Le 12 janvier 2010, en quelques secondes, Port-au-Prince s’est effondrée comme si la terre avait décidé de retirer son appui. Des milliers de morts, des quartiers rasés, des familles disloquées, et un pays (ou l’idée même d’un pays) réduit à la poussière et au bruit des cris. Nous sommes le 12 janvier 2026 : seize ans plus tard, la date reste une cicatrice ouverte, et la mémoire refuse de se taire. Cette chronique revient sur ce jour qui a tout brisé, sur l’après où l’on ne “voyait plus de pays”, et sur le Québec, cette terre d’accueil qui, par ses gestes concrets, m’a rendu une part du possible.
Gazzman et Dener Ceide signent l’un des textes les plus puissants de la musique haïtienne
Dans l’univers sonore haïtien, il y a des musiques qui font danser, il y a celles qui font pleurer, et il y a celles qui font penser. San manti, interprétée par Gazzman Couleur et Dener Ceide, fait les trois à la fois — mais surtout, elle fait trembler.
