Ça finit quand, toujours ? : Le livre qui rallume le souffle
L’autre soir, j’ai écrit à Samuel. Samuel Dauphin, le poète, resté là-bas, en Haïti. Tu sais, ce genre d’ami qu’on a tous un peu, quelque part, un gardien de mémoire, celui à qui on confie les choses qu’on ne dit
Une Amérique au pluriel
Il y a deux types de liturgies modernes : celles du dimanche matin, et celles du dimanche soir, version pelouse parfaite, caméras chirurgicales, hymnes au cordeau, pub de pick-up et émotion sous contrôle. Le Super Bowl est une messe civique
Avant la chaîne, il y avait un monde
Il y a quelques hivers, dans un café nord-américain où l’on entre comme on entre dans une parenthèse (manteau humide, lunettes embuées, mains qui cherchent la chaleur), un homme blanc d’un certain âge raconte, avec cette bonne volonté un peu
Bò Cathédrale
Bò Cathédrale « aux abords de la Cathédrale »Il reste du bas de Port-au-Prince une douleur qui ne tient plus dans les cartes, ni dans les chiffres, ni même dans les rapports alarmistes des organisations internationales. Ce qui reste, c’est
Deux Amériques dans un même souffle
Dans Minneapolis, l’hiver ne tombe pas : il s’installe. Il s’assoit sur les épaules, il durcit les trottoirs, il rend les gestes plus lents comme si même la douleur devait apprendre à marcher prudemment. Au coin d’une rue, la neige
Les photos d’hier savent encore nous regarder
J’ai ouvert Instagram comme on pousse la porte d’un appartement qu’on a loué depuis longtemps sans jamais y dormir. Le compte existait, bien rangé, propre, vide. Zéro publication : une chambre blanche. Et puis, l’envie m’a pris d’y déposer des
L’enfance au pays de l’ICE
Cher Cazo,Je t’écris avec les mains pleines de silence et le cœur froissé comme une feuille qu’on aurait trop serrée dans la poche. Je t’écris parce que parfois, les mots sont la seule frontière qui nous reste quand toutes les
Je ne voyais plus de pays
Le 12 janvier 2010, en quelques secondes, Port-au-Prince s’est effondrée comme si la terre avait décidé de retirer son appui. Des milliers de morts, des quartiers rasés, des familles disloquées, et un pays (ou l’idée même d’un pays) réduit à
J’ai rendez-vous avec un livre
Cazo mon frère,Je t’écris comme on ferme doucement une porte pour éviter qu’elle claque : sans colère, mais avec cette détermination calme des gens qui ont compris que leur santé mentale n’est pas un pays neutre.Voilà : je ne veux
Et à quoi bon 1804 ?
Chaque 1er janvier, Haïti célèbre 1804 comme une évidence. Cette chronique choisit une voie plus inconfortable : interroger ce que cette liberté est devenue, sans nostalgie ni colère spectaculaire. Ni règlement de comptes, ni lamentation, mais une tentative de lucidité,
