutions durables pour aborder les racines profondes de la criminalité et de la violence en Haïti. Les leaders et les politiques impliqués dans des activités criminelles doivent être poursuivis en justice et tenus responsables de leurs actions. L’insécurité en Haïti, un défi complexe En fin de compte, le respect de la justice et de la responsabilité est crucial pour améliorer la sécurité en Haïti et éliminer les obstacles à la stabilité et à la prospérité du pays. Les politiques et les leaders doivent être des exemples pour la société et travailler ensemble pour construire un avenir plus sûr pour les citoyens haïtiens. En conclusion, l’insécurité en Haïti est un défi complexe qui affecte la vie quotidienne des citoyens haïtiens. La violence des gangs armés, les kidnappings et la criminalité en général sont des problèmes graves qui nécessitent une approche globale et coordonnée pour être résolus. Les gouvernements, la communauté internationale et la société haïtienne doivent travailler ensemble pour renforcer la sécurité et améliorer les conditions de vie des citoyens haïtiens. Cela nécessite des efforts continus pour renforcer la justice et les systèmes de sécurité, aborder les racines profondes de la violence et de la criminalité, stimuler l’économie et impliquer la communauté dans les efforts de sécurité. Les politiques et les leaders impliqués dans des activités criminelles doivent être tenus responsables de leurs actions et poursuivis en justice. Enfin, il est important de souligner que la coopération internationale est cruciale pour renforcer la sécurité en Haïti. Les États-Unis et le Canada, ainsi que d’autres pays, peuvent jouer un rôle important en fournissant une aide financière, une formation et un soutien technique pour améliorer la sécurité en Haïti. En travaillant ensemble, nous pouvons aider à construire un avenir plus sûr pour les citoyens haïtiens. _________________________________________________ L’article parle de l’insécurité en Haïti, un problème majeur qui affecte la vie quotidienne des citoyens et la croissance économique du pays. Les kidnappings et la violence des gangs armés sont des aspects importants de ce problème. Les chiffres suivants peuvent renforcer l’importance de ce problème : Selon les données de l’ONU, en 2018, le taux de mortalité violente en Haïti était de 18 pour 100 000 habitants, ce qui est très élevé par rapport à la moyenne mondiale de 7 pour 100 000 habitants.L’Organisation mondiale de la police (INTERPOL) a rapporté en 2019 que le nombre de kidnappings en Haïti a augmenté de 20% par rapport à l’année précédente.En 2020, l’ONG humanitaire World Vision a estimé que plus de 50% des enfants en Haïti vivent dans des zones contrôlées par des gangs armés.En Haïti, environ 40% de la population est considérée comme vivant sous le seuil de pauvreté, tandis que plus de 60% des travailleurs sont employés dans le secteur informel sans protection sociale. La taux de criminalité en Haïti est élevé, avec environ 100 meurtres par million d’habitants enregistrés en 2019. Le taux de résolution des crimes est faible, seulement environ 10% des crimes sont signalés aux autorités et moins de 1% aboutissent à une condamnation. Le système judiciaire et de sécurité en Haïti est considéré comme faible, avec des preuves de corruption et de partialité. (World Bank) Ces chiffres montrent l’ampleur de l’insécurité en Haïti et la nécessité d’une action efficace pour faire face à ce problème complexe. Comme mentionné dans l’article, il est important de noter que la coopération internationale, la mise en œuvre de politiques économiques et sociales, l’implication de la communauté, la formation et l’éducation, ainsi que le rôle des médias peuvent tous jouer un rôle clé dans la lutte co Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 3 ans et 2 mois

    Le froid intense au Canada : un défi et une fierté nationale (CC-pexels) Harrison Haines L’hiver rigoureux au Canada est un phénomène bien connu pour les habitants et les visiteurs du pays. Les températures extrêmement basses peuvent rendre les activités quotidiennes difficiles et parfois dangereuses. La température ressentie peut facilement chuter jusqu’à -30 degrés Celsius, et lorsque les vents sont forts, cela peut être encore plus pénible. Vendredi dernier, le pays a connu une journée particulièrement froide. La température ressentie a atteint près de -45 degrés Celsius en raison des vents intenses. Cela a rendu les activités extérieures presque impossibles, et de nombreuses personnes ont préféré rester à l’intérieur pour éviter de subir les effets du froid intense. Survivre aux hivers rigoureux Le froid intense peut avoir des conséquences graves pour la santé, en particulier pour les personnes âgées et les personnes souffrant de certaines conditions médicales. Les symptômes tels que les engelures, les hypothermies et les problèmes respiratoires peuvent survenir rapidement en cas d’exposition prolongée au froid. Il est donc important de s’habiller en conséquence et de limiter les activités extérieures lorsque les températures sont très basses. Le gouvernement canadien et les organisations locales prennent des mesures pour aider les personnes à faire face aux conditions hivernales difficiles. Des abris temporaires sont souvent mis en place pour les personnes sans abri, et des programmes de transport en commun gratuits ou à prix réduits sont mis en place pour permettre aux gens de se déplacer en toute sécurité. Si le froid intense au Canada peut être difficile à gérer, les habitants et les visiteurs sont bien préparés pour faire face aux conditions difficiles. En prenant les précautions nécessaires, les gens peuvent continuer à mener une vie normale même lorsque les températures chutent considérablement. Préparation, précautions et plaisirs hivernaux (CC-pexels) Harrison Haines : ville de Toronto en Hiver En hiver, les villes canadiennes prennent des mesures pour gérer les conditions difficiles. Les services de déneigement travaillent dur pour dégager les rues et les trottoirs, ce qui permet aux gens de se déplacer en toute sécurité. Les conducteurs doivent également s’adapter aux conditions hivernales, en utilisant des pneus d’hiver et en roulant avec prudence lorsque les routes sont glissantes. Les activités hivernales, telles que le ski, le patinage et la pêche sur glace, sont des activités populaires au Canada. Cependant, il est important de prendre des précautions supplémentaires lors de ces activités pour éviter les accidents et les problèmes de santé. Les participants doivent s’habiller de manière appropriée, en portant des vêtements chauds et étanches, et en prenant des pauses fréquentes pour se réchauffer. Le froid intense peut également avoir des répercussions sur les infrastructures, telles que les routes, les ponts et les bâtiments. Les dégâts causés par le gel et la dégelation peuvent être considérables, ce qui peut rendre les routes impraticables et entraîner des perturbations de la circulation. Les gouvernements locaux et les entreprises prennent des mesures pour minimiser les effets du froid sur les infrastructures, telles que l’utilisation de produits antigel et la mise en place de systèmes de chauffage pour les routes. En fin de compte, le froid intense est un aspect important de la vie au Canada en hiver. Les habitants et les visiteurs doivent être préparés pour faire face à ces conditions difficiles, en prenant les précautions nécessaires pour protéger leur santé et leur sécurité. Cependant, malgré les défis, de nombreuses personnes apprécient la beauté de l’hiver au Canada et les activités hivernales qui y sont associées. Le froid intense, une partie intégrante de l’identité canadienne (CC-pexels) Designecologist L’industrie touristique canadienne profite également de l’hiver. De nombreux touristes viennent pour vivre des activités hivernales telles que le ski, la patinoire et les sports de neige. Les stations de ski du pays attirent des visiteurs du monde entier pour leur paysage enneigé et leurs pistes de ski de qualité supérieure. De plus, de nombreuses destinations touristiques offrent des activités telles que les promenades en traîneau à chiens, les randonnées en raquettes et les croisières en mer boréale pour permettre aux visiteurs de profiter de l’environnement hivernal. Le froid intense peut également entraîner des perturbations pour les entreprises locales, ce qui peut entraîner des pertes financières. Les entreprises de transport peuvent également subir des retards en raison des conditions météorologiques, ce qui peut perturber les activités commerciales. Les gouvernements locaux prennent des mesures pour minimiser les répercussions sur les entreprises, telles que la mise en place de programmes de soutien financier pour les petites entreprises. Malgré les défis, le froid intense au Canada est un aspect important de la vie dans le pays et est largement accepté par les habitants et les visiteurs. De plus, le froid intense contribue à faire du Canada un pays unique, avec un environnement hivernal distinct et des activités hivernales passionnantes. En fin de compte, le froid intense fait partie intégrante de l’identité canadienne et reste un aspect important de la vie dans le pays. En conclusion, le froid intense au Canada peut être difficile à gérer, mais les habitants et les visiteurs sont bien préparés pour faire face aux conditions difficiles. Avec les précautions nécessaires, les gens peuvent continuer à mener une vie normale même lorsque les températures chutent considérablement. Le froid intense est un aspect important de l’identité canadienne et contribue à faire du pays un endroit unique et attrayant pour les habitants et les visiteurs.- _____________________________________________ Quelques notes statistiques : La température moyenne en hiver dans les régions les plus froides du Canada peut atteindre jusqu’à environ -20 degrés Celsius. La température ressentie peut facilement chuter jusqu’à -30 degrés Celsius pour atteindre près de -45 degrés Celsius en raison des vents intenses. (MétéoMédia)Les journées les plus froides de l’année ont tendance à se produire en janvier et février. (Environnement et Changement climatique Canada)La majorité de la population canadienne habite dans les régions les plus froides du pays. (Statistique Canada)Les personnes âgées représentent environ 15% de la population canadienne et sont plus à risque de souffrir des effets du froid intense sur la santé. (Institut national de santé publique du Québec) Environ 20% des hospitalisations en hiver sont causées par des problèmes de santé liés au froid. (Santé Canada)Les perturbations de la circulation en hiver peuvent entraîner des retards de plusieurs heures sur les routes et les autoroutes, en raison de la neige et de la glace. (Transport Canada)Les activités hivernales, telles que le ski et la pêche sur glace, peuvent rapporter des milliards de dollars à l’économie canadienne ch Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 5 ans et 3 mois

    Kamala Harris pourrait devenir la première femme présidente des États-Unis Le panorama politique des États-Unis, en ce début d’année 2021, est marqué par des tensions palpables et des événements tumultueux. L’élection présidentielle récente, vivement contestée par des allégations de fraude, a engendré une série de violences, culminant avec l’assaut sur le Capitole, un épisode qui a secoué la nation et le monde. La présidence de Joe Biden, bien que soutenue par une longue carrière au sein de diverses fonctions exécutives, pose des questions légitimes quant à la durabilité de son mandat. À 78 ans, Biden est le chef d’État le plus âgé à avoir jamais pris les rênes du pays. Cette réalité, inévitablement, soulève des préoccupations quant à ses capacités à mener à bien ses fonctions sur une période de quatre ans, surtout dans le contexte actuel de pandémie mondiale. Comparativement, Donald Trump, à son investiture, affichait 70 ans au compteur. Si pour certains l’âge avancé de Biden peut sembler anodin, il est crucial de reconnaître que cette tranche d’âge augmente considérablement les risques associés à des conditions de santé graves, en particulier en temps de crise sanitaire. Ce même facteur de vulnérabilité affecterait également Trump, renforçant l’argument selon lequel l’âge des dirigeants ne peut être ignoré dans le climat actuel. Les yeux du monde sont aujourd’hui fixés sur Joe Biden, dont la présidence représente un espoir de stabilité et de réconciliation après une période de divisions profondes. Toutefois, il est impératif de ne pas occulter la réalité : les quatre prochaines années pourraient être parsemées d’événements imprévus et de défis inattendus. Dans ce contexte, Kamala Harris, la vice-présidente, émerge comme une figure de premier plan, possiblement appelée à jouer un rôle encore plus central. Kamala Harris, ancienne procureure générale de Californie et sénatrice, a marqué l’histoire en devenant la première femme, ainsi que la première personne d’origine afro-américaine et sud-asiatique, à occuper le poste de vice-présidente. Sa présence à la Maison-Blanche symbolise un tournant significatif et ouvre la voie à une potentielle présidence féminine, un fait inédit dans l’histoire américaine. L’éventualité de voir Harris accéder à la présidence est loin d’être une simple spéculation. Les vicissitudes politiques et personnelles peuvent modifier le cours de la gouvernance. L’histoire récente nous rappelle que des scénarios imprévus peuvent rapidement transformer le paysage politique. Ainsi, Harris se trouve dans une position où elle pourrait, par nécessité ou par destin, devenir la première femme à diriger les États-Unis. L’ascension de Kamala Harris n’est pas simplement une question de succession potentielle ; elle incarne également une vision progressiste et inclusive pour l’avenir du pays. Sa carrière politique est marquée par des positions fermes sur des sujets cruciaux tels que la réforme de la justice pénale, la lutte contre les inégalités raciales et de genre, ainsi que des politiques économiques visant à soutenir les classes moyennes et défavorisées. Si l’avenir de la présidence Biden est teinté d’incertitudes, il est indéniable que Harris représente une continuité potentielle qui pourrait rassurer une partie de l’électorat américain, tout en apportant une perspective nouvelle et dynamique. Sa capacité à naviguer dans les eaux tumultueuses de la politique contemporaine, ainsi que son expérience acquise au fil des ans, font d’elle une candidate sérieuse pour la présidence. Alors que nous avançons dans cette nouvelle phase de l’histoire politique américaine, il est crucial de garder à l’esprit la possibilité d’un changement à la tête du pays. La présidence de Joe Biden, bien qu’elle débute sous des auspices complexes, pourrait voir émerger Kamala Harris comme une figure centrale. Son potentiel à devenir la première femme présidente des États-Unis est un développement qui mérite notre attention et notre réflexion. En ces temps incertains, espérons le meilleur pour l’administration Biden tout en étant conscients des réalités du futur. Kamala Harris, avec sa résilience et sa détermination, se tient prête à marquer l’histoire, offrant un symbole puissant de progrès et de changement pou Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 8 ans et 6 mois

    Le Goût des jeunes filles de Dany Laferrière : une célébration des souvenirs et de la jeunesse Dany Laferrière est un conteur hors pair, un écrivain qui mêle l’autobiographie à la fiction avec une grâce et une sensibilité qui transcendent les frontières de la littérature. Le Goût des jeunes filles, publié initialement en 2005 chez Grasset, est un bijou de son œuvre. Ce roman, à la fois tendre et audacieux, nous plonge dans un Port-au-Prince de 1968 marqué par la dictature du régime Duvalier, tout en célébrant l’effervescence de la jeunesse, l’éveil du désir et les ombres qui enveloppent ces moments d’insouciance apparente. Le Goût des jeunes filles a été réédité en format poche par les éditions Zulma le 19 octobre 2017. Cette édition offre une nouvelle opportunité de découvrir ou redécouvrir ce chef-d’œuvre de la littérature haïtienne contemporaine. Un titre évocateur, une œuvre immersive Le titre du roman évoque à la fois une douceur nostalgique et une curiosité proustienne. Pourtant, le récit de Laferrière est tout sauf une simple exploration de la mémoire. Il s’agit d’un plongeon dans un Port-au-Prince oppressant où la vie continue, malgré les tontons macoutes qui rôdent, les arrestations arbitraires et les disparitions. La jeunesse, cette force indomptable, est au cœur de ce récit. Le narrateur, double fictif de l’auteur, nous transporte dans son adolescence, au moment où il découvre l’amour, le désir, et les nuances de la féminité. Ces jeunes filles, provocantes et libres, incarnent une vitalité qui défie les règles d’une société marquée par l’oppression. À travers elles, Laferrière dresse le portrait d’une génération qui rêve et vit malgré tout. L’une des grandes forces de Le Goût des jeunes filles réside dans son observation minutieuse des relations sociales et des dynamiques de classe. Laferrière oppose subtilement les différentes couches de la société haïtienne : d’un côté, Marie-Michèle, issue d’un milieu bourgeois, bien élevée et protégée ; de l’autre, les filles de la rue, ces figures puissantes et indomptables, dont l’arrogance dissimule la fragilité. À travers ces personnages féminins, l’auteur déconstruit les idées reçues sur la féminité et le désir. Ces jeunes femmes, audacieuses et sensuelles, ne se contentent pas d’être des objets de fascination. Elles sont actrices de leur propre histoire, même si leur liberté apparente est parfois illusoire. Leur sensualité et leur insouciance sont un moyen de résister à la peur omniprésente. Cependant, derrière leur façade insouciante se cache une réalité plus sombre : leur fragilité face à des hommes souvent violents et opportunistes, soumis aux ordres d’un régime tyrannique. L’art du contraste : entre l’érotisme et la terreur L’écriture de Laferrière, toujours marquée par une impertinence savoureuse, se déploie ici dans un registre qui mêle érotisme et gravité. Chaque page est traversée par un contraste saisissant entre la chaleur du désir et le froid de la terreur. La dictature de Duvalier, omniprésente, sert de toile de fond au récit. Pourtant, ce contexte historique ne prend jamais le dessus sur la célébration des instants de grâce et de beauté. Les chapitres, introduits par des titres poétiques inspirés de Magloire Saint-Aude, renforcent cette tension. Le lecteur est invité à savourer les moments fugaces de liberté tout en étant constamment rappelé au poids du contexte politique. C’est cette dualité qui rend le roman si puissant : la coexistence de la lumière et des ténèbres, de l’insouciance et de l’horreur. Sous ses airs de chronique nostalgique, Le Goût des jeunes filles est également une critique sociale acerbe. Laferrière pointe du doigt la bourgeoisie haïtienne, qui se protège de la misère ambiante tout en exploitant le peuple. Marie-Michèle, bien qu’attachante, est un symbole de cette classe privilégiée, incapable de comprendre pleinement les réalités des jeunes filles de la rue. En filigrane, le roman est aussi un hommage à la littérature haïtienne et à ses figures emblématiques. Si Magloire Saint-Aude est présent comme un guide poétique, Laferrière ne manque pas de dénoncer la compromission de certains intellectuels face au pouvoir. Cette réflexion sur le rôle de l’écrivain dans une société en crise ajoute une profondeur supplémentaire à l’œuvre. Une écriture sensuelle et audacieuse L’écriture de Laferrière est un pur délice. Elle allie une simplicité apparente à une richesse sensorielle qui immerge le lecteur dans l’atmosphère de Port-au-Prince. Les descriptions sont vivantes, presque tactiles. On ressent la chaleur des ruelles, le frisson des rencontres interdites, l’angoisse diffuse qui plane sur chaque moment de bonheur. Mais ce qui distingue véritablement l’écriture de Laferrière, c’est son humour. Un humour parfois insolent, souvent tendre, qui éclaire même les moments les plus sombres. Cet équilibre entre légèreté et gravité est la marque de fabrique de l’auteur, et Le Goût des jeunes filles en est un exemple éclatant. Le Goût des jeunes filles a été accueilli avec enthousiasme par la critique et les lecteurs. Ce roman s’inscrit dans une œuvre plus vaste qui a valu à Laferrière de nombreux prix et distinctions, dont son entrée à l’Académie française en 2013. Bien que ce livre ne soit pas explicitement récompensé par des prix majeurs, il a contribué à asseoir la réputation de l’auteur comme l’une des voix les plus importantes de la littérature francophone contemporaine. Le Goût des jeunes filles c’est une célébration de la jeunesse, de la féminité, et de la capacité de l’humain à trouver des éclats de lumière au cœur des ténèbres. Dany Laferrière y déploie tout son talent pour capturer l’essence de ces moments fugitifs qui façonnent une vie. Avec ce récit, il nous rappelle que même dans les contextes les plus difficiles, il existe toujours des instants de grâce, des souvenirs précieux qui nous accompagnent pour toujours. Une lecture incontournable pour quiconque veut comprendre la profondeur de l’œuvre Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 9 ans et 6 mois

    Les racines profondes de notre mal-être Nous nous interrogeons souvent sur les causes profondes de notre mal-être. Parfois indifférents aux souffrances des autres, nous pouvons même ressentir une certaine satisfaction à les voir souffrir. Toutefois, un pays ne peut être bâti sur des mensonges ni sur l’imposition de modes de vie par un parti dominant. Une société véritablement prospère se fonde sur le respect des libertés individuelles. Peut-être ignorons-nous la conscience collective qui s’efface, mais il est crucial de défendre avec détermination les opinions favorisant l’émergence de la démocratie, de l’état de droit et de la culture du respect. Nous devons condamner fermement les valeurs contraires à une gouvernance éthique. Leçons de l’Histoire L’histoire nous enseigne que la résolution des conflits régionaux a toujours été obtenue en rejetant la solution universelle imposée par un seul parti politique et en acceptant les idées de toutes les classes de la société. Par exemple, l’évolution démocratique en Afrique du Sud a été marquée par l’acceptation des idées de diverses communautés, allant au-delà de l’apartheid vers une société inclusive. Cela nécessite de reconnaître que nos idées ne sont pas les seules valables pour construire une nouvelle société. En procédant ainsi, nous évitons les erreurs du passé et nous libérons de notre honteux héritage. Nos idées ne sont que le fruit de moments de réflexion personnelle, à condition que nous en ayons la capacité. La menace de la censure Nous nous demandons parfois pourquoi les dictateurs cherchent à réduire au silence les opposants. Bien qu’il n’y ait pas de réponse définitive, deux hypothèses peuvent être avancées. La première est que ce que l’autre a l’intention de dire n’est pas bon. Cependant, même une opinion jugée mauvaise mérite d’être entendue, car aucun point de vue n’est totalement dénué de sens. Ce n’est pas du nihilisme que de rejeter l’idée que tout point de vue peut être utile. Ce n’est pas non plus un plaidoyer en faveur de l’émergence d’idées extrémistes prônant la violence et la haine. Il s’agit plutôt d’appeler à la tolérance et à l’acceptation de l’autre et de ses valeurs. Par exemple, les idées de Copernic sur l’héliocentrisme ont été vivement contestées à son époque, mais aujourd’hui, elles sont considérées comme des vérités scientifiques fondamentales. Même si l’opinion de l’autre est mauvaise, il n’y a aucune justification à bâillonner sa voix et à le réduire au silence. Qui peut dire que ces mêmes idées rejetées ne seront pas considérées comme des vérités absolues dans cent ans ? La liberté d’expression, un pilier de la démocratie Il est essentiel de se rappeler que la liberté d’expression est un droit fondamental qui doit être protégé et respecté dans une société démocratique. Cela signifie que tout individu a le droit de s’exprimer librement sur ses opinions et ses croyances sans crainte de répression ou de punition. Cependant, ce droit ne doit pas être abusé pour diffuser de la haine, de l’intolérance ou des appels à la violence. La société doit maintenir un équilibre entre la protection de la liberté d’expression et la préservation de la paix et de la sécurité publique. Construire une société respectueuse et juste Le mal-être peut être combattu en faisant preuve de respect, de tolérance et de compréhension envers les opinions et les souffrances des autres. Une société doit être construite sur des valeurs démocratiques et des principes d’état de droit promouvant la liberté individuelle et le respect de la diversité. Il est important de ne pas ignorer la conscience collective et de défendre avec fermeté les opinions favorables à l’émergence d’une société juste et libre. La liberté d’expression est une valeur fondamentale pour la construction d’une société démocratique respectueuse des libertés individuelles. Elle implique le droit à l’expression de toutes les opinions, même celles qui peuvent être considérées comme erronées ou injustes. En limitant la liberté d’expression, on risque de restreindre le développement d’une conscience collective et de nier la pluralité des points de vue. Il est donc impératif de protéger cette liberté et de lutter contre toute forme de censure qui vise à l’entraver. La société doit être ouverte à l’écoute de toutes les voix pour éviter les erreurs du passé et construire une nouvelle Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 9 ans et 9 mois

    L’Odeur du café de Dany Laferrière : un hommage à la mémoire et à l'enfance Dans L’Odeur du café, Dany Laferrière nous transporte dans un univers où la mémoire et l’enfance deviennent des terrains fertiles pour l’écriture. À travers les yeux d’un enfant de dix ans, l’auteur capte l’essence de moments ordinaires mais profondément marquants. Ces souvenirs ne sont pas figés, ils vivent, évoluent et résonnent dans l’esprit du lecteur, comme une mélodie nostalgique. Chaque détail – l’arôme du café, les gouttes de pluie sur la terre, le bruissement des cocotiers – témoigne de la richesse des sensations et des émotions qui imprègnent l’enfance. “J’ai écrit ce livre pour toutes sortes de raisons.Pour faire l’éloge de ce café (le café des Palmes) que Da aime tant et pour parler de Da que j’aime tant.Pour ne jamais oublier cette libellule couverte de fourmis.Ni l’odeur de la terre.Ni les pluies de Jacmel.Ni la mer derrière les cocotiers.Ni le vent du soir.Ni Vava, ce brûlant premier amour.Ni Auguste, Frantz, Rico, mes amis d’enfance.Ni Didi, ma cousine, ni Zina, ni Sylphise, la jeune morte, ni même ce bon vieux Marquis.Mais j’ai écrit ce livre surtout pour cette seule scène qui m’a poursuivi si longtemps : un petit garçon assis aux pieds de sa grand-mère sur la galerie ensoleillée d’une petite ville de province.Bonne nuit, Da !” Laferrière démontre avec brio que l’enfance est une source inépuisable d’inspiration. Son approche n’est ni idéalisée ni cynique, mais profondément humaine. Il évoque avec délicatesse les bonheurs simples et les premières confrontations avec la complexité du monde. Ce regard d’enfant devient une lentille à travers laquelle il examine des thèmes plus vastes comme l’amour, la perte et la transmission. En ancrant son récit dans l’univers de Petit-Goâve, il réussit à raconter une histoire personnelle tout en touchant à l’universel. Un café comme fil conducteur L’arôme du café traverse le récit comme une métaphore du temps, du lien humain et de la transmission. Dans ce livre, le café n’est pas qu’une simple boisson : il devient un symbole de connexion. Partager une tasse de café, c’est créer un moment d’intimité, suspendre le temps et permettre aux récits de jaillir. Ce rituel est incarné par Da, la grand-mère de l’auteur, dont la sagesse et la bienveillance marquent chaque page. Sa galerie devient un théâtre de la vie où le café est l’acteur principal. “Da m’a pris le sachet des mains, l’a ouvert et est restée longtemps à respirer le café. Elle m’a regardé et a souri avant d’en prendre une pincée pour la déposer sur sa langue.Da a fermé les yeux.” À travers ce symbole, Laferrière explore également la question du silence et de la parole. Le café n’est pas seulement prétexte à la conversation, il accompagne aussi les moments de silence. Ces silences, pleins de sens, permettent à la mémoire de s’épanouir. Ils reflètent une certaine philosophie de la vie, où l’essentiel se trouve dans l’écoute et l’attention portée aux autres. Ce geste simple de Da – offrir une tasse de café – devient une offrande sacrée, un moyen de créer du lien dans un monde souvent fragmenté. “Un autre silence. Da aspire une bonne bouffée d’air, se cale encore plus profondément dans sa chaise et ferme, un bref instant, les yeux.– Veux-tu une tasse de café, Augereau ?– Avec plaisir, Da.Augereau respire le café un bon coup avant de prendre sa première gorgée. Le reste, c’est l’affaire du temps.” Ce café des Palmes, évoqué avec tant d’amour, symbolise aussi la permanence face à l’éphémère. Dans un monde en mutation, où les souvenirs risquent de s’effacer, il reste une ancre, une manière de rappeler que certaines choses – comme l’odeur du café – transcendent le temps. Une galerie de personnages attachants Les personnages de Petit-Goâve ne sont pas de simples figurants : ils constituent l’âme de ce récit. Chacun d’eux est décrit avec une profondeur qui les rend inoubliables. Marquis, le chien qui déteste les pneus, devient un symbole des blessures invisibles que la vie inflige. Camelo, star de l’Aigle noir, reflète l’aspiration à l’excellence et l’admiration collective. Même les personnages les plus modestes, comme le docteur Cayemitte, ajoutent une touche d’authenticité au tableau. “D’après Zette, il paraît que Galbaud se laisse mener par sa voiture.– Sa femme l’a toujours mené par le bout du nez aussi, Da.– Une auto n’est pas une femme, Zette.– Oui Da, mais un homme reste toujours un homme.– C’est vrai, ça.” Laferrière excelle dans l’art de rendre ces personnages universels tout en les ancrant dans leur contexte haïtien. Chacun porte une part de sagesse, d’humour ou de douleur qui enrichit le récit. Par exemple, les dialogues entre Da et Zette sont empreints d’une ironie savoureuse, révélant les dynamiques sociales et culturelles de l’époque. Cette diversité de voix et de personnalités reflète une mosaïque humaine où chaque pièce a sa place. Une écriture poétique et sensorielle L’écriture de Dany Laferrière est un chef-d’œuvre de concision et de sensibilité. Avec peu de mots, il parvient à évoquer des images puissantes et des émotions profondes. Sa prose, parfois proche de la poésie, invite le lecteur à ralentir, à savourer chaque phrase comme une gorgée de café chaud. Chaque chapitre est une vignette, un instantané qui capture l’essence d’un moment ou d’un sentiment. Cette approche fragmentaire, semblable à un album-photo, renforce le caractère intime du récit. “Selon Da, on est vraiment mort quand il n’y a plus personne pour se rappeler notre nom sur cette terre.” Ce style poétique n’est pas seulement esthétique ; il est profondément évocateur. Les odeurs, les sons et les textures se mêlent pour recréer un monde vivant. Par exemple, l’évocation des pluies de Jacmel ou de la mer derrière les cocotiers transporte immédiatement le lecteur dans l’univers de l’auteur. Cette richesse sensorielle donne au texte une qualité immersive, presque cinématographique. Un récit universel sous une trame haïtienne Bien que profondément enraciné dans la culture haïtienne, L’Odeur du café aborde des thèmes qui résonnent bien au-delà des frontières. L’enfance, la mémoire, la transmission : ces thèmes sont universels, et Laferrière les traite avec une sensibilité qui transcende les particularités culturelles. Cependant, il ne fait jamais abstraction du contexte haïtien, enrichissant ainsi le récit d’une profondeur historique et culturelle unique. La Haïti des années 1960, telle que dépeinte dans le livre, est un personnage à part entière. Les paysages, les sons et les odeurs de Petit-Goâve deviennent des témoins silencieux des récits de l’auteur. Cette attention aux détails géographiques et culturels ancre le récit dans une réalité tangible, tout en laissant entrevoir les tensions sociales et politiques qui sous-tendent cette époque. En cela, Laferrière réussit un équilibre remarquable. Il célèbre la richesse de sa culture tout en s’adressant à une audience mondiale. Ce double regard, à la fois local et universel, est une des forces majeures de son écriture. Il rappelle que, quelles que soient nos origines, nous partageons tous le besoin de préserver Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 ans

    Port-au-Prince cristal fragmenté La mort, tel un faucon plane. Elle guette ses proies, de tout son poids. Port-au-Prince cristal fragmenté Se réveille chaque jour pleurant un fils un inconnu abattu par la nuit. Par un pistolet. Par une, par deux, par trois cartouches froids comme les yeux de leurs porteurs. Ont pénétré dans la maison semant le deuil. Sont repartis calmes. Sont repartis avec sécurité. Laissant un concert de mou Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 ans et 7 mois

    L'Énigme du retour de Dany Laferrière : le chef-d'œuvre qui transcende les frontières Lorsqu’on apprend la mort d’un père qu’on n’a presque pas connu, le voyage vers la terre natale devient bien plus qu’un simple retour. Il se transforme en une quête silencieuse, où chaque pas rapproche autant de l’absence que de la mémoire. C’est ce chemin douloureux et lumineux que Dany Laferrière nous invite à parcourir dans L’Énigme du retour, un récit qui transcende les frontières pour toucher l’essence même de la condition humaine. Dans L’Énigme du retour, Dany Laferrière déploie une œuvre magistrale, hybride entre poésie et prose, qui transcende les genres pour interroger les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’identité. Ce roman publié en 2009 lui a valu le prestigieux Prix Médicis, une reconnaissance méritée pour une œuvre qui captive par sa beauté formelle et la profondeur de ses réflexions. L’histoire d’un retour introspectif Le récit s’ouvre sur une nouvelle lourde de symboles : la mort du père, exilé à New York. Cet événement pousse le narrateur, lui-même expatrié au Canada depuis trente ans, à retourner en Haïti pour annoncer la nouvelle à sa mère. Mais ce retour n’est pas seulement géographique : c’est une quête introspective, une plongée dans les méandres de la mémoire et une confrontation avec un pays qui, tout en restant familier, semble s’être métamorphosé. Le narrateur suit les traces de son père, un homme qu’il n’a que peu connu, dont l’image reste floue. L’exil avait transformé ce dernier en une figure quasi mythique, rongée par la solitude et le déracinement. À travers les rencontres avec les anciens amis de son père et l’exploration des lieux empreints de souvenirs familiaux, le narrateur reconstruit un puzzle complexe : celui d’un héritage affectif et identitaire. Une écriture à fleur de peau L’écriture de Dany Laferrière, déjà reconnue pour sa sensualité et sa finesse, atteint ici un sommet. Structurée en courts poèmes qui scandent les chapitres, L’Énigme du retour se distingue par sa musicalité et sa capacité à capter l’essence des émotions avec une économie de mots. Chaque fragment semble être taillé dans une langue limpide, où la poésie ne surcharge pas le propos mais en devient la force motrice. Laferrière évoque un Haïti dévasté par la dictature, la pauvreté et la corruption, mais aussi un Haïti débordant de vie et de résilience. Ses descriptions, qu’elles soient sensorielles ou critiques, capturent à la fois l’essence d’une terre aimée et la brutalité de ses réalités. Comme il l’écrit lui-même : « Aujourd’hui à cinquante-six ans, je réponds non à tout. Il m’a fallu plus d’un demi-siècle pour retrouver cette force de caractère que j’avais au début. La force du non. Faut s’entêter. Se tenir debout derrière son refus. Presque rien qui mérite un oui. Trois ou quatre choses au cours d’une vie. Sinon il faut répondre non sans aucune hésitation. » Un roman de l’exil et de l’identité Au cœur de ce roman, l’exil est omniprésent. Il n’est pas seulement physique, mais aussi spirituel. Le narrateur se décrit comme un déraciné, ni tout à fait d’ici, ni tout à fait d’ailleurs. L’exil n’est pas uniquement une question de géographie : c’est une déchirure intérieure, un sentiment d’entre-deux qui affecte la perception de soi et du monde. Laferrière explore ainsi la complexité du lien à la terre natale, entre attachement viscéral et regard critique. À travers les figures du père, du narrateur et du jeune neveu, également nommé Dany Laferrière, le roman déploie une mise en abyme intergénérationnelle. Ces trois personnages incarnent différentes facettes de l’exil : le père exilé par contrainte, le narrateur qui fuit la dictature et le neveu, rêveur, qui aspire à autre chose. Cette confrontation des trajectoires dessine un tableau universel des défis de l’immigration et des quêtes identitaires. La force de la poésie dans le récit Si la poésie est au cœur du roman, ce n’est pas pour atténuer la dureté des réalités décrites, mais pour les rendre plus palpables. Laferrière mêle des réflexions philosophiques à des observations concrètes, donnant à son récit une portée universelle. Par exemple, il aborde la thématique de la faim, un sujet souvent éclipsé dans les œuvres littéraires, avec des passages d’une rare intensité : « C’est quand même étonnant, cette absence de la faim comme thématique qui pourrait intéresser les artistes toujours en quête de sujets. Très peu de romans, de pièces de théâtre, d’opéras ou de ballets ont la faim comme thème central. Et pourtant il y a aujourd’hui un milliard d’affamés dans le monde. Est-ce un sujet trop dur ? On exploite bien la guerre, les épidémies, la mort sous toutes les formes possibles. Est-ce un sujet trop cru ? Le sexe s’étale sur tous les écrans de la planète. Alors pourquoi ? Parce que cela ne concerne que des gens sans pouvoir d’achat. L’affamé ne lit pas, ne va pas au musée, ne danse pas. Il attend de crever. » Cette capacité à tisser l’intime et le collectif, le concret et l’abstrait, confère à L’Énigme du retour une profondeur qui dépasse le cadre du récit autobiographique. Le roman devient une réflexion sur la condition humaine, sur ce qui nous lie à notre passé et sur la manière dont nous nous réinventons à travers les épreuves. Un tournant dans l’œuvre de Laferrière Ce roman marque une étape importante dans la trajectoire littéraire de Dany Laferrière. Si ses œuvres précédentes, souvent empreintes d’humour et de sensualité, exploraient déjà l’identité haïtienne et l’expérience de l’exil, L’Énigme du retour adopte un ton plus grave et introspectif. C’est aussi le début d’une nouvelle relation avec Haïti : le pays, autrefois mythifié dans ses souvenirs d’enfance, devient un lieu tangible, confronté à sa réalité. « Ma grand-mère Da. Ma mère Marie. Ma sœur Ketty. Ces femmes ne s’occupent pas de l’Histoire mais de la vie quotidienne qui est un ruban sans fin. Aucune possibilité de regarder en arrière quand chaque jour exige trois repas pour les enfants, le loyer à payer, les chaussures à remplacer, les médicaments à acheter… Ce n’est pas parce qu’on crève sous une dictature qu’il faut vivre chichement. » Dans Tout bouge autour de moi, écrit après le séisme de 2010, Laferrière poursuit cette exploration, mais avec un regard plus engagé. Ce retour à Haïti dans L’Énigme du retour semble avoir brisé une barrière intérieure, permettant à l’auteur d’aborder son pays natal avec une maturité renouvelée. Une œuvre universelle et intemporelle L’Énigme du retour n’est pas seulement un roman sur Haïti ou sur l’exil : c’est une œuvre universelle qui parle à tous ceux qui, à un moment de leur vie, se sont sentis en décalage avec leur environnement ou leur identité. C’est un livre qui invite à la réflexion, qui émeut et qui inspire. Avec L’Énigme du retour, Dany Laferrière signe une œuvre à la fois personnelle et universelle, qui marquera durablement le paysage littéraire. Ce roman est une ode à la poésie, à la mémoire et à la résilience, porté par une écriture d’une rare justesse. En explorant les complexités de l’exil et du retour, Laferrière nous rappelle que, malgré les blessures du passé, il est toujours possible de se réconcilier avec soi-même et avec ses origines. C’est un livre à lire et à relire, pour mieux comprendre le monde, et surtout pour mieux se comprendre soi-même. L’Énigme du retour est bien plus qu’un roman. Par son écriture ciselée, Dany Laferrière nous offre une œuvre où poésie et réalité s’entrelacent, révélant la beauté et la douleur d’un monde que l’on quitte sans jamais vraiment le quitter. Et si ce retour n’apportait pas de réponses, il éclaire au moins les questions essentielles que tout exilé porte en lui : celles du départ, de l’absence et, surtou Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 ans et 9 mois

    L'erreur stratégique de Tsipras Après un détour référendaire, les représentants de la Grèce et les prêteurs européens ont annoncé un accord qui fait de la place pour un autre programme d’aide au pays. Confronté à de dures réalités, le premier ministre grec et chef de la coalition de la gauche radicale, Alexis Tsipras, a cédé aux exigences des prêteurs en acceptant de nouvelles propositions imaginées par l’Eurogroupe: pratiquement les mêmes qu’il avait rejetées lors du référendum de juillet. Les prêteurs ont montré une volonté d’offrir un troisième paquet de sauvetage à la Grèce pour couvrir les besoins du pays : elle pourrait obtenir plus de 80 milliards d’euros. Les deux premiers plans de sauvetage de 2010 et 2012 avaient pris fin alors que le pays ne pouvait pas rembourser ses créanciers – la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne- voire même sa propre administration. Au total, l’Union européenne et le Fonds monétaire international, par l’entremise du Mécanisme européen de stabilité (MES), ont prêté 254 milliards d’euros à la Grèce. Qu’en sera-t-il maintenant pour cette troisième phase d’aide ? Les banques grecques, sur le bord de l’abîme, recevront également un soutien allant jusqu’à 25 milliards d’euros pour une recapitalisation, dont 10 milliards seront alloués immédiatement. La moitié des créances des banques ont été effacées en 2011 et 2012. Rien n’est gratuit dans toute négociation. Pour être admissible à l’argent, le gouvernement grec fera face à des coupures budgétaires, augmentera les impôts et mènera à bien ses privatisations en cours. La Grèce devra se soumettre à l’austérité sévère, qui comprend l’augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée et la mise en œuvre des réformes dans son système de retraite, l’un des plus hauts points de résistance du gouvernement grec. L’Eurogroupe exige d’Athènes des abandons de souveraineté aux dates des périodes de soldes, la surveillance des institutions internationales, l’imposition d’un droit de regard sur les institutions et les projets normatifs grecs. Il sera également question d’appliquer un mécanisme quasi automatique pour les réductions de dépenses si Athènes écarte des objectifs d’excédent primaire dans le processus d’assainissement de ses banques. Il est prévu que les titulaires de comptes grecs aient des pertes sur les montants déposés au-dessus d’un certain niveau, comme ce fut le cas lors de la crise financière chypriote de 2012-2013. Ces mesures doivent être mises en œuvre pour que l’accord soit complètement validé. Les économies totales estimées pour la Grèce sont de 12 milliards d’euros sur deux ans. Erreur stratégique Le résultat des négociations tendues qui sont passées de la nuit du dimanche 12 juillet à lundi 13 juillet 2015 montre que la réalisation du référendum grec était une erreur stratégique de Tsipras. Appelés à renforcer leur position dans les négociations avec les prêteurs juste après le résultat du « non », les Grecs, qui ont fait un référendum contre l’austérité, reçoivent finalement des mesures encore plus austères après deux nuits incroyablement mouvementées. Alexis Tsipras a reconnu lui-même avoir signé un texte auquel « il ne croit pas », mais qu’il quand même signé. « J’assume mes responsabilités pour toute erreur que j’ai pu commettre, j’assume la responsabilité pour un texte auquel je ne crois pas mais je le signe pour éviter tout désastre au pays. » D’une part, Tsipras a frustré l’attente des Grecs qui ont voté « non » et les membres de son parti Syriza, premier parti au Parlement grec, qui rassemble des groupes plus radicaux de gauche et d’extrême gauche. D’autre part, il a été désavoué par son ministre des Finances Yanis Varoufakis, qui a démissionné de son poste au lendemain du référendum, ce qui a éveillé les soupçons sur l’engagement de Tsipras à la mise en œuvre des mesures convenues. Si les Grecs qui ont voté « non » voient le règlement comme une trahison, des pays comme le Portugal et l’Espagne, qui ont été contraints d’adopter des mesures d’ajustement budgétaire strictes par une aide beaucoup plus faible, ne sont pas très joyeux devant le volume des ressources allouées à la Grèce au détriment des contribuables européens. Ces membres de la zone euro sont insatisfaits que les Grecs, en dépit de ce qu’ils disent, n’aient pas encore fait les réformes nécessaires pour assainir leur économie. Les coûts des pensions et retraites, par exemple, restent à des niveaux non durables (18 % du PIB, un taux élevé au profil démographique du pays). Mais l’accord est une étape importante pour maintenir la Grèce au sein de la zone euro, comme le veut le premier ministre Tsipras, afin d’éviter davantage de risques économiques et géopolitiques à Athènes. Propositions de l’Eurogroupe du 11 juillet 2015: Propositions de l’Eurogroupe du 11 Continue Reading

  • Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 ans et 11 mois

    Haïti-France : l'épineuse question de la dette Des voix plus sensibles soulignent la procession des despotes qui ont pillé Haïti au fil des ans, le privant d’une infrastructure efficace et le rendant particulièrement vulnérable face aux catastrophes. Mais pour de nombreux Haïtiens, la faute incombe plutôt à l’expérience coloniale, aux négriers et extorqueurs de l’empire qui l’ont paralysé avec une dette indigne le gardant de façon permanente en retard dans sa croissance économique. La ligne de faille va directement à la France. Au 18è siècle, Haïti, le bijou des grandes Antilles, était le plus grand exportateur de sucre au monde, la perle des Caraïbes (à l’époque la canne à sucre avait la même importance dans l’économie que le pétrole a aujourd’hui dans notre économie). Mais selon les normes coloniales, les traitements imposés aux esclaves, moteur de cette prospérité, travaillant dans les plantations furent atroces, ignobles et déshonorants. Ils sont morts si vite que la France importe 50 000 nouveaux par an afin de maintenir ses chiffres et ses profits. Indignés, les esclaves d’Haïti se révoltent sous la direction de leurs chefs autodidactes Jean-Jacques Dessalines et Alexandre Pétion. Après de longues guerres de libération, les forces de Napoléon ont été défaites. Les Haïtiens ont déclaré leur indépendance le 1er janvier 1804 et furent les premiers à qualifier l’esclavage de crime contre l’humanité. Haïti a été fondée sur l’exigence des droits et l’autonomie de personnes dont la liberté avait été volée: le pays lui-même est un hommage à la liberté et la résilience humaine. Ces esclaves révoltés juraient de «vivre libres ou mourir». Mais cette «impertinence», la France ne leur a jamais pardonnée, y compris la perte des revenus de son système esclavagiste: 800 plantations de sucre détruites, 3000 plantations de café perdues. Un blocus commercial brutal a été imposé à la jeune République durant un siècle et demi. Coupable de sa liberté, Haïti fut obligée de payer une indemnisation gigantesque. En 1825, vingt-et-un ans après l’indépendance d’Haïti, la France a imposé à son ancienne colonie une indemnité de 150 millions de francs-or, sous la menace d’une invasion militaire et d’une restauration de l’esclavage. L’ordonnance royale de Charles X a été soutenue le 17 avril 1825 par une flotte de 14 navires de guerre français à la remorque dans la rade de Port-au-Prince, prête à intervenir. Les conditions étaient non négociables pour Haïti, déjà épuisée par de longs combats et son dur devoir d’exister en tant que jeune nation. Le pays fut obligé d’accepter l’inacceptable, celui de payer sa liberté du joug de l’esclavage par le nez. Il ne s’agissait pas d’un accord entre Haiti et la France. Il faut souligner que c’était par l’utilisation de la violence, et non pas par traité ou délibérations d’un tribunal international, que cette indemnité a été fixée, puis demandée. La somme colossale, ramenée à 90 millions de francs-or en 1838, a fait ployer des générations d’Haïtiens, une «dette illégitime» que la nation haïtienne n’a fini de payer qu’en 1947. La comptabilité historique est une entreprise inexacte, mais l’ampleur de l’usure française était étonnante. Même lorsque l’indemnité totale a été réduite à 90 millions de francs-or, Haïti est restée paralysée pour toujours par la dette, l’isolement économique et la mise en quarantaine diplomatique*. Le pays a pris des emprunts auprès des États-Unis, de l’Allemagne, et même chez des banques françaises, à des taux exorbitants. Pour mettre en perspective le coût et la valeur de cette dette indigne: en 1803 la France a accepté de vendre le territoire de la Louisiane aux États-Unis, une zone 74 fois la taille d’Haïti, pour 60 millions de francs-or, beaucoup moins que le montant de la dette réclamé par la France. Accablée par ce lourd fardeau financier, la première République noire est née en quasi-faillite. En 1900, quelque 80% du budget national était encore englouti par les remboursements de cette dette. De l’argent qui aurait pu être consacré à la construction d’une économie stable est allé à des banquiers étrangers et à la France. D’ici là, l’économie haïtienne est irrémédiablement défoncée, le pays embourbé dans la pauvreté, politiquement et économiquement instable, en proie aussi aux déprédations des autocrates. En 2010, il y eut une réclamation faite par des universitaires et intellectuels français (Étienne Balibar, Stéphane Douailler, Edgar Morin, Antonia Birnbaum, Éric Alliez, Patrick Savidan, Chantal Jaquet, Jérôme Vidal, Lucien Sève.) Le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) a estimé le remboursement de la dette à 17 milliards d’euros (22 milliards US $, intérêts compris). Mais bien avant, en 2003, le président haïtien Jean-Bertrand Aristide, premier président démocratiquement élu après la dictature des Duvalier, a essayé de présenter une demande de restitution de la somme versée. En représailles, le gouvernement français a participé à son renversement par une rébellion armée. Le président haïtien a essayé de résister aux menaces, mais a été succombé à la pression de l’ambassade des États-Unis et de la France. Il a quitté le pays sur un avion américain qui l’emmena en exil vers l’Afrique du Sud. Une force d’occupation a été ensuite installée dans le pays en 2004. Depuis qu’il a regagné Haïti début 2011, l’ancien président se fait de plus en plus discret. En 2004, Jacques Chirac a mis en place une commission de réflexion dirigée par le philosophe de gauche Régis Debray. Cette commission avait pour objectif d’examiner les relations historiques de la France avec Haïti: elle concluait benoîtement que la demande de restitution était «non pertinente en termes juridiques et historiques.» Haïti n’a pas besoin de mots, de conférences ou de commissions de réflexion. L’héritage du colonialisme dans le monde entier est amer, donc irréparable, mais dans certains pays il existe un lien beaucoup plus direct entre les offenses du passé et les horreurs du présent. La restitution à Haïti sans doute «un moyen de remettre en cause les déséquilibres économiques d’aujourd’hui entre les anciennes colonies et les anciennes puissances coloniales car, à l’évidence, la richesse des uns s’est constituée en bonne partie grâce à l’exploitation des autres.*» Et dans le sillage de la fragilité économique actuelle d’Haïti, c’est plus qu’un devoir pour la France, «pays des droits de l’Homme». Comme a dit un jour l’éditorialiste français Alain Genestar sur les ondes de Radio France Internationale (RFI): «compte-tenu de tout ce que nous savons, de tout ce que nous avons fait, de tout le mal dont nous avions été autrefois les auteurs puis plus tard les complices, ce n’est pas d’aides charitables, mais d’indemnités, de dédommagements.» À entendre le président François Hollande, en visite en Haïti le 12 mai 2015, des voix s’interrogent sur le courage de la France d’honorer sa dette à son ancienne colonie. Après avoir déclaré la veille «quand je viendrai en Haïti, j’acquitterai à mon tour la dette que nous avons», son entourage a vite précisé qu’il s’agissait d’une «dette morale». Mais pour Louis-Georges Tin, du Conseil représentatif des associations noires de France (le CRAN), «dire à Haïti: ‘Voilà des réparations morales, et ça suffit’ est parfaitement immoral.» Notes * L’armée indigène. La défaite de Napoléon en Haïti, Jean-Pierre Le Glaunec, Lux Éditeur 2014 ** Esclavage et réparations. Comment faire face aux crimes de l’histoire, Louis-Georges Tin, S Continue Reading

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