L’aliénation par la dévotion
Je n’aime pas la fête des Guédés. Voilà, c’est dit. Dans un pays où tout le monde prétend aimer ce qu’il ne comprend plus, où l’on appelle culture ce qui relève souvent de la transe collective, je préfère dire ce
Les orphelins de 1804
Je ne sais pas si Jean-Jacques Dessalines, en 1804, imaginait qu’un jour ses héritiers se disputeraient sur Facebook pour savoir s’il faut l’aimer plus que Jésus. S’il avait prévu ça, il aurait sans doute écrit la Constitution de 1805 avec
Une ville sous la ville
Il y a des villes qu’on rencontre par hasard, comme on croise une chanson qu’on n’attendait pas, et il y a celles qui vous avalent tout entier avant même que vous ayez le temps de dire « pardon », et
Bâtir pour ne pas s’effondrer
Il y a des vérités que l’on ne comprend qu’en vivant quelque part, pas en le visitant. Au début, on regarde la nation comme un décor : ses paysages, ses rues, ses saisons. Puis, avec le temps, on commence à
Quand la lampe s’éteint, les mots s’allument
Michel Pleau, poète et promeneur de phrases, a partagé il y a quelques jours sur Facebook une anecdote racontée par Gilles Vigneault à Radio-Canada. Ça commence comme toutes les belles choses : par une phrase paternelle qui avait l’air de
Paris, un bus et un sans-abri
Il est cinq heures du matin. Paris somnole encore, les boulangers allument leurs fours, les pigeons bâillent (oui, ça existe), et les insomniaques finissent leur dernier verre dans un bar fatigué du XIe. Dans ce demi-sommeil collectif, un événement digne
Le jour où j’ai sauvé ma mère d’un danger imaginaire
Il y a des phrases qui s’impriment dans la mémoire comme des tatouages. Des mots que tu entends petit, que tu comprends de travers, mais qui t’accompagnent toute ta vie. Moi, j’avais quatre ou cinq ans, et cette phrase-là m’a
Tu es l’un des nôtres
Il y a des phrases qui tombent comme un coup de tonnerre, et d’autres qui caressent comme une pluie d’été. « Retourne dans ton pays » fait partie des premières. Elle fige, elle glace, elle réduit un être humain à
Le métro au prénoms
On n’y pense pas souvent, mais à Montréal, voyager en métro, c’est voyager dans un album de famille élargi. Pas une famille de sang, mais une famille de mémoire. Chaque station est un prénom, un patronyme, une présence murmurée. Papineau,
La pomme au bout de la main
(Le pays dans les détails — Détail 7)Mi-septembre, c’est ce moment de l’année où l’air du matin commence à piquer les joues, mais pas encore assez pour réclamer la tuque. Le soleil s’amuse à jouer au caméléon : à midi,
