Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 9 mois et 3 semaines
Le polar que je n’écrirai jamais (ou peut-être demain)
On dit qu’on naît av Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois
Le mot « pantoute » comme philosophie
Le pays dans les Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois
Les peuples qui refusent de disparaître
On dit souvent que les Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois
Le sans-abri qui cite Molière au coin Mont-Royal
Je l’ai rencontré un ma Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois et 1 semaine
Un symbole tranquille
(Le pays dans les Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois et 1 semaine
J’Mboko, J’M le tennis, Donc je suis
Je n’aime pas p Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois et 1 semaine
J’ai rencontré Foglia dans un wagon de métro
Il ne m’a pas r Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois et 2 semaines
Le nivellement par le bas
Il y a des mystères Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois et 2 semaines
Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois et 2 semaines
Sauvé par la foi, ruiné par l’église
Ce dimanche-là, en me Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois et 3 semaines
Prière de ne pas prier ici
Au Québec, on aime le Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois et 3 semaines
L’oligarque corrompu
C’est un fait connu dans les hautes sphères de la moralité haïtienne : on naît avec un berceau en or ou on meurt dans une brouette. Entre les deux, il suffit de bien graisser les essieux. Dans la République de Papier-Mâché — pays mythologique des Caraïbes, entre une république bananière et un feuilleton Netflix mal doublé — certains hommes naissent avec un passeport diplomatique tatoué sur la peau. D’autres naissent avec un œil au beurre noir déjà imprimé sur la joue. Les premiers dirigent. Les seconds endurent. Un de ces patriotes auto-proclamés, grand fan de devises fortes et de coupes de champagne tièdes, aimait se présenter en public vêtu d’un chandail plus rouge que la honte, avec des airs de docteur en compassion. Il avait tout pour plaire : une calvitie bien entretenue, une voix qui commandait le silence, et un curriculum vitae où les lettres M.A.F.I.A semblaient figurer entre les lignes, calligraphiées à l’encre invisible. Pendant des années, il parla de refondation, de société civile, de troisième voie. Il jurait qu’il n’était ni du pain rassis ni de la soupe froide. Il se voulait croissant du matin. On lui donna des micros, il en fit des trompettes. On lui ouvrit les portes, il en sortit des valises. Il prétendait vouloir sauver le pays. À défaut, il sauva sa peau… un certain temps. Car dans cette contrée sans couronne mais pleine de rois autoproclamés, la Justice n’a ni robe ni marteau. Elle a des sandales en plastique et une mémoire courte. Et pourtant, comme dirait l’oncle de province, même le cochon le plus gras finit par croiser le couteau. Et voilà que, loin des bidonvilles d’où il n’a jamais reçu de courrier, c’est dans un coin climatisé d’une prison en terre étrangère que notre héros en cravate a posé ses valises Louis Vuitton, saisies pour usage diplomatique frauduleux. Là-bas, on ne s’étonne plus de voir défiler les messies en exil. C’est devenu la mode : après avoir sauvé le peuple avec des promesses de ciment, ils finissent tous dans des cellules dont les murs, cette fois, ne sont pas financés par l’État. Un jour de juillet, dans une ironie que seul le destin sait écrire, le vent tourna. Le calendrier sonna la date exacte, quatre ans jour pour jour après la nuit où les cris furent étouffés dans une maison présidentielle. Le héros aux poches profondes, si bavard autrefois dans les studios de télé, avait cette fois beaucoup à dire — mais aux autorités américaines. Des noms furent lâchés. Des affaires furent exposées. Des valises furent ouvertes, cette fois sans douanier complice. On parle même d’un carnet noir, rempli d’anecdotes juteuses sur les réunions de salon entre pseudo-philanthropes, faux médecins et vrais pyromanes de la nation. L’un après l’autre, les anciens saints tombèrent du piédestal comme des chandeliers trop lourds. Et pendant que les oligarques se livraient en série limitée au FBI, le peuple, lui, toujours à jeun, poursuivait sa longue traversée du désert — sans urnes, sans illusions, sans passeport valide. Là où d’autres votent pour l’avenir, en Haïti on saute les frontières à défaut de cocher une case. On s’en va, tout simplement. Comme ce jeune homme croisé dans un taxi sans freins au carrefour de l’aéroport, qui, le regard vissé vers le ciel sans ciel, lâcha cette phrase devenue nationale : “Pral gen kouri.” Mais attention, chers lecteurs, ne voyez pas en cette chronique une attaque contre les riches. Non. Il y a des riches honorables. Mais il y a aussi ceux qui bâtissent leur fortune sur les gravats d’une école effondrée. Ceux qui versent du riz avarié dans les assiettes publiques et s’étonnent de voir des enfants mourir la bouche pleine. Il est de ces hommes qu’on ne nomme jamais dans les manuels d’histoire. Trop compromis. Trop exposés. Trop connus. Des hommes qui faisaient la pluie, les inondations et parfois même les tremblements. Des bâtisseurs de chaos aux mains blanches et aux gilets pare-balles bien ajustés. Ils prétendaient aimer leur pays. À force de l’aimer, ils l’ont mis en pièces détachées. Heureusement, la vie a parfois des retournements de veston. Les voyages sans retour, les escales judiciaires, les menottes stylisées. Ce qu’on appelait jadis “exil doré” ressemble désormais à un séjour prolongé dans une chambre sans fenêtre avec un colocataire amateur de tatouages. Moralité ? Il n’y en a pas. À part peut-être celle d’un vieux conte rural que me répétait mon grand-père : « Quand le cochon mange trop de mangues, il oublie le groin qu’il utilise pour creuser. » Voilà. Un mot pour Haïti. Un mot en forme de miroir. Un mot pour dire que même les statues finissent par s’effriter. Un mot pour dire que ceux qui vendent le pays à la découpe, un jour, peuvent finir découpés dans la rubrique judiciaire. Et si l’un d’eux lit ces lignes entre deux interrogatoires, qu’il sache : Le peuple n’a pas oublié. Il rit. Il note. Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois et 3 semaines
Le Québec, cette avalanche de cœur
Je ne sais pas si un Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois et 3 semaines
Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 10 mois et 3 semaines
Le passeport littéraire
Dans un monde où la Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 11 mois
Haïti : ce n’est plus un pays, c’est un otage !
Dans les livres Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 11 mois
James Noël, passeur de lumière dans un pays de poètes
Il existe des livres Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 11 mois
Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 11 mois
Willems Édouard, l’écho des plaies qui refusent de cicatriser
Ils sont rares, ces êtres qui écrivent avec leur souffle. Et plus rares encore ceux dont les vers, une fois couchés sur la page, restent vivants bien après leur départ. Willems Édouard fait partie de cette poignée d’âmes qui n’écrivent pas pour faire joli mais pour survivre, pour hurler, pour conjurer le silence. Pourtant, ce même silence — complice, épais, criminel — a enveloppé sa disparition comme s’il ne s’était rien passé. Neuf ans après son assassinat, une question s’impose : avons-nous vraiment pleuré Willems ou l’avons-nous classé, à notre manière habituelle, dans ce musée poussiéreux des morts en trop, ceux dont les tombes n’ont même plus d’épitaphe? Le 8 juillet 2016, dans les rues d’une Pétionville endormie sous la violence, le corps de Willems s’est effondré. Poète debout, il est tombé sans protection, sans cortège, sans garde rapprochée. Ce n’est pas seulement un homme qu’on a abattu. C’est une parole, une lucidité, une insoumission poétique qu’on a voulue faire taire. Et peut-être l’a-t-on fait… momentanément. Car les mots, eux, sont des semences rebelles. Ils percent la terre même sous la cendre. Le pays des morts vifs Chez nous, les funérailles sont parfois des fêtes. Mais les morts ne sont presque jamais vengés. Ils deviennent des légendes qu’on invoque une fois par an, entre deux génuflexions hypocrites. Les assassins, eux, marchent toujours au grand jour, plus arrogants que jamais. C’est que la mémoire est une denrée fragile sous les tropiques. On oublie vite. On oublie trop. Il y a une fatigue de se souvenir. Alors on préfère effacer, pour ne pas sombrer. Mais oublier Willems Édouard, c’est accepter que le langage se fasse égorger en pleine rue. Son livre, Plaies intérimaires, publié chez Mémoire d’encrier, est un cri sous la peau. Ce n’est pas un recueil à lire, c’est une brûlure à porter. À chaque page, on sent le sang battre, le souffle s’accélérer, les tendons de la colère vibrer. Il n’écrivait pas comme on tisse une dentelle. Il écrivait comme on pose une bombe. Non pour détruire, mais pour réveiller. Et dans un pays où dormir est devenu réflexe de survie, ça dérange. Il est une terre aux beautés éteintesLàUne éternelle homélie de pluie pour l’anuitement des astresLàTous les soleils pendus aux lampadairesTu te rappellesce visage vétuste un septembre furibondTu te rappellesTes pas en rafales sur le macadamJe te regardais t’en allerTon cœur ma jeunesseTes bras mon courageTa voix mon criEt tout un bondissement de furie en liesse[…]Dans ce pays proféréUn décembre quotidien commémore le carnage d’un cœur conteur La poésie comme résistance à l’effacement Que reste-t-il d’un poète tué dans l’indifférence ? Quelques livres, éparpillés dans des bibliothèques trop silencieuses. Quelques amis, qui se battent encore pour qu’on ne l’efface pas. Et un peuple, occupé à survivre, à esquiver les balles, à ne pas devenir lui aussi un simple nom sur un faire-part. Mais ce qu’on oublie, c’est que la poésie vraie, celle qui suinte de la vie, ne meurt jamais vraiment. Elle rôde. Elle attend. Elle murmure dans l’oreille des prochains. Elle prépare sa revanche. En tuant Willems Édouard, ils ont cru faire taire un homme. Ils ont réveillé une plaie. Et cette plaie, elle est encore ouverte. Non pas « intérimaire », mais éternelle. — PS : Le poète Willems Édouard, ancien directeur général des Presses nationales d’Haïti (2004-2011), a été assassiné le 8 juillet 2016 à Pétion-Ville, sur la rue Gabart Continue Reading Thélyson Orélien a écrit un nouvel article il y a 11 mois et 1 semaine
La Banquise, cathédrale de la poutine au Québec : une cause UNESCO
Il est 23h47. J’ai les doigts graisseux, les papilles en délire et le cœur un peu trop heureux pour mon cholestérol. Pourquoi ? Parce que je suis en pèlerinage gustatif au temple de la poutine : La Banquise. Ceux qui savent, savent. Ceux qui ne savent pas… eh bien, je les plains tendrement, comme on plaint un enfant qui n’a jamais vu la mer. À cet instant précis, une fourchette plonge dans un océan de frites crousti-fondantes, soulève un iceberg de fromage en grains qui squeak sous la dent comme un hamster enrhumé, le tout noyé dans une sauce brune veloutée, chaude comme un câlin de grand-maman. Et dans ma bouche ? C’est le feu d’artifice de la Saint-Jean, un karaoké de saveurs qui hurle : “vive le gras, vive le sel, vive la vie !” Alors je le dis haut et fort, la bouche pleine et le menton heureux : La poutine mérite d’être classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Point final. Un patrimoine gustatif qui rassemble La poutine, ce n’est pas juste un plat. C’est un langage universel de consolation. Quand tu as le cœur brisé, la poutine est là. Quand tu as fêté trop fort, la poutine est là. Quand tu n’as plus de budget pour un repas 3 services, la poutine est là. C’est la psychanalyse en aluminium. Le câlin du ventre. La diplomatie de la frite. Un jour, j’ai vu un Français, un Haïtien, une Japonaise et un Ontarien partager une poutine à 4h du matin devant La Banquise. Ils ne parlaient pas la même langue. Mais ils communiaient autour d’une “T-Rex” débordant de steak haché, merguez, bacon et sauce carnivore. Et tu sais quoi ? Personne ne parlait. Parce que le respect, c’est aussi savoir se taire devant une œuvre d’art comestible. La poutine n’a pas été conçue par des chefs étoilés dans des laboratoires moléculaires. Non. Elle est née comme un accident heureux dans un casse-croûte de Warwick ou de Drummondville — on débat encore, mais on s’en fout un peu. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’un client aurait demandé “du fromage sur ses frites avec de la sauce”. Le serveur a probablement eu un moment d’hésitation, puis s’est dit : “Pourquoi pas ?” Et cette phrase-là, “Pourquoi pas ?”, c’est littéralement le fondement de toute grande invention humaine : la roue, l’électricité, le jazz et… la poutine. Un repas de fin de soirée qui sauve des vies (ou presque) Tu veux des raisons de l’inscrire à l’UNESCO ? En voici une solide : la poutine prévient les mauvaises décisions à 2h du matin. Combien de gens, en état d’ébriété avancée, ont vu leur nuit changer grâce à une poutine bien placée ? C’est l’ultime mur porteur entre l’humain et ses démons nocturnes. Elle est là, au coin de la rue, comme un phare dans la tempête, une bouée de graisse pour marins perdus en ville. Sauce, fromage et frites : le triangle sacré de la rédemption. La poutine est un symbole identitaire. Mais attention, pas de ceux qu’on politise ou qu’on crispe. C’est un symbole sympathique, accueillant, tolérant. Tout le monde est le bienvenu autour d’une poutine. Et même les variantes les plus farfelues sont les bienvenues : poutine au pulled pork, poutine végane à la sauce miso, poutine aux crevettes nordiques, poutine au foie gras (oui, même ça). Et à La Banquise, c’est un véritable Louvre de la poutine : des dizaines de versions, des noms poétiques — “La Elvis”, “La Sud-Ouest”, “La Kamikaze”, “L’Obelix”, “La Taquise”. On pourrait y passer une semaine sans jamais manger la même. C’est le Québec qui parle au monde dans la langue universelle du réconfort. C’est notre opéra populaire. Et franchement, si on a classé la pizza napolitaine ou la baguette française, on peut bien honorer notre orgueil frit. Pourquoi l’UNESCO ? Parce qu’on le vaut bien À une époque où le quinoa est roi, où l’avocat est vénéré et où le mot “gluten” fait frémir certaines foules comme Voldemort, la poutine se dresse fièrement comme une résistance populaire. Elle ne cherche pas à plaire aux nutritionnistes. Elle rassasie. Elle embrasse. Elle engraisse. Et elle le fait avec panache. Et entre toi et moi : qui peut se dire vraiment heureux avec une salade de kale dans les mains quand une poutine fume à côté ? Le patrimoine immatériel de l’UNESCO, ce n’est pas juste une liste pour les danses tribales ou les chants ancestraux. C’est une reconnaissance de ce qui fait sens, lien, culture. Et la poutine, en plus d’être une tradition culinaire vivante, est une passerelle entre les générations, les classes sociales, les cultures. C’est un rite de passage, une madeleine de Proust, une prière laïque faite de patates. Elle mérite sa place à l’UNESCO comme un monument comestible, éphémère mais inoubliable. Comme un souvenir d’enfance, mais croustillant. Cher comité de l’UNESCO, si vous me lisez — et j’espère que vous aimez le gras — sachez que ce n’est pas juste une affaire de cuisine. C’est une affaire de cœur, de fraternité, de survie nocturne. Inscrire la poutine au patrimoine mondial, ce n’est pas seulement honorer un plat. C’est rendre hommage à l’humanité dans ce qu’elle a de plus affamé, de plus imparfait, de plus vrai. Et maintenant, pardonnez-moi. Ma “La B.O.M.” (bacon, oignons, merguez) m’appelle. Le fromage me fait de l’œil. Et la sauce me murmure des secrets qu’aucun nutritionniste n’a envie d’entendre. Mais moi, je les écoute. Parce qu’ici, à La Banquise, le patrimoine mondial est servi en barquette. ————————— Et entre nous, s’il fallait un hymne national pour accompagner la poutine, je propose le bruit du fromage qui couine entre les dents. C’est moins pompeux que Beethoven, mais c’est be Continue Reading - En afficher davantage




















