Categories: Poésie

Ils ont abattu l’espoir…

Temps de lecture:1 minutes, 39 secondes

Demain…
Deux mains soudées dans mes poches, je reprendrai ma route. Pèlerin du regard, il est temps de partir. Mon bonheur n’est pas de ce monde. Je dois partir… Ici, trop de bras tendu vers le ciel. Trop de gens fouillant les cœurs. Jaloux de ne pas avoir un bonheur.

Rassemblant ce qu’il y a pour écrire, il ne coule que d’encre à travers ces quelques feuilles d’arbres, pour transcrire ces cauchemars qui nous tuent debout. Il ne coule que d’eau pour pleurer, les douleurs d’une municipalité moribonde, refusant d’être stable.

De cent voix on crie.
De cent voies on marche entremêlé.
La honte est son nom.
Elle vit sans alliés.
Sans frères.
D’une funeste joie.
D’une mourante liberté.
De nature brutale de l’Afrique maltraitée.
Ensevelie sous le poids des négriers.

Ô! ma terre…

La confidence sort de son sépulcre. Et blesse ton histoire. Elle blesse tes fils de jadis. Quel malheureux accident ! Ils ont abattu l’espoir. Des pensées sont toutes menottées. La mort, tel un faucon plane. Et elle guette ses proies, de tout son poids. Une ville se réveille chaque jour pleurant un fils, pleurant un inconnu abattu par la nuit.

Par un pistolet. Par une, par deux, par trois cartouches. Froids comme les yeux de leurs porteurs. Ont pénétré dans la maison semant le deuil. Sont repartis calmes. Sont repartis avec sécurité. Laissant un concert de mouches. Vacarme de micros. La justice jongle sur le terrain. Le juge dort sur l’enquête. Terrez-vous pour fuir !

J’appartiens au néant
J’habite mon rêve
Le traverse sans habit
De noir transparent
De blanc opaque
De la vie blanche noire

Ici le temps a perdu son mémorial. Ici le temps commence à peine. C’est l’autre nom de la nudité. Il n’a pas d’âge. Il nage comme de gros nuages. Il ne fait plus jour dans mon cerveau. Le jour s’est caché. Comme pour éviter d’être la proie d’une balle assassine. Le jour se sauve sur le dos du vent. L’on tend la main pour mesurer cette distance. Mesurer sa peur. Mesurer sa soif. Et il se grise de sa folie.

Sous ce soleil qui plante ses rayons sur les feuilles jaunies dans les tiroirs de l’enfer. Justice ! Et si ce mot existait ? Les feuilles ne dansent plus. Elles ont vendu leurs voluptés comme des seins de femmes, ayant allaité le monde. Le soleil enfouit son corps dans l’eau. Une meute déjà prend possession de la rue, aboyant après l’inconnu.

Le ciel se met un peu de jaune
Sur une de mes joues
Je m’en vais vite dans ma chambre
La pensée emprisonnée dans les murs
Écrire un poème
Que je n’ai montré qu’à ma poubelle
«Inachevé» est son titre
«Le rien» est son sujet

Thélyson Orélien
Extrait de Les Couleurs de ma terre,

Éditions de l’Hèbe, Lausanne 2007

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Thélyson Orélien

Poète, romancier, chroniqueur et critique. Passionné par l'écriture, j'explore à travers ce blog divers sujets allant des chroniques et réflexions aux fictions et essais. Mon objectif est de partager des perspectives nouvelles, d'analyser des enjeux contemporains et de stimuler la pensée critique. (Photo : François Couture)

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Thélyson Orélien

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