Par exemple : pourquoi les Haïtiens les plus compétents ne brillent-ils jamais chez eux, mais uniquement ailleurs ? À croire que le passeport haïtien, pour peu qu’il serve encore, est en réalité un laissez-passer pour le succès… mais uniquement à l’aéroport.
Et si les biens des bourreaux servaient enfin à panser les plaies du peuple haïtien ?
Les puissants d’Haïti, entre les mains des gangs et de la corruption, ont longtemps régné sans encombre. Leur influence, leur richesse et leur impunité semblent inébranlables. Pourtant, à chaque nouveau scandale, des voix s’élèvent. Le temps est venu de les forcer à rendre ce qu’ils ont pris, non pas par les mots mais par des actes qui feront bouger les lignes de l’Histoire.
Sauvé par la foi, ruiné par l’église
Même l’Église catholique, pourtant championne historique de la culpabilisation lucrative, regarde ces pasteurs néo-évangéliques avec une certaine jalousie : « Comment font-ils pour escroquer avec aussi peu de latin ?
L’oligarque corrompu
Haïti : « Un pays qui vend encore des fleurs n’est pas tout à fait foutu »
Il y a des matins où Haïti semble vouloir se racheter. Pas en grands discours. Pas en réformes de papier, ni en promesses de conférences. Mais en gestes minuscules, presque invisibles. Comme ce jeudi à Kenskoff, dans les hauteurs fraîches d’un pays qui sue en bas sa douleur et sa poussière.
Hôtel Oloffson : « Il avait quelque chose de Tennessee… »
Dans une chronique intitulée « L’incendie de l’Oloffson : lorsque l’on tue les morts », l’écrivain Lyonel Trouillot commente avec distance – et une certaine ironie – la destruction de l’hôtel Oloffson à Port-au-Prince. Il y écrit : « Il avait quelque chose de Tennessee qui y avait séjourné ». Une phrase énigmatique qui sert de point de départ à cette réflexion sur la mémoire, l’élitisme, les silences choisis… et les corps qu’on oublie toujours.
Le passeport littéraire
Dans un monde où la légitimité d’un écrivain se mesurerait à sa proximité géographique avec sa terre natale, il devient urgent de questionner les frontières qu’on impose à la pensée. Car si les mots voyagent mieux que les corps, pourquoi voudrait-on assigner l’imaginaire à résidence ? Le passeport littéraire
Haïti : ce n’est plus un pays, c’est un otage !
Dans les livres d’histoire, les bandits portaient des chapeaux, vidaient des diligences, et finissaient pendus à l’arbre le plus proche. En Haïti, ils portent des lunettes Gucci, roulent en Hilux volés, et organisent des conférences de presse. Ce n’est pas une farce : c’est notre quotidien.
Ce que les lieux brûlés révèlent des lieux empêchés : compassion, deuil ou simple défaite élégiaque ?
Il arrive que certains lieux, en tombant, dévoilent ce que nous refusions de voir debout. La disparition de l’Hôtel Oloffson n’est pas qu’un fait divers architectural ou un simple incendie de plus dans un pays qui chancelle. C’est un symptôme. Le symptôme d’une époque où la mémoire s’efface plus vite que les braises ne refroidissent, où brûler devient une forme d’expression plus éloquente que construire. Ce n’est pas seulement une maison qui s’effondre : c’est une archive vivante, un théâtre du réel, un espace où s’écrivait à bas bruit l’histoire d’un pays complexe, qui se consume sans que l’on sache encore si c’est par indifférence, vengeance ou abandon.
