Un jour, l’humanité viendra au monde
Je n’ai pas eu la chance de connaître Serge Bouchard en personne. Comme beaucoup d’autres, je l’ai découvert à travers ces voix qui résonnent dans nos vies : à distance, dans l’intimité d’une cuisine, lors d’un trajet en bus, au
La mort d’une idée
Un journal ne meurt jamais d’un seul coup de feu. Il ne meurt pas seulement parce qu’une porte est forcée, parce qu’une rotative est éventrée, parce que des meubles sont emportés, parce que des archives sentent soudain la poussière, la
La vie tombée du ciel
Après une grossesse qui est restée cachée aux yeux de tous, un enfant voit le jour. Dans la surprise d'une nuit à la campagne, tout un village se retrouve confronté à l'inexplicable.Tombées des nues de Violaine Bérot est l'un de
Réhumaniser le regard
Il y a des époques où l’information ne nous éclaire plus seulement : elle nous brûle. Elle arrive par rafales, par alertes, par vidéos, par fragments de phrases, par cartes militaires, par bilans provisoires, par images qu’on voudrait oublier mais
Petit soleil insoumis
nous sommes nés dans des nuits trop longuesavec des matins qui tardaient à venirmais au fond de nos paumes ouvertesquelque chose insistait encoreune braise minusculequi refusait d’apprendre à mouriril restera toujoursdans le plus pauvre des quartiersune réserve de cielque le
La littérature, ou la liberté sans laisse
Il faut cesser de parler de littérature comme d’un supplément d’âme pour sociétés policées. La littérature n’est pas là pour orner une époque, mais pour l’empêcher de se refermer. Elle n’est ni une décoration morale, ni un accessoire de prestige,
La patience des pages
Il y a quelque chose d’un peu étrange, presque ironique, dans la vie d’un écrivain quand le livre quitte enfin la table de travail pour aller vers le monde. Pendant un long temps, on écrit dans une forme de silence.
La bibliothèque qui ne brûlera jamais
« En Afrique, chaque fois qu’un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. »Amadou Hampâté Bâ avait dit cela avec la gravité tranquille de ceux qui savent que les mots peuvent porter le poids du monde. Il parlait des vieux,
Ça finit quand, toujours ? : Le livre qui rallume le souffle
L’autre soir, j’ai écrit à Samuel. Samuel Dauphin, le poète, resté là-bas, en Haïti. Tu sais, ce genre d’ami qu’on a tous un peu, quelque part, un gardien de mémoire, celui à qui on confie les choses qu’on ne dit
Une Amérique au pluriel
Il y a deux types de liturgies modernes : celles du dimanche matin, et celles du dimanche soir, version pelouse parfaite, caméras chirurgicales, hymnes au cordeau, pub de pick-up et émotion sous contrôle. Le Super Bowl est une messe civique
